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Ukraine : Poutine se dit pour le dialogue, mais à ses conditions

Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine

Photo : Getty Images / MIKHAIL KLIMENTYEV

Radio-Canada

Intraitable, le président russe a déclaré vendredi, lors d’un échange téléphonique avec le chancelier allemand Olaf Scholz, que le dialogue avec l’Ukraine ne serait possible que si « toutes les exigences russes » étaient acceptées.

Répondant au chancelier Scholz, qui l’exhortait à mettre fin aux hostilités et à autoriser l'accès humanitaire aux zones de combat, Vladimir Poutine a de nouveau exigé un statut neutre et non nucléaire pour l'Ukraine, sa démilitarisation obligatoire et sa dénazification, la reconnaissance de l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et la souveraineté des régions séparatistes prorusses de l'Est ukrainien, Donetsk et Louhansk, dans leurs territoires administratifs.

Selon le compte de l’échange entre les deux chefs d’État rendu public par le Kremlin, le président Poutine a aussi assuré que les forces russes ne bombardaient pas Kiev et les grandes villes ukrainiennes. Il a qualifié de grossière fabrication de propagande les informations sur les destructions menées par Moscou.

Parlant d’une même voix, les membres du G7 ont exigé de leur côté la mise en place rapide de couloirs humanitaires et un arrêt des attaques près des centrales nucléaires en brandissant la menace de nouvelles sanctions sévères.

« Nous continuerons à imposer de nouvelles sanctions sévères en réponse à l'agression russe. »

— Une citation de  Extrait du communiqué des ministres des Affaires étrangères du G7

Condamnant les attaques contre les civils ukrainiens et les infrastructures civiles, y compris les écoles et les hôpitaux, les chefs de la diplomatie du G7 ont dit qu'ils allaient demander des comptes à ceux qui sont responsables de crimes de guerre, y compris par l'utilisation indiscriminée d'armes contre des civils.

Il n’y aura pas de zone d’exclusion aérienne, dit l’OTAN

Jens Stoltenberg parle à la presse devant une affiche avec le logo de l'OTAN.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'adresse à la presse après le Conseil OTAN-Russie, au siège de l'alliance à Bruxelles.

Photo : afp via getty images / JOHN THYS

L'OTAN, qui condamne les bombardements « irresponsables » des forces russes contre une centrale nucléaire dans le sud de l'Ukraine, a rejeté vendredi la demande de Kiev de créer une zone d'exclusion aérienne pour éviter de se laisser entraîner dans le conflit.

« Les Alliés ont convenu que nous ne devrions pas avoir d'avions de l'OTAN opérant dans l'espace aérien ukrainien ou des troupes de l'OTAN au sol, car nous pourrions nous retrouver avec une guerre totale en Europe. »

— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN

Nous avons la responsabilité d'empêcher l'escalade de cette guerre au-delà de l'Ukraine. Parce que cela serait encore plus dangereux, plus dévastateur, et causerait encore plus de souffrances humaines, a ajouté Stoltenberg, au terme d'une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance à Bruxelles.

Cette fin de non-recevoir est venue en réponse au ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, qui presse l’Alliance atlantique d’agir.

Agissez maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Ne laissez pas Poutine transformer l'Ukraine en Syrie, a-t-il écrit dans un message sur Twitter.

« L'OTAN est une alliance défensive. Nous ne voulons pas être partie prenante au conflit en Ukraine. »

— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN

Le premier responsable de l’OTAN pense que les jours à venir seront pires, avec plus de morts, plus de destructions, parce que la Russie va utiliser des armes plus lourdes.

Pour l'Alliance, l'attaque contre une centrale nucléaire démontre le caractère irresponsable de cette guerre et la nécessité d'y mettre fin.

La centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine

Les images d’une caméra de surveillance montrent une fusée éclairante atterrissant à la centrale nucléaire de Zaporijia le 4 mars 2022.

Photo : centrale nucleaire Zaporijia ukraine / Zaporizhzhya NPP

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, à la demande du Royaume-Uni l’ambassadrice des États-Unis a qualifié l’attaque contre la centrale nucléaire de Zaporijia d’immense menace pour toute l'Europe et le monde.

Grâce à Dieu, le monde a échappé à une catastrophe nucléaire dans la nuit, a ajouté Linda Thomas-Greenfield.

L’ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, a rejeté ces accusations faisant partie d'une campagne de mensonges à l'encontre de Moscou.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des tirs de chars russes ont atteint la centrale de Zaporijia, mettant le feu à un bâtiment consacré aux formations et à un laboratoire, mais aucune fuite radioactive n'a été constatée, selon les autorités ukrainiennes.

Bien que l'armée russe ait pris le contrôle de la centrale, le personnel contrôle les blocs énergétiques et assure leur exploitation en accord avec les exigences des règlements techniques de sécurité d'exploitation, a précisé le régulateur nucléaire ukrainien.

Commission d’enquête onusienne

L’ONU fait état de 1,2 million de personnes ayant déjà fui le pays. Son Conseil des droits de l'homme a approuvé à une écrasante majorité une résolution en faveur d'une commission d'enquête internationale sur les violations des droits de la personne et du droit humanitaire en Ukraine après l'invasion russe.

Selon l'organisation Human Rights Watch (HRW), l'armée russe a utilisé le 28 février à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, des armes à sous-munitions, qui sont indistinctement létales à l'égard des populations civiles et dont l’emploi pourrait constituer un crime de guerre.

Poursuivre l'isolement de la Russie

Employant les mêmes termes que les membres du G7, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué que l'Union européenne (UE) se tenait prête à adopter de nouvelles sanctions sévères si Poutine n'arrête pas la guerre qu'il a déclenchée.

Plus tôt, l’UE évoquait la possibilité d'imposer de nouvelles sanctions contre Moscou qui cibleraient cette fois ses achats de gaz et de pétrole. Vous avez pu constater que tout reste sur la table, car certaines mesures auxquelles personne ne s'attendait ont été prises, a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne.

Les achats européens d'énergie à la Russie sont évalués à près de 700 millions d'euros (975 millions de dollars canadiens) par jour depuis le début de la crise, selon les données du Bruegel Institute.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a elle aussi promis de nouvelles mesures contre Moscou.

Depuis le début de l'offensive russe, l'UE a adopté plusieurs sanctions visant les secteurs économique et financier. Cela s’est notamment traduit par la fermeture de son espace aérien aux appareils russes et des sanctions ciblées contre le président Vladimir Poutine et ses proches.

Malheureusement, le conflit en Ukraine pourrait ne pas se terminer de sitôt [...] nous devons maintenir la pression sur la Russie jusqu'à ce que la guerre soit terminée, a souligné le secrétaire d'État américain Antony Blinken après une réunion avec ses homologues à l'OTAN et plusieurs rencontres avec les dirigeants de l'UE.

Avec les informations de Agence France-Presse

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