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La 5G, vraiment plus verte?

Une tour de transmission 5G, devant un coucher de soleil.

Les spécialistes ne s'entendent pas sur les effets de la 5G sur l'environnement.

Photo : iStock / Bill Oxford

Agence France-Presse

Souvent critiqué pour sa consommation excessive d'énergie, le secteur des nouvelles technologies mise sur la 5G pour concilier performance technique et meilleur bilan environnemental, mais des voix s'élèvent contre cet argument marketing.

Au Salon mondial du mobile (MWC), grand-messe du secteur qui s'est tenue cette semaine à Barcelone, plusieurs entreprises ont loué la dimension plus verte de la 5G, cette technologie mobile permettant de transmettre en un temps très court de grandes quantités de données.

Pour Jean-Marie Chaufray, du géant français des télécommunications Orange, la 5G pourrait notamment être 10 fois plus efficace [énergétiquement] que la 4G d'ici 2025. Il attribue cette prouesse notamment à la mise en veille de certains composants lorsqu'ils ne sont pas utilisés ainsi qu'aux antennes plus performantes.

L'efficacité énergétique ne représente que la moitié du problème, mentionne toutefois Laurence Williams, chercheur à l'Université du Sussex au Royaume-Uni, et une technologie plus avancée ne suffit pas pour résoudre la question de la lutte contre les bouleversements climatiques dans l'industrie de la technologie.

Le trafic de données mobiles continuera à augmenter grandement dans les années à venir, et il est largement admis que la 5G sera au moins en partie responsable, relève-t-il.

Pas de consensus scientifique

Diverses études ont déjà été publiées sur le sujet, mais sans parvenir à un consensus. Certaines suggèrent que la consommation d'énergie liée aux réseaux chutera, d'autres, qu'elle restera stable, et au moins une avance qu'elle grimpera à cause de la 5G, justement.

Une étude finlandaise publiée en 2018 estimait que la consommation électrique des principaux réseaux mobiles du pays était 10 % plus importante en 2017 qu'en 2010, ses signataires attribuant cette progression à des usages de plus en plus consommateurs de données, comme regarder des vidéos diffusées en continu.

Même si cette étude porte sur une période antérieure à la 5G, elle montre tout de même que l'amélioration de l'efficacité énergétique des réseaux ne se traduit pas forcément par une moindre consommation d'énergie de ces réseaux, souligne le chercheur de l'Université du Sussex.

D'autres voix, comme celle de Duan Hao, du groupe chinois Huawei, font valoir que cette technologie réduira certains usages qui jouent un rôle dans les bouleversements climatiques, notamment en favorisant le télétravail et la numérisation de pans entiers de l’industrie.

Des effets difficiles à mesurer

Selon certaines études, l'effet pourrait se situer dans un ratio de 1 à 10, une unité d'énergie investie dans la 5G se traduisant par 10 unités d'énergie économisées par ailleurs.

Ces effets induits par la technologie sont difficiles à mesurer, relativise cependant Laurence Williams, citant une étude de l'Université de Zurich situant ce ratio plus proche de 1 à 3.

Il regrette aussi le fait que beaucoup d'études qui s'intéressent aux effets de la 5G sur la consommation énergétique oublient toute une partie de l'équation, à savoir les besoins engendrés par la mise en place de nouvelles infrastructures.

Au minimum, il faut rester sceptique concernant les prétendues économies d'énergie permises par cette technologie, quand ne sont pas pris en compte les coûts induits par la construction de ces infrastructures, souligne le chercheur.

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