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La chaîne de propagande russe RT dans le viseur d’Ottawa

Un plateau télévisé de la chaîne RT.

Mise en service en 2005 sous le nom de « Russia Today », RT, financée par l'État russe, est régulièrement accusée en Occident de contribuer à la désinformation.

Photo : AFP / Yuri Kadobnov URI KADOBNOV

Radio-Canada

Le Canada évalue la possibilité de retirer la licence de diffusion de la chaîne de propagande russe RT (ex-Russia Today).

Cette chaîne diffusée dans plusieurs pays est accusée par plusieurs de faire de la désinformation et de servir de porte-voix du Kremlin sur l'invasion en Ukraine.

Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, a indiqué sur Twitter qu'il partageait les préoccupations de nombreux Canadiens quant à la présence de Russia Today dans notre système de radiodiffusion et que toutes les options étaient explorées.

La cheffe intérimaire du Parti conservateur du Canada (PCC), Candice Bergen, en avait fait la demande plus tôt dans la journée sur Twitter, samedi. Le retrait de la licence de la chaîne RT faisait partie d'une série de sanctions additionnelles demandées par le PCC.

Le Cabinet doit immédiatement demander au CRTC de classer la chaîne de télévision russe RT comme étant une chaîne de propagande d’État et révoquer son droit de diffuser, a pour sa part déclaré l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, dans une lettre ouverte publiée par les Coops de l'information.

La chaîne de télévision RT, anciennement Russia Today, possède une licence de diffusion au Canada depuis 2009.

Du côté de Bell Canada, on n'a pas attendu une décision d'Ottawa sur la question. Une porte-parole de l'entreprise de télécommunications a confirmé à Radio-Canada que RT n'était plus disponible sur les chaînes de Bell depuis le dimanche 27 février.

Rogers Communications emboîte le pas et indique que RT ne fera plus partie de son offre de chaînes à compter du lundi 28 février. Elle sera remplacée par la diffusion du drapeau ukrainien, a affirmé Pablo Rodiguez sur Twitter.

Toujours sur Twitter, le ministre du Patrimoine a salué la décision des deux entreprises et a affirmé que RT était l'organe de propagande du régime Poutine. Ça n’a pas sa place ici. J’en dirai plus très bientôt, a-t-il conclu.

Un faux problème, selon un expert

Selon Patrick White, professeur de journalisme à l’École des médias de l’UQAM, cette chaîne de télévision a peu d’impact au pays, puisqu’elle compte très peu d’abonnés, a-t-il affirmé en entrevue à ICI RDI. C’est surtout sur Internet qu’elle a de l'influence, dit-il.

« Je pense que RT à la télé est peu ou pas écoutée au Canada, donc ça semble être un faux problème. L’enjeu, c’est la désinformation extrêmement massive produite par RT un peu partout dans le monde pour déstabiliser des élections, par exemple. L’automne dernier, en Allemagne, le média qui a eu le plus de portée et d’impact [sur Facebook] durant toute la campagne, c’est RT. Et ça, c’est absolument anormal. »

— Une citation de  Patrick White, professeur de journalisme à l’École des médias de l’UQAM

Réaction de L'UE et des géants du web

Par ailleurs, les médias d'État russes RT et Sputnik seront bannis du territoire européen pour les empêcher de diffuser leurs mensonges sur la guerre menée par Moscou en Ukraine, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« Nous allons interdire dans l'UE la machine médiatique du Kremlin. Les médias d'État Russia Today et Sputnik, ainsi que leurs filiales, ne pourront plus diffuser leurs mensonges pour justifier la guerre de Poutine et pour semer la division dans notre Union. Nous développons donc des outils pour interdire leur désinformation toxique et nuisible en Europe. »

— Une citation de  Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

L'Alliance européenne des agences de presse (EANA) a annoncé la suspension immédiate de l'agence russe TASS en réponse à la nouvelle réglementation appliquée par le gouvernement russe qui restreint fortement la liberté des médias. L'exclusion complète de l'agence russe sera étudiée prochainement lors d'une assemblée générale.

La maison mère de Facebook a annoncé samedi avoir empêché les médias d'État russes de gagner de l'argent sur sa plateforme. Plus tard dans la journée, YouTube et sa maison mère Google ont aussi suspendu la monétisation de la chaîne de RT, où sont diffusés plusieurs reportages.

Le fondateur de l'application de messagerie Telegram, Pavel Durov, a fait volte-face dimanche en affirmant que son entreprise ne pensait plus limiter l'accès à certaines chaînes si la situation en Ukraine escaladait, comme il l'avait affirmé plus tôt dans la journée.

Il a demandé aux utilisateurs d'être vigilants à propos de ce qu'ils lisaient sur l'application, puisque ses chaînes étaient de plus en plus la source d'informations non vérifiées.

Au moins cinq journalistes ou correspondants de RT ont remis leur démission dans les derniers jours en réaction à la décision de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine.

Avec les informations de Marie Isabelle Rochon, de l'Agence France-Presse et de Reuters

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