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Des communautés canadiennes s’adaptent aux changements climatiques

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Les inondations de novembre 2021 en Colombie-Britannique constitueraient la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire de la province (archives).

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

De nombreuses communautés canadiennes ont pris les choses en main pour être plus résilientes face à la menace croissante des événements climatiques extrêmes.

Il y a énormément de leadership qui provient du milieu municipal au Canada, a déclaré en entrevue Sophie Guilbault, directrice des partenariats à l’Institut de prévention des sinistres catastrophiques (IPSC), un centre de recherche affilié à l’Université Western, en Ontario.

L’IPSC a publié une série de rapports (Nouvelle fenêtre) dans les dernières années soulignant les efforts d’adaptation déployés par des villes de partout au pays devant l’accroissement du nombre et de l’intensité des événements climatiques extrêmes.

Ces catastrophes, incluant des vagues de chaleur, des feux de forêt, des sécheresses, des pluies diluviennes et des inondations, sont appelées à se multiplier, ici comme ailleurs, d’après les derniers travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rendus publics lundi.

Si les intervenants s’accordent pour dire que le Canada, comme le reste du monde, n’en fait pas assez pour s’adapter au climat d’aujourd’hui et de demain, reste que de nombreuses initiatives efficaces ont déjà vu le jour.

Se protéger des incendies

Les changements climatiques contribuent déjà à augmenter l’intensité des feux de forêt de même que les superficies touchées, souligne le GIEC, une tendance appelée à se poursuivre.

Le coût de la protection contre les feux de forêt a oscillé entre 800 millions et 1,4 milliard de dollars dans les 10 dernières années au pays, selon le gouvernement fédéral (Nouvelle fenêtre). Ces coûts ont augmenté d’environ 150 millions par décennie depuis 1970.

Malgré ces efforts de protection, les feux de forêt peuvent causer des dommages importants, comme à Fort McMurray en 2016, où l’on a enregistré quelque 3 milliards de dommages assurés.

Des communautés s’adaptent cependant, comme le district de Logan Lake, en Colombie-Britannique, décrit comme un pionnier de la protection contre les feux de forêt.

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La Colombie-Britannique a fait face à une saison record en matière de feux de forêt en 2021.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Dès 2004, un programme y a été mis en place pour inciter les propriétaires à se procurer à bas coût des gicleurs de toiture, qui pouvaient être installés gratuitement par les pompiers.

Ces appareils permettent de mouiller les bâtiments à l’approche d’un brasier, réduisant ainsi les risques qu’ils s'enflamment lorsque des débris les atteignent.

Depuis, 250 gicleurs ont été installés dans la communauté, représentant environ un tiers des maisons de Logan Lake, a noté l’IPSC en 2020. Ces efforts, combinés à d’autres mesures, ont été payants.

Le district a été évacué l’été dernier à l’approche d’un feu de forêt important. Mais aucun bâtiment n’a été endommagé selon des médias locaux (Nouvelle fenêtre), un résultat que les pompiers ont attribué aux efforts de prévention de la communauté.

Le GIEC pointe vers les outils d’adaptation et de protection des structures développés par Intelli-feu au Canada. Il souligne aussi l’importance d’avoir recours au brûlage contrôlé, notamment tel qu'il est pratiqué traditionnellement par des peuples autochtones, afin de limiter l’accumulation de combustible. 

Et des initiatives en ce sens existent au Canada. En 2019, par exemple, la bande indienne de Shackan et la Première Nation Xwisten ont fait équipe avec le service d’incendie de forêt de la Colombie-Britannique pour planifier et mettre en action des brûlages contrôlés. 

Lytton, aussi en Colombie-Britannique, qui a été complètement rasée par les flammes l’été dernier, planifie toujours sa reconstruction. L’IPSC a conseillé la Ville dans la rédaction de son nouveau règlement de construction, qui vise à en faire une communauté plus résiliente face aux aléas du climat.

Le maire et le conseil sont déterminés à prendre des mesures pour protéger leur communauté contre les incendies de forêt, a assuré par courriel Paul Kovacs, directeur de l’IPSC.

Se protéger des inondations

Au Canada, les inondations comptent pour 40 % des coûts associés aux catastrophes naturelles depuis 1970, souligne le rapport du GIEC. Ce sont déjà les catastrophes naturelles les plus fréquentes au Canada, selon l’IPSC, et la situation est appelée à se détériorer, puisque les précipitations annuelles vont augmenter dans la plupart des régions du pays, indique le Groupe d’experts.

Comme de nombreux risques associés aux changements climatiques, les risques d’inondation ne sont pas uniformément répartis, et les terres autochtones au Canada sont disproportionnellement exposées, observe le GIEC.

Les inondations de l’automne dernier en Colombie-Britannique sont arrivées trop tard pour être prises en considération par le GIEC, mais elles ont causé des dommages estimés à des milliards de dollars.

Celles de 2013, qui ont touché le sud de l’Alberta, ont causé des dommages assurés et non assurés évalués à près de 8 milliards, note le GIEC.

Il existe cependant de nombreuses solutions mises en avant par le Groupe d’experts, incluant la création de digues, l’amélioration des règles de zonage et l’aménagement d’espaces naturels.

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Plus de 100 000 personnes avaient dû être évacuées lors des inondations dans le sud de l'Alberta en 2013 (archives).

Photo : iStock

La ville de High River, en Alberta, a été l’une des communautés les plus affectées par les inondations de 2013, avec plus de 13 000 personnes évacuées et plus de 6000 structures endommagées. Ces dégâts l’ont menée à construire des digues et à déplacer des quartiers pour les renaturaliser et laisser une zone d’écoulement plus large à la rivière Highwood, entre autres mesures d'atténuation.

Au Québec, le gouvernement provincial a mandaté la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) pour refaire toutes les cartes des zones inondables de son secteur après les inondations de 2017.

Le jour où tu développes dans ces zones-là et où il y a d’autres inondations qui, on dirait, sont pires, bien honnêtement, tu te retrouves à créer toi-même ce problème-là, a déclaré en entrevue Martin Damphousse, président du Comité sur les changements climatiques de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Varennes.

Déjà, entre ce qui se faisait avant et ce qui se fait aujourd'hui, on voit qu'une grande réflexion s'est faite au niveau municipal pour s’assurer de ne plus prendre de risques inutiles, s’est-il félicité.

Les communautés autochtones ne sont pas en reste. L’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL) a notamment produit des guides pour faciliter l’adaptation à une variété de risques climatiques.

À Montréal, les parcs sont appelés à jouer un rôle dans la gestion des eaux de ruissellement et l’atténuation des risques d’inondation. C’est le cas du Grand parc de l’Ouest, mais aussi de plus petits espaces verts, comme le parc Pierre-Dansereau.

Ce dernier a été conçu pour retarder la période à laquelle l’eau de pluie devra être traitée en maximisant les surfaces perméables et en intégrant des bassins de rétention naturels, en plus d’en faire un espace attrayant pour les citoyens.

C’est un excellent exemple où on peut intégrer plusieurs objectifs dans un même projet, s’est réjouie Mme Guilbault. Et sur le plan des coûts, la Ville a démontré que ce n’était pas plus cher de concevoir un parc comme ça.

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