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Les pays occidentaux durcissent leurs sanctions contre des banques russes

Ces nouvelles mesures financières contre Moscou ciblent notamment la plateforme SWIFT. Elles ont été adoptées par le Canada, les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la Commission européenne.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, entourée des premiers ministres danois, grec et portugais.

Photo : Associated Press / Olivier Hoslet

Radio-Canada

La violence de l'intervention russe en Ukraine a mené samedi les Occidentaux à s'entendre sur un nouveau train de sanctions contre Moscou, visant entre autres à exclure de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT, rouage essentiel de la finance mondiale, a annoncé le gouvernement allemand, qui préside actuellement le forum du G7.

Le communiqué dévoilant ces nouvelles sanctions a été appuyé par les États-Unis, le Canada, la Commission européenne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne. Ces deux derniers pays dépendants du gaz russe étaient jusque-là réticents à de telles représailles financières.

Nous remercions nos amis pour leur engagement à exclure certaines banques russes du réseau interbancaire SWIFT, a salué sur Twitter le premier ministre ukrainien, Denys Shmygal.

Les sanctions seront appliquées dans les prochains jours, ont déclaré les signataires. Elles prévoient également la fin des passeports dorés délivrés aux riches ressortissants russes et à leurs familles.

Les partenaires occidentaux ont décidé de restreindre encore davantage l'accès de la banque centrale russe aux marchés des capitaux, afin rendre plus difficiles ses tentatives pour soutenir le cours du rouble, en recul à la suite de la guerre en Ukraine.

L'objectif est de geler les transactions financières de l'institution et donc de rendre impossible la liquidation de ses actifs, a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une allocution vidéo après une réunion avec les dirigeants américains, français, allemands et italiens.

Concrètement, ces mesures visent à empêcher Vladimir Poutine d'utiliser les 630 milliards de dollars (environ 800 milliards de dollars canadiens) de réserves en devises de la banque centrale pour envahir l'Ukraine et défendre le rouble.

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« Cela entraînera leur déconnexion du système financier international. Leur capacité d'agir globalement s'en trouvera affaiblie », a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Photo : Reuters / Johanna Geron

Selon l'Union européenne, environ 70 % du secteur bancaire russe est actuellement concerné par les sanctions.

Les Occidentaux veulent également lancer la semaine prochaine un groupe de travail transatlantique pour s'assurer de la mise en œuvre effective des sanctions financières décidées par les Occidentaux en identifiant et en gelant les actifs des personnes et entités visées.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réuniront dimanche soir pour discuter de sanctions supplémentaires.

Une source américaine a également déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés achevaient la liste des banques qui seraient retirées du réseau SWIFT, ajoutant que les banques qui seraient envisagées en premier étaient celles se trouvant déjà sous le coup de sanctions américaines et européennes.

Au Canada, la vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a exprimé sur Twitter l'implication de son gouvernement dans le retrait des banques russes de SWIFT. L’invasion du président Poutine ne doit pas réussir. Nous sommes debout aux côtés du courageux peuple ukrainien, a-t-elle réitéré.

L’Occident s’engage à livrer des armes à l’Ukraine

Missiles, lance-roquettes, mitrailleuses : les pays occidentaux ont également pris de nouveaux engagements en matière de livraison d'armements et de munitions en Ukraine.

Armes et équipements de nos partenaires sont en route pour l'Ukraine, s'est réjoui le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, samedi. La coalition antiguerre fonctionne, a-t-il ajouté, lui qui a longtemps critiqué l'attentisme des pays occidentaux, qui avaient jusqu'ici misé sur des sanctions économiques contre la Russie.

Les Américains ont annoncé samedi une nouvelle aide militaire à l'Ukraine de 350 millions de dollars américains (445 millions de dollars canadiens). Selon un spécialiste de l'armée interrogé par l'AFP, les États-Unis sont les mieux équipés militairement pour offrir une assistance à l'Ukraine, puisque les armées européennes disposent d'un stock limité.

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Des membres de l’armée ukrainienne à bord de véhicules blindés à Kiev

Photo : Reuters / VALENTYN OGIRENKO

Quand vous envoyez 2000 mitrailleuses, vous les prenez sur votre propre stock […] Les armées européennes sont des armées pauvres. On n'a pas de matériel, pas d'argent, a déclaré le général Vincent Desportes, ex-directeur de l'École de guerre française.

La République tchèque, les Pays-Bas et la Belgique ont tout de même annoncé l'envoi de diverses armes légères, de munitions, de missiles anti-aériens, de même que du carburant.

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Des lance-roquettes antichars déployés lors d'un entraînement militaire par l'armée allemande.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Enfin, le gouvernement allemand a annoncé la livraison à l'Ukraine de 400 lance-roquettes antichars, rompant ainsi avec sa politique suivie ces dernières années d'interdiction de toute exportation d'armes létales en zone de conflit, a indiqué à l'AFP samedi une source gouvernementale.

Contrairement à ses alliés, le Canada n'a pas annoncé de nouvelle assistance à l'Ukraine, mais il a rappelé, par voie de communiqué, qu'il répondait aux actes irresponsables et dangereux de la Russie au moyen de sanctions sévères, de contributions militaires supplémentaires à l’OTAN, d’une aide humanitaire, de matériel létal et non létal et de munitions.

Riposte de la Russie

La Russie a répliqué samedi aux sanctions occidentales en annonçant le gel des avoirs et la nationalisation des actifs d’entreprises de pays hostiles. La Russie répondra […] en saisissant les fonds d'étrangers et d'entreprises étrangères en Russie, a déclaré l'agence de presse RIA, citant Dmitri Medvedev, chef adjoint du Conseil de sécurité.

« La Russie n'a plus besoin de liens diplomatiques avec l'Occident »

— Une citation de  Dmitri Medvedev, chef adjoint du Conseil de sécurité russe

S'exprimant sur les médias sociaux, il écrit qu'il était temps de cadenasser les ambassades. Il a ajouté que Moscou poursuivrait son opération en Ukraine jusqu'à l'atteinte des objectifs définis par le président Vladimir Poutine.

Moscou a aussi suspendu les lancements depuis la base spatiale de Kourou, en Guyane française, et a rappelé son personnel technique en réaction aux sanctions de l'Union européenne (UE), a annoncé l'Agence spatiale russe, Roscosmos.

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L'Europe dépend largement de la Russie pour ses programmes spatiaux.

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Le secteur aéronautique et spatial européen compte plusieurs partenariats avec la Russie. Roscosmos dispose avec Arianespace d'une coentreprise, Starsem, pour exploiter la fusée Soyouz. Elle doit en principe lancer en 2022 huit fusées Soyouz.

En l'absence de ces fusées, l'Europe n'aurait pas de capacité propre de lancement de certains satellites avant la mise en œuvre d'Ariane 6, dont le premier vol est attendu en fin d'année.

Cette riposte de Moscou constitue une réponse au Conseil européen, qui a décidé jeudi soir d'interdire l'exportation vers la Russie des avions, pièces et équipements de l'industrie aéronautique et spatiale.

Blocages ciblés des espaces aériens

Si plusieurs pays européens ont fermé leur espace aérien aux compagnies russes à la suite de l'invasion de l'Ukraine, le Canada n'a toujours pas pris de décision à ce sujet.

La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, traverse plusieurs fois par jour l'espace aérien canadien pour ses vols aux États-Unis. Selon Ross Aimer, un expert des questions aériennes, l'espace canadien est crucial pour la compagnie. Il craint des représailles russes si le Canada bannit Aeroflot.

La Russie a annoncé samedi la fermeture de son espace aérien aux avions venant de la Bulgarie, de la Pologne, du Royaume-Uni et de la République tchèque, en représailles à une décision semblable prise par ces pays.

De nombreuses compagnies aériennes d'Europe ont pour leur part suspendu tous leurs vols à destination de la Russie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

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