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L’Assemblée générale de l’ONU condamne l’invasion de l’Ukraine

Vue d'ensemble sur l'Assemblée générale de l'ONU. Deux écrans géants affichent le résultat final du vote sur la résolution contre l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La 11e session spéciale d'urgence de l'Assemblée générale des Nations unies sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Photo : Reuters / CARLO ALLEGRI

Radio-Canada

Après deux jours de discours, les membres de l’Assemblée générale de l’ONU se sont prononcés sur un projet de résolution destinée à condamner la Russie pour l’invasion de l’Ukraine et lui demander un retrait « immédiat » de ses troupes.

141 pays ont voté en faveur de la résolution, 5 ont voté contre et 35 se sont abstenus.

La résolution exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine.

Les cinq pays ayant voté contre sont la Russie, le Bélarus, la Corée du Nord, l'Érythrée et la Syrie.

Le résultat a été salué par une salve d'applaudissements. La résolution, ponctuant plus de deux jours d'interventions à la tribune de l'ONU, réclame de Moscou qu'il retire immédiatement, complètement et sans condition toutes ses forces militaires d'Ukraine et condamne la décision de la Russie d'accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires.

Piloté par l'Union européenne en coordination avec l'Ukraine, le texte, qui bénéficiait d'une centaine de coparrainages, déplore également dans les termes les plus vifs l'agression de la Russie contre l'Ukraine et affirme son attachement à la souveraineté, l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale de ce pays, y compris de ses eaux territoriales.

Intitulée Agression contre l'Ukraine, la résolution appelle par ailleurs à accorder à l'aide humanitaire un accès sans entrave – sur fond de discussions ardues au Conseil de sécurité sur un projet franco-mexicain de résolution sur le même sujet – et déplore l'implication du Bélarus dans l'attaque de l'Ukraine.

L'ambassadeur de l'Ukraine à l'ONU, Sergiy Kyslytsya, avait dénoncé juste avant à la tribune de l'ONU un génocide en cours dans son pays, perpétré par la Russie, exhortant à l'action la communauté internationale pour ne pas rééditer ce qu'a fait Hitler.

Mardi soir, près de la moitié des 193 membres de l'Assemblée générale avaient signé en tant que coauteurs un projet de résolution qui a été soumis au vote dans la journée.

L’Occident et l’ONU ont accusé Moscou de violer l’article 2 de la Charte des Nations unies, intimant à ses membres de s’abstenir de menace et de recours à la force pour régler une crise. La Russie affirme de son côté exercer son droit à l’autodéfense, prévu par l’article 51 de la Charte.

Une voiture carbonisée au centre de la place centrale, entourée de débris de bombardements.

Il ne reste plus grand-chose de la place centrale de Kharkiv, la deuxième ville en importance d'Ukraine, après des bombardements russes.

Photo : Getty Images / AFP/SERGEY BOBOK

La résolution proposée au vote déplore dans les termes les plus vifs l’agression de la Russie contre l’Ukraine et affirme son attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris de ses eaux territoriales.

En plus de demander le retrait des soldats russes, le texte condamne la décision de la Russie d’accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires, une mention absente du texte présenté au Conseil de sécurité.

Pour être adoptée, la résolution pilotée par l’Union européenne en coordination avec Kiev dans le cadre de cette rare session extraordinaire d’urgence devait obtenir les deux tiers des votes pour et contre exprimés. Ce qui a été accompli.

Plus de 100 pays devaient prendre la parole avant le vote.

Force symbolique

Au sein de l’Assemblée générale, le droit de veto, privilège des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), n’existe pas. Ses résolutions ne sont pas contraignantes légalement comme celles du Conseil, mais elles revêtent une forte valeur politique selon le nombre de pays qui l’approuvent.

L'Assemblée presque unanime

Depuis lundi, l’Assemblée générale de l’ONU a montré une majorité écrasante de pays dénonçant le comportement de la Russie et réclamant l’arrêt des combats.

Tout au long de la session de l’Assemblée générale, de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique latine ont fait corps avec les États-Unis et l’Europe pour dénoncer l’invasion russe.

L’inquiétude semblait croître sur un effet domino si la Russie parvenait à s’emparer de l’Ukraine. Dans un tel cas, qui sera le prochain? a demandé l’Albanie.

Le monde arabe est resté en retrait, le Koweït, victime d’une invasion de l’Irak en 1990, sortant du lot pour dénoncer explicitement Moscou.

Pour le continent asiatique et la région du Pacifique, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont dénoncé les violations russes du droit international. Proche militairement de Moscou, l’Inde est restée précautionneuse, tandis que la Chine soulignait que le monde n’avait rien à gagner d’une nouvelle guerre froide.

Du côté de la Russie, sans surprise, la Syrie, le Nicaragua, Cuba et la Corée du Nord ont fustigé les Occidentaux qui ont, a affirmé Pyongyang, détruit la Libye, l’Irak et l’Afghanistan.

En 2014, une condamnation similaire de la Russie pour l’annexion de la Crimée, qui s’était faite sans effusion de sang à la différence de l’invasion actuelle, avait obtenu 100 voix pour, 11 contre, tandis que 58 pays s’étaient abstenus et que le reste des 193 membres n’avait pas participé au scrutin.

Nouvelle tentative au Conseil de sécurité

Vasily Nebenzya brandit un document.

L'ambassadeur russe aux Nations unies, Vasily Nebenzya, lors de la réunion du Conseil de sécurité concernant l'Ukraine, le 31 janvier 2022, à New York

Photo : Reuters / Andrew Kelly

Le texte adopté à l’Assemblée est inspiré d’une résolution rejetée la semaine dernière au Conseil de sécurité de l’ONU en raison d’un veto posé par la Russie qui a scandalisé les Occidentaux.

Pour tenter de sortir de l’impasse au Conseil de sécurité, la France projette avec le Mexique une résolution visant à protéger l’aide humanitaire. Attendue initialement mardi, sa mise au vote est désormais prévue en fin de semaine en raison de négociations ardues, y compris entre Paris et Washington, selon des diplomates.

La position de Moscou, qui pourrait y apposer une fois de plus un nouveau veto, reste inconnue.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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