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Envoyées spéciales

La peur et la honte poussent Ukrainiens et Russes à fuir leur pays en guerre

Des femmes tiennent leurs enfants dans leurs bras.

Des femmes ukrainiennes fuyant l'invasion de l'Ukraine par la Russie tiennent leurs enfants dans leurs bras à leur arrivée dans un camp temporaire à Przemysl, en Pologne.

Photo : Reuters / KAI PFAFFENBACH

Radio-Canada

Au huitième jour de l'invasion de l’Ukraine par l’armée russe et le déluge de feu qui s’abat sur eux, les Ukrainiens sont nombreux à fuir les bombardements pour se rendre en Pologne.

De part et d’autre de la frontière, nos envoyées spéciales Marie-Eve Bédard et Tamara Alteresco nous racontent le périple de femmes et d'enfants tentant de traverser la frontière en empruntant plusieurs routes congestionnées par des milliers de réfugiés. Des Russes, gagnés par un sentiment de honte, tentent de quitter eux aussi leur pays.

Marie-Eve Bédard, en Ukraine

Les Ukrainiens continuent, ce soir, de subir les assauts des forces russes. Une première ville est tombée aux mains des Russes, la ville portuaire de Kherson. Les troupes de Vladimir Poutine ont intensifié leurs attaques contre les principales villes ukrainiennes. Le reportage de Marie-Eve Bédard.

Mercredi, on a emprunté une route qu’on aurait pu faire en six heures. Il nous a fallu 15 heures pour faire ce trajet. Il y a des points de contrôle à la frontière de la Pologne, où des milliers de personnes attendent avec peu de bagages. Ils ont emporté avec eux le strict nécessaire après avoir quitté leur maison à la hâte.

Il leur a fallu plusieurs jours avant d’arriver à la frontière et de devoir patienter dans de longues files d’attente avec leurs enfants, certains avec leurs animaux de compagnie. Plusieurs pays limitrophes ont levé des restrictions pour leur faciliter le passage.

Une famille ukrainienne, fuyant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, arrive au poste-frontière de Shehyni pour entrer en Pologne.

Une famille ukrainienne, fuyant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, arrive au poste-frontière de Shehyni pour entrer en Pologne. Le père affirme que lui et sa famille sont sur la route depuis quatre jours.

Photo : Reuters / THOMAS PETER

Les réfugiés affluent nombreux par autobus et par train. Seuls les femmes et les enfants sont autorisés à quitter le pays. Des points de contrôle sont dressés à une dizaine de kilomètres avant la frontière, où les hommes doivent justifier leur présence. Il leur est juste permis de dire au revoir à leurs proches.

Ces hommes doivent rebrousser chemin pour contribuer aux efforts de résistance.

La ville de Kiev résiste toujours et les soldats russes peinent à avancer, notamment en raison de difficultés d’approvisionnement et des problèmes logistiques. Ailleurs, ils rencontrent sur leur chemin des Ukrainiens qui tentent de les empêcher d’avancer en fermant des routes et en entravant leur chemin vers certains centres stratégiques.

La situation est bien plus difficile à Kharkiv, continuellement bombardée. Les infrastructures civiles n’y sont pas épargnées. On y rapporte une vingtaine de morts. Les combats se poursuivent aussi près de la Crimée.

Tamara Alteresco, en Russie

En Russie, des gens manifestent contre la guerre, à leurs risques et périls, puisque ces rassemblements sont sévèrement réprimés. Aujourd'hui, ils sont des dizaines à avoir été arrêtés à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Un reportage de Tamara Alteresco.

Dans une gare de Saint-Pétersbourg, de nombreux Russes veulent quitter leur pays.

On est loin des mouvements de panique, mais ceux qui ont les moyens de partir et des visas pour des pays européens ne peuvent plus prendre l’avion, puisque l’espace aérien a été complètement fermé par l’Union européenne et les autorités russes.

Ils arrivent à la gare avec très peu de bagages dans l’espoir de se rendre soit en Estonie ou en Finlande. Peut-être espèrent-ils pouvoir revenir.

Ils se disent très affectés par la situation et demandent à ne pas être identifiés. Ils veulent fuir un pays qu’ils ne reconnaissent plus.

Des hommes et des femmes à l'entrée d'une gare en Russie.

Des Russes à la gare de Saint-Pétersbourg qui tentent de quitter leur pays par autobus et par train après la fermeture de l’espace aérien.

Photo : Radio-Canada

En Ukraine, on fuit les bombes, ici, on fuit un climat de censure, un pays isolé sur la scène internationale.

J’ai l’impression d’être une Allemande dans les années 40, nous a confié une dame qui peine à cacher sa douleur et sa honte.

Un jeune homme russe, qui est également citoyen américain, dit craindre d’être obligé de rejoindre les forces armées russes pour se battre en Ukraine.

Il y a beaucoup d’incertitude quant à la manière dont cette guerre va prendre fin.

Mardi, le Kremlin a débranché Écho de Moscou, considérée comme la seule radio indépendante de Russie et suivie par des millions d’auditeurs.

Le témoignage poignant de Sergueï Buntman, rédacteur en chef adjoint de la radio indépendante Écho de Moscou, censurée par le Kremlin.

Du jour au lendemain, il est devenu illégal de s’opposer à cette guerre en Russie. Ceux qui le font ouvertement s’exposent à des représailles et à des accusations de trahison.

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