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L’Ukraine tient bon, pour l’instant

Kiev rapporte la mort de 352 civils, dont 14 enfants, depuis le début de l'invasion russe.

Des soldats à un point de contrôle.

Le récit d'Olivier Bachand

Photo : Reuters / VIACHESLAV RATYNSKYI

Radio-Canada

L'Ukraine, contre toute attente, continue de tenir tête à la deuxième puissance militaire mondiale. Kiev et Kharkiv, les deux principales villes du pays, ont résisté, dimanche. Mais des infrastructures énergétiques ukrainiennes ont été touchées par les combats. Et le plus gros avion du monde a été détruit. Compte rendu d'une quatrième journée de guerre.


À Kiev la journée a été calme après des affrontements durant la nuit avec des groupes subversifs, selon le bureau du maire, Vitali Klitschko. Les autorités affirment que des saboteurs, parfois déguisés en militaires, en ambulanciers ou en civils, cherchent à faciliter les opérations de l’armée russe.

Pour le moment, la capitale demeure sous contrôle ukrainien. Mais des images satellites ont montré dimanche un important déploiement de forces terrestres russes, notamment des chars, se déplacer en direction de Kiev à une distance d'environ 64 km, d'après la société américaine Maxar.

L'animateur de « Tout le monde en parle », Guy A. Lepage, fait le point avec Marie-Ève Bédard et Tamara Alteresco.

Les forces ukrainiennes ont également repoussé une attaque russe à Kharkiv, ont déclaré les autorités de la deuxième ville du pays.

Cependant, des infrastructures pétrolières et gazières ukrainiennes ont été touchées par les combats. Un gazoduc a explosé près de Kharkiv et un dépôt pétrolier de Vassilkiv, au sud-ouest de Kiev, est en feu après un tir de missile russe, selon le maire Klitschko.

Le plus gros avion du monde, le cargo Antonov-225 ukrainien, a également été détruit par des frappes russes, a annoncé dimanche le groupe d'État Ukroboronprom.

Les envahisseurs russes ont détruit le fleuron de l'aviation ukrainienne, l'An-225, à l'aéroport Antonov à Gostomel, où l'appareil subissait des réparations, a indiqué le groupe dans un communiqué.

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Olekseï Arestovitch, a déclaré que la situation n'avait guère changé sur le terrain, que les troupes ukrainiennes continuaient à contrôler le territoire à l'ouest de Kiev et que les troupes russes n'avaient guère progressé dans le sud du pays.

Le discours du Kremlin est tout autre : l'armée russe a complètement bloqué les villes de Kherson et Berdyansk, près de la Crimée, et s'est emparée de la ville de Henitchesk et d'un aéroport près de Kherson, a déclaré le ministère russe de la Défense, cité par l'agence RIA.

Moscou revendique également des gains territoriaux pour les séparatistes prorusses de l'est du pays.

Jusqu'ici, au moins 352 civils, dont 14 enfants, sont morts côté ukrainien et 1684 personnes ont été blessées, a déclaré le ministère ukrainien de la Santé.

La vice-ministre ukrainienne de la Défense a déclaré que la Russie avait perdu quelque 4300 hommes depuis le début de son offensive, ajoutant que ce chiffre faisait encore l'objet de vérifications. Elle a ajouté sur sa page Facebook que l'armée russe avait perdu 146 chars, 27 avions et 26 hélicoptères.

Correctif

Dans une version précédente de ce texte, Radio-Canada rapportait que le maire de Kiev avait déclaré, lors d'une entrevue avec l'Associated Press, que la capitale ukrainienne était encerclée. Des vérifications auprès d'intervenants sur place à Kiev nous ont cependant permis de conclure que cette affirmation n'était pas avérée. Le ministère ukrainien de la Défense a aussi démenti cette information.

Le Kremlin a pour la première fois dimanche reconnu des pertes humaines, sans les chiffrer. Des soldats russes ont été tués et blessés, a-t-il admis. Mais ces pertes sont bien moindres que celles subies par l'Ukraine, a-t-il précisé dans des propos rapportés par l'agence de presse Interfax.

Le président Vladimir Poutine a salué le comportement des forces spéciales russes qui ont accompli héroïquement leur devoir militaire en Ukraine, dans une allocution télévisée.

Il a aussi a ordonné mise en alerte des forces de dissuasion de l'armée russe – qui comportent un volet nucléaire – invoquant des sanctions illégitimes prises contre Moscou par les Occidentaux et des déclarations belliqueuses de l'OTAN. Washington et l'Alliance ont condamné cette décision.

De son côté, l'Union européenne a avancé 450 millions d'euros pour financer l'achat et la livraison d'armes à l'Ukraine et ordonné la fermeture de son espace aérien aux avions russes.

De plus, l'UE a annoncé dimanche soir avoir l'intention de fournir des avions de combat aux forces ukrainiennes.

Kiev a dit avoir besoin d'avions que les Ukrainiens peuvent piloter et certains États membres disposent de ce genre d'avions, a expliqué son haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell.

La coalition antiguerre en action!, s'est félicité sur Twitter le président ukrainien Volodymyr Zelensky, après s'être entretenu avec Boris Johnson et le président polonais Andrzej Duda.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté d'entrer en pourparlers avec la Russie, bien qu'il dise mitiger ses attentes à l'égard d'un résultat.

Photo : Bureau de la présidence ukrainienne via Reuters

Concernant les hypothétiques pourparlers, la présidence ukrainienne n'en a pas précisé la date, la Russie affirmant initialement qu'ils auraient lieu dès dimanche.

Selon Kiev, la rencontre devait avoir lieu à la frontière ukraino-bélarusse, dans la région de la rivière Pripiat, près de Tchernobyl. Moscou a évoqué la région de Gomel, de l'autre côté de la frontière du Bélarus, pays qui sert de base arrière pour ses militaires.

Je ne crois pas trop à un résultat, mais il faut qu'on essaie, a déclaré Volodymyr Zelensky dans une vidéo.

Sur le terrain, le flot de réfugiés fuyant l'Ukraine enfle. Depuis jeudi, quelque 368 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et leur nombre continue à augmenter, a annoncé le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. L'UE a dit s'attendre à plus de 7 millions de personnes déplacées.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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