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La guerre en Ukraine sur le front de l’information

Le drapeau russe flottent devant le Kremlin à Moscou.

Les Russes savent que des combats éclatent de l’autre côté de la frontière, mais leur ampleur est minimisée par les médias de propagande.

Photo : AFP / ALEXANDER NEMENOV

Radio-Canada

Alors que la Russie poursuit son invasion de l’Ukraine pour une septième journée de combats, il est difficile pour les Russes d’obtenir l’heure juste sur la guerre qui se déroule à l’ouest de la frontière.

Notre collaboratrice Alexandra Szacka a fait l’exercice d’écouter les médias russes contrôlés par l’État.

Constat : on y présente des informations fallacieuses visant à discréditer la résistance et le président de l’Ukraine Volodymyr Zelenski, explique celle qui a été journaliste à l'antenne de Radio-Canada durant 30 ans.

D'autant plus que les sources d’informations alternatives à la propagande du Kremlin sont de plus en plus rares, le gouvernement russe bloquant l’accès aux médias indépendants. C’est le cas de la chaîne de télévision en ligne Dojd et de la station de radio Écho de Moscou, qui ont toutes les deux été interdites des ondes mardi.

Pour les médias contrôlés par l’État, le champ est libre pour étaler leur discours – hégémonique et irrévocable – aux téléspectateurs russes, évoque la chroniqueuse.

Une opération de sauvetage

La guerre en cours est présentée comme une action humanitaire pour libérer les Ukrainiens de leur gouvernement [et] de leur président qui est un nationaliste néonazi et drogué en plus, littéralement, explique Alexandra Szacka.

Les médias d'État russes répètent que leur armée offre sans cesse des corridors humanitaires, mais les nazis ukrainiens tiennent leur population en otage, et ne lui permettent pas de quitter les zones de combats, poursuit-elle.

Cette opération aux allures de sauvetage est mise à mal par un gouvernement ukrainien tyrannique soutenu par l’occident, rapportent les médias de propagande.

Selon la perspective présentée au public russe, le gouvernement ukrainien distribue des armes à des individus louches qui ensuite terrorisent la population, relate Alexandra Szacka.

Notre correspondante en Russie Tamara Alteresco s'est rendue pour sa part dans une gare d'autobus de Saint-Pétersbourg où les gens cherchent des moyens de quitter le pays. La crainte de devoir rejoindre l’armée russe persiste chez certains, même si ce scénario n’est pas prévu pour l’instant.

D’autres tentent de quitter le climat de censure de ce pays isolé sur la scène internationale, dit-elle.

Culture de désinformation

Les Russes savent que des combats éclatent de l’autre côté de la frontière, mais leur ampleur est minimisée par les médias de propagande.

« Il savent qu’une opération militaire est menée en Ukraine, mais le mot guerre est strictement et formellement interdit dans les médias russes, imaginez-vous. Alors on n'a pas le droit de l'utiliser. Ce qu’on utilise comme expression c’est "l’opération spéciale de dénazification et de démilitarisation de l’Ukraine". »

— Une citation de  Alexandra Szacka, chroniqueuse à Radio-Canada

L’emprise des autorités russes sur les médias est telle que deux jours après le début de l’invasion russe, un long article a été publié dans plusieurs journaux. Le titre était "Vladimir Poutine résout la question ukrainienne une fois pour toutes" [...] La doctrine de Vladimir Poutine est là : c’est la fin de la domination de l'Occident.

Les informations rapportées suggéraient que l’Ukraine avait rejoint, avec le Bélarus et la Russie, l’empire eurasiatique, une entité présentée sur un pied d’égalité avec les autres grandes alliances militaires internationales.

L’article a été retiré quelques jours après sa diffusion, concordant avec le ralentissement de l’incursion russe sur le territoire ukrainien.

Bien des Russes s'opposent au discours présenté par le Kremlin et à la guerre en Ukraine, mais ils sont aussitôt considérés comme des traîtres par la loi, une menace qui semble refroidir la contestation.

Avec les informations de BBC

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