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La galère de changer de voiture passe à la vitesse supérieure

Un hall d'exposition à l'intérieur duquel sont garées des voitures neuves. Un homme au fond est à côté d'un véhicule en train de parler au téléphone.

Le temps d'attente pour se procurer une voiture neuve peut atteindre les deux ans, actuellement.

Photo : Radio-Canada

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Acheter une voiture neuve est devenu bien compliqué. Surtout, cela demande de la patience, beaucoup de patience. Et ce n’est pas près de changer.

Oui, il y a des modèles rutilants chez les concessionnaires, mais repartir aussitôt avec? Impensable! Les livraisons se font attendre, elles arrivent au compte-gouttes.

Les automobilistes qui souhaitent un véhicule personnalisé (couleur, matière des sièges et options de leur choix), du sur-mesure en somme, doivent le précommander.

Avant, il fallait compter trois mois. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus long, lâche Robert Poëti, le président-directeur général de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).

Jusqu'à deux ans d'attente

Plus long à quel point? J’ai deux personnes cette semaine qui m’ont appelé pour me dire qu’elles allaient avoir le véhicule commandé dans un an, poursuit-il. Et cela n’a rien d’étonnant; cela peut même prendre beaucoup plus de temps.

Benoit Charette, le rédacteur en chef de L’Annuel de l'automobile, affirme que pour un Toyota Rav4 Prime, il y a deux ans d’attente. Ce qui le laisse lui-même médusé.

Ça n'a pas de bon sens, deux ans d’attente. Quelqu’un qui veut une auto en 2022, il ne veut pas l’acheter en 2024. Il la veut parce qu’il en a besoin en ce moment.

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Benoit Charette est aussi chroniqueur automobile.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Comment en est-on arrivé à ce scénario qui met en scène des constructeurs n’arrivant pas à répondre à la demande? La pandémie bien sûr, mais pas seulement...

La faute aux puces

Au rythme des confinements, les chaînes de production dans les usines ont été mises à l’arrêt. Prévoyant une baisse d’activité, les constructeurs ont suspendu leurs commandes de microprocesseurs, ces fameuses puces électroniques qui sont désormais aussi nombreuses qu’invisibles dans le moteur et l’habitacle.

Système de détection d’un obstacle à l’avant ou à l’arrière, antidérapage, coussins gonflables… Il y a plus de puces électroniques dans votre véhicule que dans un F-18, souligne Robert Poëti.

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Robert Poëti reconnaît que les concessionnaires ont moins de modèles en inventaire qu'avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Pour autant, les fabricants de microprocesseurs n’ont pas cessé de vendre. Ils ont juste écoulé leur marchandise auprès d’autres industries. Des téléviseurs aux consoles de jeux, en passant par l’électroménager, ils avaient l’embarras du choix.

Parallèlement, pour éviter la baisse de régime du côté des ventes, des constructeurs automobiles et des concessionnaires ont proposé des conditions de financement très avantageuses.

Au point que les consommateurs pouvaient se permettre d’acheter des véhicules neufs, rapporte Yan Cimon, professeur de stratégies à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

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Yan Cimon, de l'Université Laval, pense qu'avec l'inflation, les conditions de financement des véhicules vont devenir moins avantageuses. Les taux d'intérêt notamment risquent de remonter.

Photo : Radio-Canada

La COVID-19 et l’émergence du télétravail ont convaincu certaines personnes de quitter la ville pour s’installer à la campagne, où les transports en commun ne sont pas comparables. Que ce soit par envie ou par nécessité, la demande pour de nouvelles voitures s’est maintenue.

Afin de reprendre la cadence, les constructeurs ont repassé commande auprès de leurs fournisseurs de microprocesseurs, mais ils ne sont plus prioritaires.

« Le manque de puces électroniques va encore se faire sentir tout au long de 2022. »

— Une citation de  Benoit Charette, rédacteur en chef de l'Annuel de l'automobile

Beaucoup d’études et d’analyses convergent vers 2024 pour un retour à la normale des volumes de production automobile, annonce Yan Cimon.

Envolée des prix

Ce contexte particulier se répercute sur le marché de l’occasion. Des acheteurs se tournent vers les modèles usagés, puisqu’ils ne parviennent pas à s’en procurer un neuf.

Honnêtement, on ne garde pas longtemps nos véhicules d’occasion, confie le PDG de la CCAQ.

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Malgré la pandémie et les difficultés d'approvisionnement, les ventes de voitures ne s'essoufflent pas.

Photo : Radio-Canada

Eux aussi se font rares, et cela se ressent sur les prix. Benoit Charette révèle que, depuis 2020, ils ont augmenté de 34,5 %.

C’est énorme, c’est le tiers! En fait, les gens qui ont des véhicules de 2018 ou de 2019, avec peu de millage et en bon état, peuvent les revendre en 2022 au même prix qu’ils les ont payés. Ce qui lui fait dire : C’est le moment idéal pour vendre un véhicule d’occasion sur le marché.

Pour celles et ceux qui veulent ou qui doivent acheter une voiture, Yan Cimon conseille de garder la tête froide.

Il est important de bien évaluer ses besoins et ne pas avoir peur d’utiliser tous les outils à sa disposition pour essayer de trouver le meilleur prix possible. Ce qu’Internet permet de faire maintenant.

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