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Le coût des engrais devrait continuer d’augmenter en raison de la guerre en Ukraine

Une main se sert dans un sac d'engrais.

Certains composants qu’on retrouve dans un sac comme celui-là sont produits en Russie et en Ukraine : du phosphore, de l’azote et de la potasse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La guerre en Ukraine pourrait avoir des répercussions sur le prix de l’engrais qu'utilisent les agriculteurs de l’Est-du-Québec. La Russie, comme l’Ukraine, sont de gros exportateurs d’engrais dans le monde. Les problèmes d'approvisionnement pourraient, en fin de compte, avoir un impact sur le portefeuille des consommateurs.

On se trouve à des niveaux de prix qui sont exceptionnellement très élevés, insiste Étienne Lafrance, agent d’informations sur les marchés pour les producteurs de grain du Québec.

La hausse du prix des engrais devrait continuer d’augmenter à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine. Si la Russie ne peut plus exporter à l’international, le jeu de l’offre et de la demande fera augmenter les engrais, explique le spécialiste.

Nathalie Landry suit depuis plusieurs mois l’escalade du conflit en Ukraine. Elle est copropriétaire de Meunerie Bernard Landry, fabricant d’aliments pour animaux et distributeur de semences et l’engrais, à Saint-Noël. Depuis l’été passé, on connaît des difficultés d’approvisionnement, mais ça s’est intensifié [dans les derniers mois avec le conflit] en Ukraine, confirme-t-elle.

Nathalie Landry est directrice générale de Meunerie Bernard Landry.

Nathalie Landry s'attend à des retards d'approvisionnement en engrais.

Photo : Radio-Canada

La Russie est un grand exportateur d’engrais azoté, phosphore et potassium qui servent à faire pousser les céréales et le foin. Ces produits peuvent être vendus pour la consommation humaine ou pour nourrir les animaux.

Selon l'évolution économique mondiale et les sanctions imposées à la Russie, l'incertitude plane en ce qui concerne l’approvisionnement des engrais. Si c’est le cas, les producteurs vont être contraints de réduire l’utilisation ou de revoir complètement leur plan de cultures, qui vont être moins exigeantes en besoins fertilisants, se résout à dire Nathalie Landry.

Une incertitude de plus, sur le dos des agriculteurs

Sylvie Lacoste a eu besoin d’engrais pour faire pousser ce foin qui sert à nourrir ses bêtes. Si je n’ai pas ce qu’il faut, comment je fais pour faire manger mes vaches?, s'interroge la productrice de Saint-Luc-de-Matane.

« On parle d'engrais, mais les bateaux qui partent, eux aussi, ils fonctionnent au pétrole pour s’en venir. Puis, est-ce que les délais vont être respectés? Est-ce qu’ils vont avoir droit, c’est l’incertitude. »

— Une citation de  Sylvie Lacoste, productrice de Saint-Luc-de-Matane

Pour l'agricultrice, c’est une nouvelle charge qui s’ajoute sur le dos des producteurs du milieu agricole. En raison de l'augmentation du prix de certains engrais l’an dernier, sa dernière facture annuelle d’engrais a doublé. On est passé de 700 $ à 1300 $ la tonne… Nos revenus ne suivent pas, dit-elle, découragée.

Sylvie Lacoste est agricultrice à Saint-Luc-de-Matane.

Sylvie Lacoste s'inquiète de l'approvisionnement d'engrais, elle en a besoin pour faire pousser le foin qui nourrit ses bêtes.

Photo : Radio-Canada

Le président de l’Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, rappelle également que les agriculteurs doivent composer cette année avec une forte hausse des primes d'assurance. Après la sécheresse observée au cours des dernières années, la caisse du fonds de la financière agricole doit être regarnie.

Au bout du compte, les répercussions concrètes pourraient être observées sur le prix des aliments à l'épicerie. Étienne Lafrance explique que les producteurs qui n’ont pas assuré leur approvisionnement en engrais pour 2022 risquent de subir une hausse importante de leur coût de production.

Le spécialiste croit que la guerre entre la Russie et l'Ukraine pourrait avoir des impacts sur plusieurs années. Le grain sert dans nos biens de consommation de tous les jours, dans la farine, le pain, le maïs que l'on donne aux animaux. C'est certain que ça aura des conséquences énormes pour le consommateur, conclut-il.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

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