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L’envolée des prix du carburant fait réagir les automobilistes de la région

« Disons que j’aimerais bien avoir une auto électrique dans ces temps-ci! » se plaint un consommateur

Une station-service à Gatineau

Le prix de l'essence s'est élevé à 168,9 cents le litre à Gatineau jeudi.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Radio-Canada

Le prix de l’essence dans la région de la capitale nationale grimpe en flèche. Même si le prix moyen demeure en deçà des pires prévisions, les consommateurs ressentent les effets de la hausse et s’en plaignent.

Le prix moyen était évalué entre 1,62 $ et 1,63 $ le litre par CAA en début de journée jeudi des deux côtés de la rivière. En fin de journée, certaines stations-service de la région vendaient le litre 1,68 $.

Le président du groupe Canadians for Affordable Energy, Dan McTeague, n’est pas du tout optimiste quant aux prix à la pompe. Nous nous approchons de prix records et c’est pire pour le diesel, lance-t-il.

Cette hausse va avoir des répercussions non seulement pour ceux qui conduisent une voiture, mais aussi pour ceux qui n’en conduisent pas, dit l’analyste. Cela va avoir un impact sur le prix des transports en commun, sur la nourriture, l’impôt foncier, etc.

« Si les consommateurs pensent que c’est difficile maintenant, attendez, ils n’ont encore rien vu! »

— Une citation de  Dan McTeague, Canadians for Affordable Energy

La situation en Ukraine est en partie responsable de cette hausse, mais Dan McTeague soutient que le problème est beaucoup plus profond.

En dépit de ce qui se passe en Ukraine, l’offre mondiale de pétrole est limitée. La demande continue d’augmenter, explique-t-il. Tôt ou tard, le Canada, tout comme les États-Unis, devra trouver le moyen de réduire sa dépendance au pétrole appartenant à des pays autoritaires.

Un véhicule et des grands bâtiments complètement détruits par des bombes.

Les bombardements russes se poursuivent même si des négociations entre les deux parties doivent avoir lieu.

Photo : Reuters / Serhi Nuzhnenko

Dans une déclaration écrite, CAA Québec affirme également que les attaques menées en Ukraine par la Russie – qui est le troisième producteur mondial de pétrole et le deuxième des grands exportateurs – ont un impact sur le prix de l’essence affiché à la pompe.

Tous les indicateurs pétroliers sont en forte hausse, affirme CAA Québec. Cette hausse se répercute sur les coûts d'acquisition pour les stations-service.

À l'heure actuelle, il est impossible de savoir combien de temps cette situation perdurera. CAA-Québec poursuit ses observations et n'hésitera pas à intervenir si l'industrie profite de la situation pour augmenter ses profits, a prévenu l’organisme.

Des automobilistes font le plein dans une station-service.

La hausse imminente du prix de l'essence a encouragé plusieurs automobilistes à faire le plein.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Changer nos habitudes de consommation

Jean Lalonde, un résident de Gatineau rencontré par Radio-Canada dans une station-service, n’en revenait tout simplement pas de cette hausse du prix de l’essence.

C’est exorbitant, s’est-il exclamé. C’est sûr que je vais planifier davantage mes sorties. Afin d’exploiter [jusqu’à la toute dernière] goutte mon essence.

Même son de cloche pour Sylvie, une autre automobiliste, qui n’a pas donné son nom de famille. C’est écœurant, ça n'a plus d’allure! a-t-elle dénoncé. Je vais devoir en mettre [de l’essence] moins à la fois.

Disons que j’aimerais bien avoir une auto électrique dans ces temps-ci, a lâché de son côté Ron Renaud.

Jean-Thomas Bernard, professeur au Département de sciences économiques à l'Université d'Ottawa.

Jean-Thomas Bernard, professeur au Département de sciences économiques à l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Justement, Jean-Thomas Bernard, professeur invité au Département des sciences économiques à l’Université d’Ottawa, soutient que les consommateurs sont dépendants au pétrole pour presque tous leurs moyens de transport.

C’est cette dépendance, dit-il, qui contribue à la hausse des prix. La demande est plus forte que l’offre mondiale.

« Ce n’est jamais de gaieté de cœur, mais peut-être qu'on pourrait songer à utiliser d'autres moyens de transport. L'autobus, la marche, le vélo, etc. »

— Une citation de  Jean-Thomas Bernard, professeur, Université d'Ottawa

Les consommateurs devraient réfléchir davantage à la façon dont ils se déplacent et, même, envisager de moins voyager.

Il faut peut-être penser à la façon dont on va passer nos vacances, suggère-t-il. La façon de s'ajuster [de contrebalancer la hausse du prix de l’essence], c'est par la réduction de la consommation.

Une station-service à Gatineau.

Le prix de l'essence est élevé à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Faut-il baisser les taxes sur les carburants?

L’envolée des prix du carburant a poussé la Fédération canadienne des contribuables pour l'Ontario à demander au gouvernement provincial de réduire immédiatement la taxe sur l’essence de 5,7 cents. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déjà affirmé qu’il réduira la taxe d’ici le 31 mars 2022.

Dans l’immédiat, Jean-Thomas Bernard juge que ce n’est pas une bonne idée.

Baisser les taxes pour contrebalancer la hausse du prix du brut envoie un très mauvais signal aux consommateurs. Les gouvernements perçoivent des taxes, mais ce n'est pas pour leur bon plaisir. C’est pour fournir des services à la population, détaille M. Bernard. Si on arrête de percevoir des taxes, il faudra se demander ce qu’on devra faire [pour récupérer les revenus perdus] : couper des services ou taxer d'autres activités, incluant nos revenus de travail?

Baisser les taxes, c’est réduire cette incitation à réduire la consommation, insiste-t-il. Une très mauvaise idée, selon lui.

Avec les informations de Gabriel Le Marquand Perreault et de Fiona Collienne

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