•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des prestataires de l’aide sociale qui vivent en colocation ne seront plus pénalisés

Chargement de l’image

Des colocataires vivant sous un même toit seront évalués séparément pour le programme d’aide au revenu.

Photo : Radio-Canada

Chargement de l’image

Les prestataires de l’aide sociale au Nouveau-Brunswick qui partagent un logement avec un colocataire pourront désormais être évalués séparément au sein du programme d’aide au revenu.

Le ministre du Développement social, Bruce Fitch, a annoncé vendredi des changements à la Politique sur le revenu du ménage, lors d’un point de presse.

Chargement de l’image

Bruce Fitch, ministre du Développement social (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC

À l’heure actuelle, les gens vivant sous un même toit sont considérés comme une unité économique pour déterminer l’accessibilité à l’aide au revenu.

Ainsi, avec ce changement de règlement, des personnes qui choisissent de partager un logement pourront recevoir chacune un revenu de l’aide sociale.

« Ils pourront partager le logement et être évalués séparément pour l’aide sociale. »

— Une citation de  Bruce Fitch, ministre du Développement social

Le ministre Fitch explique que cette façon de faire pourrait aider les gens à avoir accès à de meilleures possibilités de logement, en ayant maintenant la possibilité d’en partager un sans que leur revenu d’aide social soit affecté.

On estime que cette réforme de la Politique sur le revenu du ménage pourrait avoir des retombées positives pour quelque 2000 personnes du Nouveau-Brunswick, ce qui représenterait un investissement d’au moins quatre millions de dollars, dit Bruce Fitch.

Une mesure qui ne s'applique pas aux couples

Néanmoins, les conjoints de fait et les époux sont toujours traités comme une unité économique, y compris leurs enfants âgés de 21 ans ou moins.

Ainsi, si une personne emménage avec son conjoint ou son époux, l’aide sociale sera calculée pour l’ensemble du groupe, une pratique courante que nous avons vue lorsque nous avons fait notre analyse des autres juridictions dans le pays, précise le ministre.

Pour Robert Gauvin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement social, cette situation est à revoir, surtout dans le contexte où tout coûte plus cher.

Chargement de l’image

Robert Gauvin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement social (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Tous les petits coups de pouce, on peut les applaudir, on peut dire que c'est un pas dans la bonne direction. Mais encore une fois, on entre dans la définition de couple, c’est presque de porter un jugement, dit-il.

« C’est dommage avec ce gouvernement, c’est qu’on dirait que c’est un labyrinthe pour essayer d'avoir de l'argent pour les gens qui en ont le plus besoin. »

— Une citation de  Robert Gauvin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement social

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, croit aussi que cette politique est trop restrictive et que les couples devraient être inclus dans ce changement.

Chargement de l’image

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC

« C’est une étape importante, mais ce n’est pas suffisant. Il va permettre à [seulement ] quelques bénéficiaires de l’aide sociale à partager un logement [...], mais pas de sexe! »

— Une citation de  David Coon, chef du Parti vert du N.-B.

Ce n’est pas suffisant, car on a besoin d’avoir la suppression totale de cette politique afin que tous les bénéficiaires de l’aide sociale reçoivent le même traitement. Il doit y avoir une politique équitable et juste, soutient David Coon.

Même son de cloche du côté du coordinateur provincial du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, Abram Lutes. Il est ridicule que les époux des partenaires ne puissent pas vivre ensemble au risque de perdre leur aide sociale.

Chargement de l’image

Abram Lutes, coordonnateur provincial du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que le niveau des prestations sociales est trop bas au Nouveau-Brunswick et que c’est un problème sérieux.

Le Front commun pour la justice sociale aimerait voir les prestations d’aide sociale augmenter de 100 $ par mois, pour toutes les catégories.

Taux d’aide sociale en vigueur le 1er avril 2022 - prestations prolongées

Unité

Tarif mensuel

1 personne

732 $

2 personnes (au moins 1 personne a moins de 19 ans)

1022 $

2 adultes

1043 $

3 personnes

1081 $

Pour chaque personne supplémentaire

ajoutez 66 $ au tarif de 1081 $

Le ministre Bruce Fitch précise aussi que les enfants âgés de plus de 21 ans qui habitent dans la maison familiale seraient admissibles à de l’aide si le revenu parental se trouve sous le seuil de la pauvreté.

Les changements annoncés vendredi entreront en vigueur à compter du 1er juin 2022. Ils s’inscrivent dans la réforme des programmes d’aide sociale entreprise par le ministère en 2020.

Depuis octobre, les prestataires de l’aide sociale qui ont un emploi peuvent gagner jusqu’à 500 $ par mois sans que leurs prestations ne soient touchées.

Également, les prestataires qui reçoivent des pensions alimentaires ou l’allocation Canada-Nouveau-Brunswick pour le logement ne voient plus leurs prestations d’aide sociale diminuer.

Le ministère estime que près de 29 000 Néo-Brunswickois ont recours aux programmes d’aide sociale dans la province.

Avec les informations de Frédéric Cammarano et Nicolas Steinbach

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !