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L’exode des multinationales se poursuit en Russie

Des travailleurs dans une usine de Volkswagen.

La majorité des constructeurs automobiles américains, japonais et européens ont suspendu leurs activités en Russie cette semaine.

Photo : Reuters / China Daily CDIC

Radio-Canada

Les grands groupes industriels multiplient les fermetures et les suspensions de production en Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine, alors que l’économie russe encaisse une décote historique sur les marchés doublée d’un recul majeur de sa monnaie.

Depuis une semaine, les annonces et communiqués de grandes entreprises qui prennent leurs distances de la Russie se succèdent sur la scène économique internationale, où faire des affaires avec la Russie n’est désormais plus un gage de prospérité.

Visée par d'importantes sanctions économiques par les gouvernements occidentaux, la Russie perd un à un ses grands partenaires commerciaux et ses investisseurs étrangers, alors que ses troupes poursuivent leur progression en Ukraine.

Après GM, BMW, Mercedes-Benz et Volvo, c’est maintenant au tour des constructeurs automobiles Toyota et Volkswagen de suspendre jusqu’à nouvel ordre leur production en Russie ou leurs exportations vers ce pays.

Toyota produit 80 000 véhicules par an dans son usine de Saint-Pétersbourg. Volkswagen ferme quant à elle ses usines de Kalouga et Nijni Novgorod et met fin à ses exportations en Russie, qui représentent plus de 220 000 véhicules par an.

Nissan maintient pour le moment ses activités dans son usine de Saint-Pétersbourg, mais a suspendu toutes ses exportations en Russie.

D'autres constructeurs automobiles japonais comme Suzuki, Honda et Mazda – lequel exploite une coentreprise à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient russe, avec le constructeur local Sollers – ont également suspendu ou réduit leurs activités dans le pays, où leur présence est toutefois limitée.

L'usine Renault de Moscou est également à l'arrêt depuis le 28 février.

Le plus grand constructeur de camions au monde, Daimler Truck, a en outre mis fin à sa collaboration avec le constructeur automobile russe Kamaz, qui fournit également l'armée russe.

Le groupe russe AvtoVAZ, numéro un en Russie avec sa marque Lada devra quant à lui arrêter ses usines pendant quatre jours en raison de problèmes d'approvisionnement en semi-conducteurs.

BRP suspend ses exportations

Plus près de nous, le constructeur canadien BRP a lui aussi confirmé jeudi avoir suspendu temporairement ses exportations vers la Russie. Bien que les ventes de BRP en Russie représentent environ 5 % de son chiffre d’affaires, l’entreprise estime que l'instabilité de la situation actuelle et les complexités commerciales ont poussé l’entreprise à suspendre ses ventes de produits en Russie.

La chaîne d'approvisionnement perturbée

Un travailleur de l'acier habillé d'une combinaison manipule de l'acier en fusion.

Dans l'est de l'Europe, l'industrie sidérurgique est particulièrement affectée par l'invasion de l'Ukraine.

Photo : La Presse canadienne / FRANK AUGSTEIN/AP

La perturbation des chaînes d’approvisionnement par la guerre et les sanctions économiques internationales qui plombent les activités commerciales et le transport de marchandises à destination et en provenance de la Russie obligent par ailleurs de plus en plus d’entreprises à réduire leurs activités.

C’est notamment le cas du géant sidérurgique ArcelorMittal, qui a annoncé jeudi la suspension de toute sa production d'acier en Ukraine avec la mise sur pause de son usine de Kryvyi Rih, afin d'assurer la sécurité de ses salariés et de ses actifs, face à l'intensification de l'offensive russe dans le pays.

Le numéro deux mondial de la sidérurgie, qui emploie 26 000 travailleurs en Ukraine, dit avoir dû réduire sa production des deux tiers dans le pays depuis l’invasion russe. ArcelorMittal a également suspendu la production de ses mines souterraines de fer en Ukraine le week-end dernier.

De Michelin à Ikea

Le groupe français Michelin compte lui aussi arrêter la production de certaines de ses usines en Europe en raison des problèmes de logistique liés à la grave crise qui se déroule actuellement en Ukraine, a indiqué jeudi le fabricant de pneus.

Le géant suédois de l’ameublement Ikea suspend également ses activités en Russie et au Bélarus. Une décision qui affectera près de ses 15 000 employés répartis dans 17 magasins et trois sites de production, principalement situés en Russie.

Le fabricant américain de vêtements et d’articles de sports Nike Inc fermera aussi toutes ses succursales russes en plus de bloquer l’achat de tous ses produits sur Internet à partir de la Russie.

Même les satellites

Une fusée Soyouz près de son pas de tir.

Une fusée Soyouz est montée sur une rampe de lancement au cosmodrome de Baïkonour.

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Dans le domaine aérospatial, l'opérateur de satellites indo-britannique OneWeb a suspendu ses lancements prévus au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Une fusée Soyouz, opérée par OneWeb et Arianespace, devait décoller samedi de Baïkonour avec 36 satellites à son bord.

Les satellites qui devaient être lancés ce week-end devaient rejoindre les 428 engins déjà en orbite pour former une constellation visant à offrir un Internet haut débit partout dans le monde d’ici la fin 2022.

L'agence russe Roscosmos, qui contrôle le cosmodrome de Baïkonour, avait lancé un ultimatum à Londres après la prise de sanctions financières massives contre Moscou. L'une des conditions à l'envoi de la fusée le 5 mars était que le gouvernement britannique ne soit plus actionnaire de OneWeb.

La Grande-Bretagne a de son côté répliqué en annonçant l’interdiction prochaine de l’accès aux entreprises russes au marché de l'assurance aéronautique et spatiale de Londres, qui abrite le plus grand centre mondial d'assurance commerciale et spécialisée du monde.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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