•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ukraine : échec de la deuxième tentative d’évacuation de Marioupol

De la fumée sort d'un immeuble.

Un incendie a éclaté après un bombardement dans un secteur résidentiel de Marioupol.

Photo : Associated Press / Evgeniy Maloletka

Radio-Canada

La deuxième tentative d'évacuation des habitants de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, a été interrompue dimanche au lendemain d'un premier échec à cause de la poursuite de bombardements intensifs au onzième jour de l’offensive russe.

Au milieu de scènes dévastatrices de souffrances humaines, une deuxième tentative aujourd'hui de commencer à évacuer quelque 200 000 personnes de la ville a été interrompue, a indiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Plus tôt, la municipalité de Marioupol, assiégée par les forces russes depuis plusieurs jours, avait annoncé un cessez-le-feu temporaire et la création d'un corridor humanitaire jusqu'à la ville de Zaporijia, à environ trois heures de route.

Cependant, nous n'avons pas pu emprunter le couloir humanitaire en raison des bombardements russes, a dit la vice-première ministre ukrainienne Iryna Vereshchuk.

Dans un entretien téléphonique avec son homologue français, le président russe Vladimir Poutine a tenu Kiev responsable de cet échec.

Vadim Boïtchenko.

Vadim Boïtchenko, maire de Marioupol

Photo : Reuters / REUTERS TV

L'évacuation de la population de cette ville portuaire stratégique d'environ 450 000 habitants et d'une autre ville assiégée avait été repoussée la veille par les autorités ukrainiennes, qui avaient invoqué des violations de la trêve par les forces russes, ce que celles-ci ont démenti.

Au bout du compte, très peu de personnes ont pu quitter Marioupol. Toutefois, une famille qui a rejoint samedi Dnipro (centre) a raconté sous couvert d'anonymat être restée à l'abri dans une cave sept jours sans chauffage, sans électricité, sans Internet, et avoir manqué d'eau et de nourriture. Sur la route, a-t-elle témoigné, il y avait des cadavres partout, des Russes et des Ukrainiens.

Pour résister, l'Ukraine mise sur des volontaires qui n'ont souvent jamais manié d'armes de leur vie. Reportage de Marie-Eve Bédard.

L'état-major ukrainien a annoncé dans un communiqué dimanche sur Facebook que les principaux efforts [des forces ukrainiennes] se concentrent sur la ville de Marioupol, coupée du monde depuis plusieurs jours.

La situation demeure très difficile dans cette ville assiégée par les forces russes, soumise à un blocus humanitaire et à des bombardements intensifs, a pour sa part affirmé le maire Vadim Boïtchenko dans une entrevue diffusée samedi soir sur YouTube.

Cela fait cinq jours que nous vivons sans électricité, nous n'avons pas de chauffage ni de réseau mobile, a-t-il raconté.

Selon le maire de Marioupol, les bombardements des derniers jours ont fait des milliers de blessés et les forces russes empêchent l'arrivée de vivres et de médicaments.

« La ville de Marioupol n'existe plus. Je demande ceci à nos partenaires américains et européens : aidez-nous, sauvez Marioupol! »

— Une citation de  Vadim Boïtchenko, maire de Marioupol

La chute de Marioupol constituerait un tournant dans le conflit, car elle permettrait la jonction des troupes russes en provenance de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les autres ports clés de Berdiansk et de Kherson, et celles du Donbass.

Les Russes se préparent à bombarder Odessa, selon Zelensky

Des passagers montent à bord d'un train.

Des personnes montent à bord d'un train pour fuir Odessa après l’invasion russe en Ukraine.

Photo : Reuters / IGOR TKACHENKO

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui affirmé que l’armée russe se prépare à bombarder Odessa, une ville stratégique et principal port de l'Ukraine, située sur les bords de la mer Noire.

« Ce sera un crime militaire. Ce sera un crime historique. »

— Une citation de  Le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Le président Zelensky s’est également adressé aux citoyens russes : Pour vous, ce n'est pas qu'une lutte pour la paix en Ukraine. C'est aussi une lutte pour votre pays, a-t-il lancé.

Jusqu'ici épargnée, Odessa se prépare aujourd’hui au pire. Les habitants y ont installé des barrages et aménagé des abris et des centres de logistique pour appuyer les volontaires.

L’adjoint au maire, Mykhaïlo Chmouchkovytch, a prévenu la population qu'une invasion pouvait se produire à n'importe quel moment.

Intervenant plus tard dans la journée, le président Zelensky a affirmé que l'aéroport de la ville de Vinnytsia, située à quelque 200 kilomètres au sud-ouest de Kiev, dans le centre du pays, avait été détruit par des frappes russes.

Je viens d'être informé de frappes de missiles contre Vinnytsia, une ville qui compte près de 370 000 habitants, a-t-il déclaré dans un message vidéo sur Telegram. L'aéroport a été complètement détruit.

L'étau se resserre sur Kiev

Les forces ukrainiennes mènent de violents combats contre l'armée russe pour le contrôle des villes de Mykolaïev, dans le sud, et de Tcherniguiv, à environ 150 km au nord de Kiev, a précisé l'état-major ukrainien dimanche.

Les soldats russes se rapprochent de la capitale mais doivent faire face à une résistance tenace de la part des forces ukrainiennes. Dans leur avancée, ils bombardent des immeubles d'habitation, comme à Tcherniguiv, où des dizaines de civils ont été tués au cours des derniers jours.

Dans les faubourgs ouest de Kiev, à Irpine, du matin au soir, tous les bâtiments voisins ont été touchés, un tank est entré. C'était effrayant, nous avons eu peur. Avant cela, nous ne pensions pas que nous allions partir, a témoigné Tetiana Vozniuchenko, 52 ans.

Des personnes traversent un pont en partie détruit.

Des Ukrainiens qui tentent de fuir les bombardements traversent un pont détruit à Irpin, dans la région de Kiev.

Photo : Reuters / MIKHAIL PALINCHAK

Le sergent Casper, des unités de volontaires ukrainiens, se tient prêt à faire sauter le dernier pont encore debout, entièrement miné, qui relie Kiev à son arrière-pays, où progressent les forces russes.

Ses camarades ont fait exploser tous les autres ponts sur le flanc ouest de la capitale ukrainienne dans une tentative désespérée de freiner la progression des chars russes.

Le seul pont encore debout, qui enjambe une rivière dans la ville de Bilogorodka, à 25 km à l'ouest de la capitale, mène vers des villages aujourd'hui devenus une zone de guerre.

La ville de Kiev serait coupée de son arrière-pays à l'ouest si Casper recevait l'ordre de faire sauter le pont.

Nous allons tout tenter pour le garder debout, a déclaré à l'AFP l'ancien parachutiste. Mais si nous recevons l'ordre d'en haut ou si nous voyons les Russes avancer, nous le ferons sauter... avec le plus grand nombre de chars ennemis possible, a-t-il assuré.

À la faveur d'une autre avancée des forces russes sur les rives orientales du Dniepr, le fleuve qui arrose Kiev, des troupes se sont rapprochées à quelque 50 km. Mais le secteur ouest offre aux forces russes un accès plus direct au centre de la capitale et au quartier qui abrite le siège du gouvernement.

Des habitants se préparent à la guérilla, comme Oleksandr Fedchenko, 38 ans, un mécanicien. Nous avons découvert que nos mécaniciens savaient fabriquer des armes. D'autres savent fabriquer des cocktails Molotov. Nous faisons absolument tout ce que nous pouvons, a raconté le garagiste.

Un bâtiment détruit en Ukraine.

Un bâtiment détruit dans un bombardement à Kharkiv

Photo : Reuters / OLEKSANDR LAPSHYN

Les combats font toujours rage autour de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine avec ses 1,4 million d'habitants, située dans l'est du pays, théâtre de bombardements parmi les plus violents depuis le début de la guerre.

Une opération militaire ukrainienne est également en cours dans la région de Donetsk.

Du côté russe, le ministère de la Défense a annoncé samedi avoir éliminé près d'une centaine d'avions, 778 chars et véhicules blindés et détruit l'aéroport de Starokonstantinov, entre Kiev et Lviv, dans l'ouest.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté indiqué que plusieurs infrastructures ukrainiennes de santé avaient été touchées par des attaques.

Sur Twitter, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, a indiqué que de nombreux morts et blessés sont à déplorer à cause de ces attaques, sans toutefois donner plus de détails.

L'ONU, qui rapporte plus de 350 civils tués, signale plus de 1,5 million de personnes qui ont déjà fui l'Ukraine. Cela constitue la crise de réfugiés à avoir éclaté le plus rapidement depuis la Deuxième Guerre mondiale.

20 000 volontaires étrangers pour se battre contre la Russie

Ils sont près de 20 000 combattants étrangers à se porter volontaires pour aider l'Ukraine à se battre contre la Russie. Ils viennent principalement de pays européens, a déclaré dimanche Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères, sur la chaîne américaine CNN.

Quand les gens ont vu que les Ukrainiens se battaient, qu'ils ne baissaient pas les bras, cela les a poussés à se joindre à notre combat, a-t-il dit.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé à la fin de février la création d'une légion internationale de combattants étrangers pour l'aider à repousser l'invasion russe.

Les volontaires ont été invités à s'adresser aux ambassades ukrainiennes dans leur pays respectif.

Le Danemark a donné son feu vert, mais le Royaume-Uni, par la voix de son chef d'état-major des armées, a dit estimer illégal et inutile pour les Britanniques d'aller se battre en Ukraine.

Plus de 4600 arrestations en Russie dimanche

La police arrête un manifestant à Saint-Pétersbourg.

Au moins 4640 personnes ont été arrêtées dimanche dans 65 villes, ce qui porte à plus de 13 000 le nombre de manifestants interpellés depuis le déclenchement de l'opération militaire russe le 24 février, d'après OVD-Info.

Photo : AP / Dmitri Lovetsky

Par ailleurs, les autorités russes font face à un mouvement de protestation contre l’invasion militaire de l'Ukraine.

Plus de 4600 personnes ont été arrêtées dimanche dans une soixantaine de villes, selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations. La même source estime à plus de 13 000 le nombre d'arrestations depuis le 24 février, date du début de l’invasion.

Le célèbre opposant emprisonné Alexeï Navalny a déjà appelé les Russes à se réunir tous les jours sur la place principale de leur ville pour réclamer la paix en Ukraine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !