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Un motel transformé en studios d’artistes à Vancouver

Façade d'un motel avec portes, fenêtres et balcons, surmontée d'une enseigne au néon sur laquelle est écrit City Centre Motor Hotel.

Le City Centre Motor Hotel, destiné à être démoli, a été transformé en studios d'artistes.

Photo : Lyne Barnabé

Situé dans l’est de la ville de Vancouver, l’emblématique City Centre Motor Hotel a droit à une seconde – et dernière – vie avant sa démolition, prévue dans trois ans. Ses 75 chambres ont récemment été transformées en studios de travail qu'occupent, depuis janvier, une centaine d'artistes.

Ce projet m’enchante! s’exclame David Duprey, l’homme derrière la transformation du motel.

David Duprey.

David Duprey, le créateur du projet

Photo : Lyne Barnabé

Cet entrepreneur de Vancouver, qui fait partie du Narrow Group (propriétaire des restaurants The Narrow et Uncle Abes, entre autres établissements), se donne comme mission, depuis une quinzaine d’années, de transformer en studios d’artistes abordables des espaces négligés ou sur le point d’être démolis.

Son plus récent projet? Le coloré City Centre Motor Hotel de la rue Main, près de la 6e Avenue, dans le vibrant quartier Mount Pleasant de Vancouver.

Façade d'un motel avec une enseigne sur laquelle est écrit City Centre Motor Hotel.

Le City Centre Motor Hotel est un lieu emblématique de la rue Main, à Vancouver.

Photo : Lyne Barnabé

Construit dans les années 50, ce motel a récemment été acheté par Nicola Wealth Management, qui le détruira pour faire place à une nouvelle tour d'habitation. Après avoir lu la nouvelle dans un quotidien vancouvérois, David Duprey s’est empressé de téléphoner à l'entreprise immobilière.

« Je leur ai expliqué que je voulais transformer le lieu en studios d'artistes d’ici à sa démolition. À ma grande surprise, ils ont aimé l’idée! »

— Une citation de  David Duprey, entrepreneur et concepteur du projet de transformation du motel
Façade d'un motel des années 50 avec porte d'entrée et escalier.

L'ancienne réception du motel deviendra un comptoir d'information pour le Festival des murales à l'été.

Photo : Lyne Barnabé

David Duprey a immédiatement demandé à son ami Adrian Sinclair, directeur de l'engagement communautaire au Festival des murales de Vancouver (Vancouver Mural Festival), s'il souhaitait se joindre à l’aventure. Ce dernier a tout de suite accepté.

Nous y avons vu l’occasion de non seulement créer des murales sur le site, mais aussi d'approfondir notre implication au sein de la communauté artistique du quartier, explique Adrian Sinclair. Car de nombreux artistes habitent Mount Pleasant.

L’équipe a ainsi signé un bail de 10 ans avec une clause permettant au promoteur immobilier d’y mettre fin après trois ans pour permettre la démolition du bâtiment.

Un studio dans lequel se trouvent divers meubles dont deux chaises de barbier.

Aperçu d'un des studios d'artistes du City Centre Motor Hotel

Photo : Lyne Barnabé

De chambre à studio en un coup de pinceau

David Duprey admet que, contrairement à ses autres projets de conversion d’espaces, celui-ci en était un qui était plus simple.

Habituellement, je loue des bâtiments qui sont délabrés. Je dois construire des murs, installer des détecteurs de fumée et de l'éclairage, précise-t-il. Mais, dans le cas de ce motel, tout était en place; on a eu qu’à tout nettoyer en profondeur.

Salle de bain avec toilette et baignoire.

Chaque studio est équipé d'une salle de bain privée.

Photo : Lyne Barnabé

Les 75 studios, qui se sont loués en un mois et demi, sont occupés par une centaine d’artistes, surtout issus des arts visuels et manuels. Nombreux sont ceux qui partagent leur espace avec d’autres artisans afin de réduire les coûts.

Les artistes ont bénéficié d’un mois gratuit afin d’aménager leur espace de travail, qui ne peut être habité.

Un jeune homme, flanqué de son chien, est assis devant un ordinateur dans son studio d'artistes.

Le photographe Felix Rapp dans le studio qu'il est en train d'aménager.

Photo : Lyne Barnabé

Cette chambre a visiblement été utilisée par des fumeurs! explique le photographe Felix Rapp, qui vient tout juste d’emménager dans son studio. On a dû mettre plusieurs couches de peinture pour enlever l’odeur de la cigarette.

Chaque studio a sa propre salle de bain, un système de chauffage et d'air climatisé ainsi qu’une fenêtre, ce qu’apprécie Felix Rapp.

C’est rare d’avoir une fenêtre. La plupart des studios sont refermés sur eux-mêmes. Ici, on a un accès vers l’extérieur; on peut plus facilement rencontrer les gens. Ça donne un sentiment de communauté, souligne-t-il.

Scott, du studio xfield – qui se spécialise dans la fabrication d’objets domestiques en bois et en métal –, se réjouit d’occuper cet espace.

C’est très confortable, et la communauté est sympa. C’est déjà très animé, avoue-t-il. Et c’est abordable, aussi.

Ces studios d’environ 75 mètres carrés se louent de 500 à 600 $ par mois. À titre comparatif, un tel espace à Vancouver coûte en moyenne de 800 à 1000 $ par mois.

Balcon d'un motel avec fenêtres et portes.

Le motel, qui compte 75 studios, est dorénavant occupé par une centaine d'artistes.

Photo : Lyne Barnabé

« Je ne veux pas que le loyer soit un poids pour les artistes. »

— Une citation de  David Duprey, entrepreneur et concepteur du projet de conversion du motel

David Duprey explique que bon nombre d’artistes qui occupent cet ancien motel débutent dans le domaine et que ce loyer abordable leur permet de prendre le temps de développer leur art et leur carrière.

Un espace d'atelier avec divers outils pour travailler le bois et le métal.

L'espace du studio xfield de Scott est déjà fonctionnel.

Photo : Lyne Barnabé

Le prix abordable du loyer m’a permis de faire le grand saut, affirme Scott, qui vient de démarrer son entreprise. De plus, le fait que le bail soit à court terme, on n’a pas besoin d'investir beaucoup d’argent d’un coup pour la location. Ça aide.

Adrian Sinclair renchérit en expliquant que, pour créer, les artistes ont besoin d’un endroit stable, de se sentir en sécurité. Ce projet nous permet d’aborder la crise du logement abordable à Vancouver, dit-il.

La diversité et le plaisir avant tout

Pour les organisateurs du Festival des murales de Vancouver, ce projet du City Centre Motor Hotel est plus qu’un projet de murales.

Nous avons voulu nous assurer que les communautés marginalisées sont desservies, telles les minorités visibles et la communauté LGBTQIA+. Nous voulons faire place à la diversité dans ce projet, dit Adrian Sinclair, dont l’équipe s’est chargée du recrutement des artistes.

Une peinture de chat placée dans une fenêtre à côté de laquelle est inscrit "Safe Space".

Fenêtre d'un des studios d'artistes du City Centre Motor Hotel

Photo : Lyne Barnabé

Cette même équipe a en tête de non seulement recouvrir de murales les murs du bâtiment, mais aussi, dès juin, de transformer le stationnement du motel en un dynamique lieu public.

Nous aurons des tables à pique-nique, de la musique, un marché, précise Adrian Sinclair. On veut créer un lieu de rencontre sécuritaire en temps de COVID.

David Duprey se réjouit de la transformation à venir de l'endroit.

J’espère qu’il y aura une explosion de plaisir à Vancouver grâce à ce lieu! lance David Duprey.

Le fait qu’on ait une limite dans le temps sur le bail nous pousse à dire : "faisons la fête maintenant, rêvons grand maintenant, parce que tout ça va bientôt disparaître", conclut-il.

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