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Ukraine : « C’est le moment de dire à Poutine que ça va trop loin », juge Bob Rae

Bob Rae sur la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU.

Écoutez l'entrevue de l'ambassadeur canadien à l'ONU, Bob Rae, sur les ondes d'ICI RDI.

Photo : Associated Press / John Minchillo

Radio-Canada

Au quatrième jour de l'offensive russe en Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté d'entrer en pourparlers sans préconditions avec la Russie.

Cette annonce intervient après une médiation avec le Bélarus et une nouvelle menace nucléaire du président russe Vladimir Poutine contre l'Occident.

Véronique Darveau s'est entretenue avec Bob Rae, ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, samedi après-midi sur ICI RDI.

Q. Monsieur Rae, que pensez-vous du ton et des nouvelles sanctions de l’Union européenne?

R. Elles sont très importantes. Ça montre jusqu’à quel point le monde autour de la Russie est complètement d’accord pour essayer d’isoler le régime de monsieur Poutine et le régime de monsieur Loukachenko au Bélarus. Ils [les Européens, NDLR] ont pris des mesures très importantes, y compris le fait qu’ils vont financer l’exportation des armes militaires à l’Ukraine. On voit partout que ce n’est pas seulement les discours, c’est l’action qui sort de ces discours, et c’est impressionnant.

« C'est une période très difficile et toujours très, très dangereuse pour la population ukrainienne et pour la sécurité mondiale. »

— Une citation de  Bob Rae, ambassadeur du Canada à l'ONU

Q. Qu'est-ce qui peut ressortir des discussions entre Kiev et Moscou?

R. Je pense que tous les experts doivent montrer une certaine humilité devant les événements. On doit reconnaître qu’on a vu des changements énormes dans la politique des Allemands, dans la résilience de la population ukrainienne, de la capacité de l’armée ukrainienne. Il y a bien des choses qui ont été sous-estimées par les experts, alors je préfère attendre la direction de ces discussions avant de répondre. Mais nous sommes dans une période très difficile et toujours très, très dangereuse pour la population ukrainienne et pour la sécurité mondiale.

« On travaille jour et nuit à New York, présentement. »

— Une citation de  Bob Rae, ambassadeur du Canada à l'ONU

Q. On dit qu’il y a plus de 300 000 personnes qui ont fui l’Ukraine. Il pourrait y avoir jusqu’à 4 millions de déplacés; qu’est-ce que l’ONU entend faire?

R. Nos partenaires dans l’est de l’Europe sont prêts à faire tout ce qui est possible pour aider les gens. Les Européens vont aider aussi et le Canada sera là avec l’ONU, parce que l’organisation humanitaire des Nations unies est en train de faire son travail à l’intérieur de l’Ukraine et aussi en Moldavie et en Géorgie autant que tous les autres pays de l’est de l’Europe. C’est un gros travail à faire. On a des réunions d’experts chaque jour. On travaille jour et nuit à New York présentement.

« C’est le moment pour l’élite politique, militaire et commerciale de la Russie de parler directement avec leur chef. De lui dire : "Écoute, ça va trop loin". »

— Une citation de  Bob Rae, ambassadeur du Canada à l'ONU

Des exigences russes inacceptables

Q. Pensez-vous qu’une sortie de crise en passant par la voie diplomatique, plutôt que celle des armes, est possible?

R. Ça dépend beaucoup des exigences des Russes, parce que la position du président Poutine est absolument inacceptable. Dans la médiation, on part toujours de la zone d’accord, la zone où on peut trouver un accord important. Et jusqu’ici, les choses que dit monsieur Poutine et les choses que dit son ministre des Affaires étrangères M. Lavrov vont bien au-delà de la possibilité. Il n'y a pas de possibilité que les Ukrainiens ou même nous puissions être d’accord avec l’insistance de la position de monsieur Poutine. [...] Il n’accepte pas l’intégrité territoriale de l’Ukraine, il n'accepte pas l’autonomie, la liberté, la personnalité de l’État ukrainien. Ce n’est pas facile, mais les choses peuvent changer. Il faut presser encore et encore.

Les sanctions, un impact psychologique profond

Q. Des pourparlers qui surviennent alors que la Russie continue d'envahir l'Ukraine et que Vladimir Poutine a brandi la menace nucléaire. Que doit-on en comprendre?

R. C’est un homme isolé. C’est un homme qui est en danger de mettre son propre pays sur une voie qui ne va pas marcher. Je crois que c’est le moment pour l’élite politique, militaire et commerciale de la Russie de parler directement avec leur chef. De lui dire : « Écoute, ça va trop loin et ça va causer de la souffrance non seulement à nos voisins, mais à nous-mêmes ». Nous verrons [lundi] le commencement de l’impact réel des sanctions qui ont été imposées par tous. Je pense que ça aura un impact psychologique profond sur la population russe et je crois que ça va nous aider à persuader monsieur Poutine que, où il est maintenant, c’est une place qui ne va jamais marcher pour lui, jamais marcher pour l’avenir de son pays et naturellement pour l’avenir de toute la région.

Toute la pression possible sur la Russie

Q. Est-ce que la Russie a encore sa place à l'ONU après avoir mis son veto sur une résolution qui l'impliquait?

R. Du point de vue moral, c’est complètement inacceptable. [...] Il faut regarder la question des possibilités politiques de faire ce que nous voudrions faire. Je concentre mes efforts sur la question qui est devant nous maintenant et qui est la question essentielle, c’est d’essayer de faire tout en son possible pour mettre toute la pression possible sur la Russie et sur monsieur Poutine et sur monsieur Loukachenko pour qu’ils changent la route où ils sont maintenant, parce qu'elle est bien trop dangereuse non seulement pour nous, mais aussi pour eux.

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