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La COVID-19 n’est toujours pas comparable à la grippe, préviennent des experts

Une femme masquée passe devant un mur de pierre sur lequel est dessiné un graffiti représentant un virus.

Un graffiti illustrant le coronavirus, le 12 avril 2020 à Édimbourg en Écosse.

Photo : Associated Press / Andrew Milligan

Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, des sceptiques ont comparé la COVID-19 à la grippe saisonnière. Après près de deux ans de circulation du coronavirus à l’échelle planétaire, les faits démontrent clairement que la COVID-19 a une dangerosité supérieure à l’influenza.

Certains symptômes de la grippe sont comparables, particulièrement au début, à un cas de COVID-19. Il est difficile de savoir si l’on a contracté le virus, ou si l’on est en train de développer une grippe, ou même un rhume.

Au niveau des symptômes, c'est certain que c'est différent et que le virus de la COVID-19 est beaucoup plus dangereux, relate Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), bien que les premiers symptômes ne permettent pas de discerner les deux.

La pandémie nous a clairement démontré que c’est un virus qui est beaucoup plus pathogénique, donc qui est plus dangereux, qui provoque plus de décès que la grippe, dit-il.

« Il y a des réactions beaucoup plus importantes au niveau des poumons, ce qu'on appelle la fameuse tempête cytokinique [réponse inflammatoire excessive du système immunitaire] qui, entre autres, entraîne des défaillances des poumons, mais entraîne aussi d'autres séquelles qui se réfèrent à la COVID longue. »

— Une citation de  Benoit Barbeau, département des sciences biologiques de l’UQÀM

Entre août 2020 et août 2021, la grippe n’a fait aucun mort au Canada. Durant la même période, il y a eu 17 658 décès liés à la COVID-19.

Lors du dernier hiver précédant la pandémie (2018-2019), 224 personnes sont mortes de la grippe au Canada, dont 38 au Nouveau-Brunswick.

Aux États-Unis, le nombre de personnes mortes de la grippe dans la dernière décennie a varié entre 12 000 et 52 000 par année, selon les souches du virus. En 2021, la COVID a tué plus de 430 000 Américains.

La quantité de tests de dépistage de la COVID-19 qui ont été réalisés depuis deux ans permettent certes de mesurer la situation avec plus d’exactitude que pour la grippe.

Néanmoins, l’écart entre les chiffres relatifs à la COVID-19 et ceux de l’influenza permettent quand même de tirer une conclusion claire sur la dangerosité des deux infections. Même si la grande majorité des personnes qui contractent la COVID-19 n’en meurent pas, le taux de mortalité est considérablement plus élevé que la grippe saisonnière, selon Benoit Barbeau.

Qu’est-ce qui explique la quasi-inexistence de la grippe?

Au cours de la saison de la grippe du Canada en 2020–2021, il n'y a pas eu de circulation communautaire de la grippe. Seulement 69 cas positifs détectés de la grippe ont été signalés, lit-on dans le Rapport annuel national sur la grippe, Canada, 2020–2021 (Nouvelle fenêtre).

Les indicateurs de la grippe ont atteint des creux historiques par rapport aux six saisons précédentes, et aucune éclosion de grippe confirmée en laboratoire ni aucun résultat grave n'ont été signalés par les provinces et les territoires, ajoute-t-on.

La diminution de l'activité grippale observée au Canada et à l'échelle mondiale coïncide avec la mise en œuvre de mesures de santé publique non pharmaceutiques visant à atténuer la propagation de la [COVID-19].

De plus, selon le Dr Richard Garceau, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton, le il y avait eu beaucoup de vaccination contre l'influenza dans les populations du Nouveau-Brunswick.

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Le Dr Richard Garceau est microbiologiste-infectiologue au CHU Dumont.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Il y avait eu une campagne pour faire la promotion de la vaccination contre l’influenza et elle avait été très populaire, dit-il. Il s’attend à ce qu’il y ait encore très peu de cas de grippe lorsqu’on compilera les données de la saison hivernale qui s’achève.

L’agence de la santé publique nationale s’attend éventuellement à une résurgence de la grippe qui pourrait être plus grave ou plus intense que les saisons récentes à mesure que les restrictions mises en place durant la pandémie sont levées.

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L'agence canadienne de santé publique s'attend à une hausse des cas de grippe, une fois que cesseront les restrictions et confinements liés à la COVID, et que les activités reprendront.

Photo : Reuters / Sandra Sanders

La COVID-19 est-elle destinée à devenir comme la grippe, et causer moins de mortalité? Le virologue Benoit Barbeau met en garde contre une conclusion hâtive.

Ça fluctue grandement, répond-il. On ne peut pas vraiment prévoir.

Lorsqu'on passera à une version endémique [de la COVID], on pourra mieux prévenir et prévoir les cycles d'infection à l'approche des saisons hivernales et automnales. À ce moment-là, on aura peut-être de nouveaux traitements, de nouveaux modes d'intervention, affirme M. Barbeau.

Les vaccins, qui n’existaient pas lorsque le virus est apparu et a commencé à circuler en 2019-2020, ont à présent prouvé leur efficacité pour prévenir des décès et des cas graves de COVID. Les vaccins contre la grippe n'ont pas l'efficacité des vaccins contre la COVID, loin de là, dit d’ailleurs Richard Garceau, du CHU Dumont, à Moncton.

De plus, certaines options de traitement existent maintenant, comme le Paxlovid, une combinaison des antiviraux nirmatrelvir et ritonavir qui peut être efficace pour certains patients.

Les deux spécialistes s’entendent pour dire que, malgré des similarités entre les symptômes de la grippe saisonnière et de la COVID-19, cette dernière pose davantage de risques pour la santé du public.

D’après le reportage d’Océane Doucet

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