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Un incendie empêche des Nunavummiut d’achever leur formation de pilote d’avion

Des flammes engloutissent un hangar.

Un incendie a détruit jeudi soir le hangar d'un aérodrome près de Belleville, en Ontario, où se trouvaient 13 avions servant à une trentaine d'étudiants autochtones en aviation, dont deux Nunavummiut.

Photo : Gracieuseté : Cathie Findlay

En raison d’un incendie qui a ravagé le hangar d’un aérodrome situé près de Belleville, en Ontario, deux Nunavummiut et deux Ténois ne peuvent terminer leur formation en aviation à l'Institut de technologie des Premières Nations, seul établissement postsecondaire au Canada formant des pilotes autochtones.

Le feu, qui s’est déclaré jeudi vers 23 h, a détruit le hangar de ce petit aéroport datant de la Seconde Guerre mondiale et situé sur le territoire mohawk de Tyendinaga, à une soixantaine de kilomètres de Kingston.

Les flammes ont emporté avec elles 13 avions, dont 11 monomoteurs, de même que l’équipement servant à leur entretien. Le Service des pompiers mohawk mène une enquête pour déterminer l'origine de l'incendie.

Former la prochaine génération de pilotes autochtones

Depuis 1989, l'Institut de technologie des Premières Nations offrait un programme de formation en aviation à des étudiants autochtones des quatre coins du pays, dont des Inuit du Nunavut, qui souhaitaient notamment devenir pilotes d’avion-cargo ou d’avion-ambulance.

Selon la présidente de l’établissement, Suzanne Brant, le programme répond à un besoin unique au pays en assurant des services de transport avec des communautés autochtones éloignées, qui dépendent de pilotes pour être approvisionnées en denrées et en fournitures médicales, entre autres. C’est fondamental pour l’emploi, mais aussi pour les ressources qui sont transportées vers et depuis les collectivités, dit-elle.

La façade extérieure d'un hangar.

Le bâtiment, qui datait de la Seconde Guerre mondiale, contenait 13 avions, soit 11 monomoteurs et 2 bimoteurs. (archives)

Photo : CBC / Jean-Francois Bisson

Formation mise sur la glace

Joseph Akulukjuk, originaire de Pangnirtung, est l’un des deux Nunavummiut touchés par l’incendie. Ce qui est arrivé est vraiment triste, mais je suis soulagé que personne n’ait été blessé, dit cet étudiant de troisième année.

Il se désole toutefois que sa formation soit à nouveau mise sur pause : Ça ajoute un délai supplémentaire avec ce qu’il se passe avec la COVID-19. J’étais déjà parti depuis un an, l’année dernière, et je venais tout juste de revenir.

Joseph Akulukjuk se tient devant un monomoteur, sur une piste d'atterrissage.

Joseph Akulukjuk, un étudiant de troisième année originaire de Pangnirtung, est l'un des 35 étudiants touchés par l'incendie.

Photo : Gracieuseté : Joseph Akulukjuk

La doyenne du programme d’aviation, Jo-Anne Tabobandung, explique que les cours pratiques sont pour le moment suspendus, mais que le volet théorique de la formation de même que le mentorat individuel sont maintenus.

« Ça affecte beaucoup de personnes [dont] de nombreux étudiants, des employés, des instructeurs de vols [et] des animateurs dévoués à la réussite des élèves. »

— Une citation de  Jo-Anne Tabobandung, doyenne du programme d’aviation

Elle ignore pour l’instant quand l’Institut sera en mesure de poursuivre l’entièreté de la formation pour les 35 étudiants. Nous ne voulons pas attendre que [le bâtiment] soit reconstruit pour que nos étudiants poursuivent leur formation, considérant qu’ils viennent de si loin et que la pandémie a déjà entraîné des délais, dit-elle.

Jo-Anne Tabobandung affirme que l’Institut tente d’obtenir de l’aide financière du gouvernement de l’Ontario, en plus de faire actuellement appel à des partenaires pour poursuivre ses formations aériennes pratiques dans d’autres aérodromes, comme à Kingston ou à Cornwall.

Avec des informations d'Eva Michael et de Michelle Allan

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