•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qu’est-ce qui explique la hausse du prix de l’essence?

Le prix du litre est affiché à 183,9 cents.

Le prix du litre d'ordinaire a atteint de nouveaux sommets vendredi.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté Paulette

La guerre fait rage en Ukraine depuis moins de dix jours et déjà les effets se font sentir à la pompe de ce côté-ci de l’Atlantique. Dans bien des régions du Québec, le prix de l’essence a bondi au cours des dernières heures.

Dans la région de Québec, le prix est passé de 1,66 $ à 1,75 $ le litre jeudi dans plusieurs stations-service. Vendredi, les prix atteignaient chez certains détaillants de Québec 1,84 $ le litre. Ces hausses reflètent la hausse marquée du prix du baril de pétrole.

On est passés d'à peu près 90 $ à 115 $ le baril depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. Les stations-service n'ont pas des semaines de réserve. Normalement, elles vont être remplies plusieurs fois par semaine, ce qui fait que le prix se répercute assez rapidement, explique le directeur de l’Institut de l’énergie Trottier, Normand Mousseau.

Des barils de pétrole.

Des barils de pétrole.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Spéculation

La montée du prix du baril de pétrole n’est pas due à une pénurie de produits pétroliers, mais plutôt aux inquiétudes en ce qui concerne l’avenir. Un peu partout sur la planète, on craint l’imposition de sanctions contre l’industrie pétrolière russe.

C'est beaucoup de la spéculation pour le moment. La Russie est un gros producteur. Il y a des sanctions qui empêchent les technologies d'être exportées vers la Russie. Il pourrait y avoir des manques de pièces. C'est aussi une incertitude à savoir si on va imposer des sanctions sur le gaz et pétrole russe, a souligné Normand Mousseau en entrevue à l’émission Première Heure.

Des puits de pétrole au Texas.

Des puits de pétrole au Texas. (archives)

Photo : Reuters / Nick Oxford

Joueur majeur

L'Agence internationale de l'énergie a annoncé mardi que ses pays membres, dont le Canada, vont libérer 60 millions de barils de pétrole afin de limiter la hausse des coûts.

Toutefois, la Russie demeure le 3e producteur et le 2e exportateur d’hydrocarbures en importance au monde. Advenant une baisse de production de la part de l’industrie pétrolière russe, les autres pays producteurs ne suffiraient pas à la demande.

Une baisse majeure, ils ne seraient pas capables de répondre présentement. Ce qu'on voit, c'est que les pays producteurs de pétrole sont pas mal au maximum de leur capacité de production. Il y a des enjeux en Syrie, en Irak, des sanctions maintenues contre l'Iran, rappelle Normand Mousseau.

Vladimir Poutine devant la presse.

Vladimir Poutine, président de la Russie, lors de sa rencontre avec le premier ministre hongrois, le 1er février 2022 (archives)

Photo : Reuters

Levier pour la Russie

L’impact économique de nouvelles sanctions contre l’industrie pétrolière ou une baisse de production de la part de la Russie pourraient avoir des impacts économiques majeurs.

Si on appliquait des sanctions importantes, tout le monde en paierait un coût significatif dans un contexte où il y a déjà de l'inflation et des pénuries de produits à gauche et à droite, mentionne Normand Mousseau.

Le directeur de l’Institut de l’énergie Trottier soutient que la Russie pourrait être tentée de réduire sa production de gaz et de pétrole, en utilisant la pénurie comme levier pour réclamer la levée de certaines sanctions qui lui ont été imposées.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !