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La vente de la microbrasserie Beau’s ne laisse personne indifférent dans l’est ontarien

Le panneau extérieur d'une entreprise.

La microbrasserie Beau's est située à Vankleek Hill, dans l'est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

L’annonce de la vente de la microbrasserie Beau’s à son concurrent Steam Whistle lundi dernier continue de susciter de nombreuses réactions dans le milieu brassicole est-ontarien.

C’est compréhensible : la microbrasserie de Vankleek Hill occupe une place de choix dans le cœur des amateurs de bières artisanales depuis son ouverture en 2006.

D’ailleurs, il n’est pas exagéré de dire que l’entreprise fondée par Tim Beauchesne et son fils Steve a carrément contribué à la naissance d’autres microbrasseries.

À cet égard, Mario Bourgeois, propriétaire de la Microbrasserie Cassel à Casselman, se souviendra toujours de la fois où il a mis la main sur une embouteilleuse que les Beauchesne voulaient envoyer à la ferraille.

[Steve Beauchesne] m’a dit : "Tu sais quoi Mario? Je te la donne." Ça fait qu’il me l’a donnée. On l’a remontée et on l’a utilisée pendant bien des années. J’ai toujours été grandement reconnaissant envers Beau’s pour ça, lance Mario Bourgeois.

Des canettes de bières dans un sceau de glace,

La brasserie Beau's et Steam Whistle s'étaient unies en novembre dernier pour promouvoir leurs produits à travers la province. (archives)

Photo : Gracieuseté : Beau's

Ce dernier se doutait bien, comme bien d’autres dans l’industrie, que quelque chose se tramait depuis que Beau's et Steam Whistle avaient joint leurs forces en novembre dernier afin de mieux distribuer leurs produits.

Ça m’a surpris du laps de temps [entre la nouvelle de cette semaine et] l'annonce [en novembre dernier]. Mais ce sont des choses que l’on voit dans l’industrie, c’est certain, poursuit Mario Bourgeois.

Alors certaines ficelles doivent toujours être attachées avant que l’entente entre les deux brasseurs ne devienne officielle, l’avenir de la microbrasserie de Vankleek Hill et de ses employés demeure en suspens.

La question est cruciale, car les visiteurs étaient nombreux à profiter de leur passage chez Beau’s pour découvrir d’autres établissements qui ont pignon sur rue ailleurs dans les Comtés unis de Prescott et Russell.

Éric Mainville derrière une sélection de bières.

Éric Mainville, copropriétaire de la brasserie Brauwerk Hoffman, à Rockland.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

L’été, il n’est pas rare de voir des amateurs de bières artisanales effectuer un road trip dans la région, explique Éric Mainville, copropriétaire de la microbrasserie Brauwerk Hoffman à Rockland.

On vient ici [à Rockland]. On s’en va chez Tuque de Broue [et] Étienne Brûlé [à Embrun]. On s’en va à Cassel Brewery, à Broken Stick [à Hammond]. On fait la petite tournée, ajoute le jeune trentenaire dont l'entreprise a ouvert ses portes en novembre 2020.

Avec les années, la Microbrasserie Beau’s est devenue un pôle d’attraction touristique majeur.

Si [les gens] savaient que j’avais quelque chose à faire avec le monde brassicole, ils disaient : "Nous autres, on a Beau’s ici. Es-tu déjà allé chez Beau’s? As-tu déjà goûté aux produits chez Beau’s?" , ajoute Éric Mainville.

S'adapter continuellement

Que réserve l’avenir au milieu brassicole régional alors que le plus gros joueur passe en d’autres mains?

Nicolas Malboeuf, propriétaire et fondateur de la brasserie artisanale Tuque de Broue à Embrun, est d’avis que la pandémie de COVID-19 force certains brasseurs, parmi les plus ambitieux, à refaire leurs devoirs.

La brasserie de ton village, la brasserie la plus proche devient ta brasserie. L’idée de vendre dans tous les restaurants de l’Ontario, ce n’est vraiment plus là que ça se passe. C’est vraiment être dans ta cour, faire un événement, offrir une expérience sur le site, croit Nicolas Malboeuf.

Deux personnes lèvent leur bière sur une terrasse.

Le propriétaire de la Brasserie Tuque de Broue, Nicolas Malboeuf. (archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Il ne fait pas de doute dans l’esprit du propriétaire de Tuque de Broue que le milieu brassicole est-ontarien vit une période décisive.

D’où l’importance pour les amateurs de houblon de la région de continuer à encourager leurs microbrasseries locales, plaide Nicolas Malboeuf.

C'est très fragile, ce qu'on fait. Il faut démontrer notre fidélité à notre microbrasserie locale préférée, conclut-il.

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