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Tamara Lich restera derrière les barreaux au minimum jusqu’à lundi

Un croquis de Tamara Lich.

Tamara Lich en était à sa deuxième tentative (archives).

Photo : Laurie Foster-MacLeod

Radio-Canada

Organisatrice et porte-parole du « convoi de la liberté », Tamara Lich, devra demeurer derrière les barreaux au minimum jusqu’à lundi. Le juge John Johnston a pris cette décision mercredi lors d'une audience de révision judiciaire.

Le juge a retenu les arguments de la Couronne qui soutenait que la défense n’a pas été capable de présenter de nouvelles preuves qui infirmeraient la décision de maintenir Mme Lich en prison.

Tamara Lich était de retour en cour une semaine après s’être fait refuser une demande de remise en liberté, le 22 février.

L’accusée, qui a été appréhendée il y a environ deux semaines, a de nouveau essayé d’être libérée sous certaines conditions en suggérant à la cour un nouveau garant.

Son mari, qui avait été proposé comme garant lors de la première audience sur remise en liberté, aurait fourni des garanties peu fiables et non crédibles, selon la juge Julie Bourgeois, de la Cour de l’Ontario, qui présidait la séance à l’époque.

Il y a une forte probabilité que, si vous êtes libérée, vous commettiez une infraction pénale, avait déclaré la juge lors de sa décision

Cette fois, l’avocate de Mme Lich, Diane Magas, a suggéré qu’un membre de la famille immédiate de Mme Lich soit nommé garant à la place de son mari. L’identité de cette personne ne peut pas être dévoilée, en raison d’un interdit de publication.

La Couronne, qui s’oppose fermement à la remise en liberté de Mme Lich, a tenté à plusieurs reprises de peindre ce membre de la famille comme une personne peu fiable.

Pourquoi n’avez-vous jamais dit à l’accusée que bloquer les rues était mal? a demandé le procureur, Moiz Karimjee. Est-ce parce que vous-même n’avez jamais pensé que c’était mal de faire ça? a-t-il insinué.

La personne a tenté tant bien que mal de faire comprendre à la cour le contexte gênant dans lequel elle se trouvait lors des manifestations. Elle dit avoir été fière de Mme Lich jusqu'au moment où cette dernière a enfreint la loi.

Bloquer les rues, c’est mal, mais manifester ne l’est pas!

Lui avez-vous demandé d’arrêter ce qu’elle faisait? a rétorqué Me Karimjee. Non, car je ne comprenais pas toute la situation, a répondu la personne.

Impartialité de la juge mise en doute

De son côté, la défense a tenté de discréditer la juge Julie Bourgeois, arguant que cette dernière avait été candidate pour le Parti libéral du Canada en 2011 dans la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell.

Tamara Lich, qui a été membre du Parti Maverick, une formation séparatiste de l’Ouest, a déclaré qu’elle aurait probablement demandé à la juge de se récuser, ayant su cette information.

Quand on regarde la décision qui a été rendue par la juge Bourgeois, on voit que c’est très personnel, a déclaré Me Diane Magas. La juge a utilisé le pronom nous à plus d’une reprise dans sa décision, en parlant de notre communauté, notre ville et notre service de police.

Cela soulève une crainte de partialité, a-t-elle soutenu, rappelant que la juge est originaire de la région d’Ottawa.

Le juge John Johnson n’a pas retenu cet argument dans sa décision, même s’il a demandé plusieurs précisions. Ce sont des allégations très sérieuses, s’est-il contenté de dire.

Le procureur de la Couronne a pour sa part rappelé que la même juge a accordé une libération sous caution à Chris Barber, un collègue et co-organisateur de la manifestation. Il n'y a aucun fondement dans cet argument, a-t-il décrié. La seule chose que cela révèle, c'est que le tribunal ne peut pas se fier à la parole de Mme Lich.

La défense a aussi soulevé que Tamara Lich ne possède pas de dossier criminel, qu’elle occupe un emploi stable et qu’elle a manifesté le désir de retourner à la maison, mais ces arguments sont restés sans effet.

Propulsée porte-parole du convoi de la liberté, Tamara Lich est l’un des visages les plus médiatisés de la manifestation des camionneurs qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa pendant plus de trois semaines.

Elle est aussi à l'origine d'une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe qui a recueilli plus de 10 millions de dollars en soutien aux manifestants et qui a, depuis, été suspendue.

Tamara Lich a été arrêtée dans la soirée du 17 février, près de la colline du Parlement. Elle a été accusée d'avoir encouragé d’autres personnes à commettre un méfait.

Si elle est reconnue coupable, l’Albertaine pourrait faire face à une longue peine d'emprisonnement.

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