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L’art de planter deux milliards d’arbres

Un pousse d'arbre grandit dans une serre.

Au Canada, entre 500 et 600 millions d'arbres sont plantés chaque année.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Depuis la promesse d'Ottawa de planter deux milliards d’arbres d’ici 2030, seul un petit nombre d'entre eux ont été mis en terre. La création d'écosystèmes qui capturent du carbone demande du temps et de l’expertise. Cet art est cependant bien maîtrisé en Colombie-Britannique, notamment grâce aux pépinières.

Des écosystèmes riches

L’objectif du projet n’est pas seulement de planter des arbres, nuance Anne-Hélène Mathey, directrice de la division des solutions climatiques naturelles en foresterie pour Ressources naturelles Canada : Le but, c'est vraiment de planter dans le respect des écosystèmes.

Grégory Paradis dans une forêt.

Une forêt qui capture du carbone est un écosystème complexe selon Grégory Paradis, professeur adjoint au département de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Pour créer des écosystèmes complexes qui contribuent à la séquestration du carbone et à la biodiversité, les résidents de ces forêts, comme les insectes, les mycorhizes et les animaux de la région, doivent être pris en compte. Il va falloir s'imaginer la forêt future que l’on souhaite, illustre Gregory Paradis, professeur adjoint au département des sciences forestières de l’Université de la Colombie-Britannique.

« On parle de gestion d'écosystèmes, qui sont des collections d'organismes bien plus que seulement des arbres. »

— Une citation de  Gregory Paradis, professeur adjoint en aménagement forestier, Université de la Colombie-Britannique

L'engagement de deux milliards d’arbres n’impressionne pas le professeur : Ça a l'air beaucoup à l'échelle humaine, mais à l'échelle des forêts canadiennes, ce n'est pas énorme, parce que c'est moins que 1 % d'augmentation de la superficie totale des forêts.

Une forêt avec des sapins de Douglas.

Il y a près de 400 millions d'hectares de forêt au Canada en ce moment, selon Gregory Paradis.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Les pépinières en grande demande

La régénération de forêts demande des semences locales qui sont bien adaptées à l'environnement.

Avant d'atteindre leur destination, ces graines doivent tout d’abord pousser en pépinière, pour augmenter leur chance de survie dans la nature.

La capacité pépinière actuelle au pays n’est pas suffisante pour répondre à la demande du gouvernement de planter deux milliards d’arbres, selon Anne-Hélène Mathey : Ça représente une augmentation à peu près de 40 %.

Ce genre de programme présente des possibilités de développement pour les pépinières, selon Martin Labelle, technicien en foresterie pour la pépinière PRT Growing Services.

La séquestration de carbone est une [occasion] économique, en ce sens que ça nous permet d'augmenter la capacité avec des contrats à long terme, explique-t-il, entouré de petits arbres en croissance.

Martin Labelle avec un petit arbre dans les mains.

«On fait ça parce que c'est notre passion de faire pousser des arbres. Puis ça devient un peu personnel. Les arbres, c'est un peu comme des enfants; on veut que les arbres soient en bonne santé, qu'ils aient une longue vie prospère», illustre Martin Labelle.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Cette solution naturelle pour lutter contre les changements climatiques permet de diversifier les espèces, avec des feuillus, notamment, qui sont un peu plus résistants aux feux de forêt. Elle permet également l'embauche de nouveaux travailleurs.

« On attire beaucoup de jeunes qui veulent faire une différence, avoir un emploi qui fait une différence sur l'environnement. »

— Une citation de  Martin Labelle, technicien en foresterie, PRT Growing Services

Martin Labelle travaille dans l’industrie forestière depuis près de 30 ans. S’occuper de la régénération des forêts est une passion pour le technicien. C'est un écosystème d'arbres appuyé par un écosystème de professionnels, lance-t-il.

Deux femmes trient les pousses d'arbres.

De trois à quatre semaines après avoir ensemencé les cavités, une équipe s'assure qu'il n'y a qu'une seule semence dans chaque espace. Chaque personne peut trier 3400 cavités par heure, selon Martin Labelle.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Où seront plantés ces arbres?

L’expertise en foresterie de la Colombie-Britannique est reconnue à Ottawa, qui a octroyé un tiers des projets de plantation de 2021 à la province.

C'est l’une des provinces au Canada qui plante déjà le plus d'arbres. Il y a beaucoup de pépinières, mais il n’y a pas juste des pépinières; il y a une expertise technique et opérationnelle qui est déjà bien en place, observe Anne-Hélène Mathey.

Un grand nombre de petits arbres.

Dans cette pépinière de Pitt Meadows, dans le Grand Vancouver, environ 20 millions d’arbres sont en croissance.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Les trois milliards de dollars investis par le gouvernement fédéral dans les projets de plantation ne couvrent que la moitié des coûts. Le programme est sur une base de partage de coûts avec les promoteurs de projets pour planter les arbres […], donc là où les arbres vont être plantés va en grande partie dépendre des propositions, révèle Anne-Hélène Mathey.

Ottawa entamera d’ici la fin du mois de mars une série de consultations avec les pépinières de partout au pays pour mieux comprendre leurs besoins. Ces dernières représentent l’un des maillons essentiels pour accomplir ce programme.

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