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Ottawa annonce un troisième train de sanctions contre Moscou

Justin Trudeau en point de presse.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, multiplie les sanctions économiques contre la Russie.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le Canada imite ses alliés occidentaux – États-Unis, Union européenne, Royaume-Uni – et décrète de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, son président Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Nous avons décidé de nous attaquer à la richesse de Vladimir Poutine, a déclaré en point de presse vendredi après-midi le premier ministre Justin Trudeau, qui souhaite empêcher le chef d'État russe d'effectuer des transferts d'argent – même si ses avoirs au Canada sont modestes, admet-il.

Le chef de cabinet du président sera également visé par les nouvelles sanctions adoptées par le Canada. Selon Justin Trudeau, ces trois hommes sont les architectes du conflit russo-ukrainien, qui a pris des proportions dramatiques cette semaine.

Le premier ministre reproche tout particulièrement à Vladimir Poutine d'avoir décidé d'en finir avec 75 ans de paix [en Europe] en envahissant un voisin pacifique.

« Le mépris du président Poutine pour la liberté, la démocratie, le droit international et la vie humaine doit avoir des conséquences. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Ottawa appuie fortement le retrait de la Russie du système bancaire international SWIFT, a aussi déclaré le premier ministre. Selon lui, une telle mesure fera en sortie qu'il sera encore plus difficile pour le président Poutine de financer ses brutalités.

Nous voulons nous assurer de suffoquer le régime russe, a résumé la ministre des Affaires mondiales, Mélanie Joly, qui accompagnait Justin Trudeau, vendredi.

Mélanie Joly en point de presse aux côtés du premier ministre Trudeau.

Les ministres russes de la Justice, des Finances et de la Défense sont également visés par des sanctions canadiennes et internationales, a souligné vendredi Mélanie Joly.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le Canada imposera également des sanctions supplémentaires aux dirigeants du Bélarus qui a facilité l'invasion, cette semaine : 57 personnes seront ciblées, en plus des dizaines de sanctions décrétées dans les dernières années contre le régime dictatorial d'Alexandre Loukachenko pour violations des droits de la personne.

Le gouvernement fédéral compte en outre égaler les dons faits par des particuliers à la Croix-Rouge pour aider à apporter une aide humanitaire à l'Ukraine, a confirmé vendredi le premier ministre, qui a pris la parole après avoir discuté plus tôt dans la journée avec de nombreux dirigeants, dont son homologue britannique Boris Johnson.

Quelque 2000 demandes d'immigration approuvées jusqu'ici

C'est la troisième fois cette semaine qu'Ottawa impose des sanctions économiques contre la Russie.

Jeudi, le Canada a sévi contre 58 personnes et entités russes, en plus de suspendre tous les permis d'exportation pour la Russie, une mesure dont l'impact se chiffre à plus de 700 millions de dollars par Ottawa.

Ottawa avait également annoncé mardi une première salve de sanctions : interdiction des transactions avec les territoires séparatistes prorusses, sanctions contre des parlementaires et des banques russes, et interdiction aux Canadiens d'acheter de la dette russe.

Plusieurs autres mesures ont été adoptées cette semaine. Vendredi, par exemple, le premier ministre Trudeau a fait savoir qu'il avait déjà approuvé 2000 demandes de la part de citoyens ukrainiens et que des moyens supplémentaires pourraient être utilisés pour faciliter leur immigration.

Dans une déclaration transmise à la presse, le Nouveau Parti démocratique a pour sa part demandé au gouvernement de renouveler automatiquement les permis de visiteur, de travail et d’études des Ukrainiennes et Ukrainiens se trouvant actuellement au Canada.

Nous sommes prêts à soutenir l'OTAN

Sur le plan militaire, le fédéral a annoncé mardi le déploiement dans les prochaines semaines d'un maximum de 460 soldats supplémentaires en Europe, dont 120 membres des Forces armées canadiennes rattachés à la base de Valcartier, qui prendront la direction de la Lettonie d'ici 30 jours.

Ottawa compte en outre 3400 militaires en état d'alerte élevé pour un éventuel déploiement en Europe.

L'Alliance atlantique n'a pas encore demandé au Canada de les déployer, a précisé la ministre de la Défense, Anita Anand. Mais nous sommes prêts à soutenir l'OTAN, a-t-elle déclaré.

En raison de l'évolution de la situation internationale, la ministre et ses fonctionnaires ont annulé leur comparution prévue pour lundi devant le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense. La réunion sera reportée à une date ultérieure, a fait savoir la greffière du comité.

Pendant ce temps, sur le terrain, les soldats ukrainiens font de leur mieux pour se défendre seuls contre l'envahisseur, leur pays étant situé à l'extérieur des frontières de l'OTAN. Mais les troupes russes ont pris d'assaut Kiev, la capitale, et elles essayent maintenant de « s'en emparer », selon le président Zelensky.

Des sanctions économiques pourraient être imposées à la Russie, entre autres, bannir le pays du réseau SWIFT. Entrevue avec Olivier Dorgans, avocat expert en sanctions économiques.

Les Ukrainiens du Canada se font entendre

Selon Statistique Canada, 1,3 million de personnes s'identifient comme étant d'origine ukrainienne au pays. Ainsi, la population ukrainienne au Canada serait la troisième en importance dans le monde, après l'Ukraine et la Russie.

La pression est donc forte sur Justin Trudeau pour qu'il participe activement aux efforts internationaux déployés dans le but de soutenir Kiev face à l'envahisseur russe.

Le Congrès ukrainien du Canada avait d'ailleurs invité Ottawa vendredi matin à supprimer la Russie du système de paiements internationaux SWIFT et à livrer des systèmes de défense antiaériens, antiroquettes et navals à l'Ukraine, entre autres.

À l'heure actuelle, quelque 800 ressortissants canadiens sont enregistrés en Ukraine. L'inscription est cependant facultative. Il est en outre probable que plusieurs d'entre eux ne se trouvent plus en Ukraine à l'heure actuelle, dans la mesure où Ottawa les a appelés à quitter le pays de toute urgence dans les dernières semaines.

Plusieurs protestataires brandissent des drapeaux ukrainiens.

Des manifestants contre la guerre en Ukraine se sont fait entendre vendredi devant le consulat russe de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Mélissa François

Vendredi, plusieurs manifestations avaient été organisées au pays pour dénoncer la guerre en Ukraine. Des rassemblements ont notamment eu lieu devant l'ambassade russe à Ottawa et le consulat russe à Montréal.

Les sociétés des alcools de plusieurs provinces, dont le Québec, l'Ontario, la Colombie-Britannique, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Édouard, ont également annoncé leur intention de retirer les produits russes de leurs tablettes.

Enfin, le drapeau ukrainien a été hissé sur différents bâtiments gouvernementaux et législatifs, vendredi, dont les parlements de Québec et d'Ottawa.

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