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Les professeurs de l’Université Sainte-Anne sur les piquets de grève

Des grévistes défilent en bordure du chemin avec leurs pancartes.

Les syndiqués de l'Association des professeurs, professeures et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne (APPBUSA) en grève à Pointe-de-l'Église, en Nouvelle-Écosse, le 3 mars 2022.

Photo : Gracieuseté : Daniel Long (APPBUSA)

Radio-Canada

Les professeurs et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l'Église, en Nouvelle-Écosse, sont sortis pour une première journée sur les piquets de grève, jeudi après-midi.

Le personnel membre de l'Association des professeurs, professeures et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne (APPBUSA) avait annoncé la veille son intention de débrayer.

La plupart des cours sont suspendus pour une durée indéterminée.

Cinq personnes manifestent sur un chemin rural enneigé avec des pancartes. Elles sont souriantes et lèvent les bras.
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Des syndiqués de l'Association des professeurs, professeures et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne (APPBUSA) en grève à Pointe-de-l'Église, en Nouvelle-Écosse, le 3 mars 2022.

Photo : Gracieuseté : Daniel Long (APPBUSA)

Jeudi, les syndiqués ont brandi des écriteaux réclamant plus de collégialité et de transparence. Ils demandent notamment des salaires équivalents à ceux de leurs collègues d’ailleurs dans la province, et l’ouverture de postes permanents.

Peu de dialogue, disent les grévistes

La convention collective est expirée depuis 2020. Les négociations ont jusqu’ici été extraordinairement compliquées, dit Jean Wilson, le porte-parole du syndicat pendant la grève. Des pourparlers ont eu lieu en octobre, puis en janvier avec un conciliateur.

On s'est retrouvé face à un taureau reniflant qui ne semble pas vouloir jouer le jeu [...] du dialogue et qui émet simplement des fins de non-recevoir sur tout ce qu'on a pu présenter jusqu'à présent, affirme le professeur Wilson.

À son avis, l’administration de l’université semble considérer que la dernière convention collective était parfaite et devrait être reconduite comme telle.

On ne peut pas fonctionner avec un point de départ comme ça. Il faut que les deux parties s'entendent pour dire que ce document-là est perfectible, et donc qu'on travaille à l'améliorer, déclare M. Wilson.

Il ajoute que l'association s'inquiétait d'être mise en lock-out par la direction si rien ne changeait.

L'administration se dit perplexe

Le recteur et chancelier de l'Université Sainte-Anne dit être perplexe et trouver étrange la décision de faire la grève. C'est très frustrant, dit Allister Surette.

En plus de cela, c'est qu'on a encore beaucoup d'items, d'articles à discuter , affirme-t-il. Dans la convention collective, environ 50 % n'ont pas été touchés.

Des grévistes marchent en bordure du chemin avec leurs pancartes. Un des marcheurs fait un signe de victoire avec ses doigts.

Les syndiqués de l'Association des professeurs, professeures et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne (APPBUSA) en grève à Pointe-de-l'Église, en Nouvelle-Écosse, le 3 mars 2022.

Photo : Gracieuseté : Daniel Long (APPBUSA)

M. Surette dit que l’on n’a pas encore abordé les questions salariales et la charge de travail des professeurs.

Le porte-parole du syndicat réplique que le syndicat négociait en vain avec une administration qui faisait montre d’une fermeture complète.

Ce n’est pas que ça achoppe sur un point ou l'autre pour l'instant, c'est simplement les conditions générales de négociations qui les rendent impossibles, à notre humble avis, déclare le professeur Jean Wilson.

Le recteur Allister Surette dit espérer retourner plus tôt que tard à la table de négociations pour discuter en priorité des éléments majeurs de la convention collective.

Incertitude pour les étudiants

Parmi les quelque 500 étudiants de l’université francophone de Nouvelle-Écosse, l’incertitude pèse lourd.

Jeimie Robicheau, la présidente de l'Association générale des étudiants de l'Université Sainte-Anne, rappelle que la session a déjà commencé de façon cahoteuse avec le regain d’intensité de la pandémie et l’enseignement en ligne.

Avec tous les changements, dit-elle, on a perdu du temps dans nos cours, et nous allons perdre d'autre temps.

Elle indique que beaucoup d’étudiants craignent un prolongement de la présente session et redoutent de perdre des occasions de stages pour l'été.

Une vingtaine de personnes en grève, debout dans la neige avec leurs pancartes, posent pour une photo de groupe.

Des syndiqués de l'Association des professeurs, professeures et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne (APPBUSA) en grève à Pointe-de-l'Église, en Nouvelle-Écosse, le 3 mars 2022.

Photo : Gracieuseté : Daniel Long (APPBUSA)

La balle est dans le camp de la direction, selon le porte-parole des professeurs. Jean Wilson reconnaît que les étudiants se retrouvent coincés.

Si l'administration est intéressée à ce que la session se poursuive, qu'elle se mette à négocier rapidement, lance-t-il.

En entretien téléphonique avec Radio-Canada, jeudi après-midi, le recteur Allister Surette a affirmé : On va faire tout notre possible pour que la grève soit aussi courte que possible. On espère arriver à une entente le plus tôt possible.

L’Association des professeurs et professeures et bibliothécaires de l’Université Sainte-Anne compte une quarantaine de membres. Une grande partie d’entre eux a bravé le froid pour faire du piquetage près du campus, jeudi.

Le personnel de soutien de l’Université Sainte-Anne est représenté par le syndicat NSGEU (Nova Scotia Government Employees Union) et n’est pas directement concerné par ce conflit.

Cependant, le NSGEU a déclaré qu’il encourageait ses membres à offrir leur soutien aux syndiqués en grève, et ne s’oppose pas à ce qu’ils fassent du piquetage avec eux en dehors de leurs heures de travail.

D’après le reportage d’Adrien Blanc

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