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Nouvelle flambée du pétrole face à la menace de sanctions additionnelles contre Moscou

Prenant acte de la situation, l'Agence internationale de l'énergie annonce mardi que ses pays membres, dont le Canada, vont libérer 60 millions de barils de pétrole tirés de leurs réserves d'urgence.

Des barils de pétrole.

Le baril de pétrole se vendait mardi aux alentours de 100 $ US.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Agence France-Presse

Le prix du baril de pétrole de WTI américain s'est embrasé mardi jusqu'à plus de 10 %, et celui du Brent, la référence européenne de l'or noir, à plus de 9 %, propulsés par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales contre Moscou, de plus en plus nombreuses et sévères.

Les deux références de l'or noir ont ainsi atteint mardi de nouveaux sommets qui n'étaient plus vus depuis 2014, à 106,29 $ le baril pour le West Texas Intermediate (WTI), et à 107,44 $ pour le Brent.

La guerre en Ukraine s'envenime et les hostilités entre l'Occident et la Russie s'intensifient, souligne Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb, entraînant un risque élevé de perturbations de l'approvisionnement en brut et en gaz naturel.

La Russie est le deuxième exportateur de pétrole brut en importance au monde et représente plus de 40 % des importations annuelles de gaz naturel de l'Union européenne.

« La question des sanctions directes sur les exportations de pétrole et de gaz de la Russie est une question de temps et non de probabilité. »

— Une citation de  Neil Wilson, analyste pour Markets.com

Nous allons à coup sûr prendre de nouvelles sanctions contre la Russie, a prévenu mardi le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré lundi que le Canada allait interdire toute importation de pétrole brut russe, bien que celles-ci soient très limitées en comparaison avec l'appétit de l'Europe pour le brut et le gaz naturel russe.

Par ailleurs, le monde des affaires construit une forteresse pour isoler la Russie de la communauté internationale, commente Susannah Streeter, analyste pour Hargreaves Lansdown. Les entreprises du monde entier répondent à la Russie en gelant les transactions avec Moscou et en abandonnant des investissements financiers valant des milliards, poursuit-elle.

Le géant britannique des hydrocarbures Shell a annoncé lundi se séparer de ses parts dans plusieurs projets communs avec le groupe russe Gazprom en Russie, en raison de l'invasion russe en Ukraine, suivant l'exemple de son compatriote BP qui se désengage du géant russe Rosneft.

Le français TotalEnergies a quant à lui annoncé mardi qu'il n'apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie.

Maersk, géant danois du transport maritime, a annoncé mardi la suspension des nouvelles commandes depuis et à destination des ports russes, hors denrées alimentaires, médicales et humanitaires.

De quoi engendrer une perturbation des expéditions en provenance de Russie avec des annulations de réservations de cargaisons, avec pour conséquence une augmentation des prix de l'énergie à court terme, sans que la Russie ne ferme les robinets, ajoute Susannah Streeter.

Les pays occidentaux ont également décidé d'exclure de grandes banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT, rouage essentiel de la finance mondiale, a annoncé samedi le gouvernement allemand.

Moscou tente de son côté d'enrayer les sanctions économiques et prépare un décret pour freiner l'hémorragie d'investissements étrangers qui a commencé depuis l'annonce des sanctions contre Moscou, selon le premier ministre Mikhaïl Michoustine.

« Les craintes que la Russie ne riposte en utilisant ses exportations d'énergie comme une arme maintiennent les prix du pétrole et du gaz à un niveau élevé. »

— Une citation de  Susannah Streeter, analyste pour Hargreaves Lansdown

Des sanctions de représailles de la Russie contre l'Occident semblent probables, affirme également Bjarne Schieldrop, confirmant le sentiment sur le marché.

L'AIE libère 60 millions de barils en urgence

Prenant acte de la situation, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé mardi que ses pays membres allaient libérer 60 millions de barils de pétrole tirés de leurs réserves d'urgence pour stabiliser le marché après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Cette décision doit envoyer un message uni et fort aux marchés pétroliers mondiaux sur le fait qu'il n'y aura pas de pénurie d'offres résultant de l'invasion russe en Ukraine, écrit l'AIE dans un communiqué.

L'AIE, basée à Paris, a été fondée en 1974 pour assurer la sécurité d'approvisionnement de pays développés à la suite du choc pétrolier, une mission qui s'est depuis élargie. Elle compte 31 membres, dont les États-Unis, le Canada, le Japon et de nombreux pays européens.

Chaque pays a l'obligation de détenir des réserves pétrolières d'urgence équivalentes à 90 jours d'importations. En cas de problème d'approvisionnement, ils peuvent décider de libérer ces stocks sur le marché dans le cadre d'une action coordonnée.

Les pays membres disposent au total de 1,5 milliard de barils. L'annonce de mardi porte sur l'équivalent de 4 % de ces réserves, soit 2 millions de barils par jour pendant 30 jours.

Ce type d'intervention des pays de l'AIE a déjà eu lieu à trois reprises dans le passé : à l'approche de la guerre du Golfe en 1991, après la destruction d'installations pétrolières par des ouragans dans le golfe du Mexique en 2005 et lors des perturbations de l'approvisionnement causées par la guerre civile libyenne en 2011.

L'AIE indique qu'elle continuera de surveiller les marchés pétroliers et recommandera, si nécessaire, à ses pays membres l'utilisation de quantités additionnelles de pétrole issues des réserves d'urgence.

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