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ArchivesEn 2012, un « printemps érable » qui se transforme en crise sociale

Vue partielle de la foule lors de la manifestation étudiante du 22 mars 2012 à Montréal

La grève étudiante de 2012 a produit une importante crise sociale au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En 2012, la décision par le gouvernement du Québec d’augmenter les frais de scolarité dans les universités de la province entraîne une grève étudiante. Cette dernière mobilisera une importante partie de la société québécoise. Cette grève se transformera même en une crise sociale pour le gouvernement du premier ministre Jean Charest.

Une décision qui soulève la colère des étudiants

L’origine immédiate de ce que l’on a appelé le « printemps érable » remonte au 11 mars 2011. Ce jour-là, le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand dépose son budget annuel.

Il annonce dans ce dernier que les frais de scolarité vont augmenter dans les universités de 325 $ chaque année jusqu’en 2017.

Les frais de scolarité vont pratiquement doubler en cinq ans.

Le milieu étudiant s’y oppose et réplique par une première grève en novembre 2011.

Celle-ci n’ébranle en rien la résolution du gouvernement du premier ministre Jean Charest.

Téléjournal Grand Montréal, 14 février 2012

Le 13 février 2012, comme le rappelle le compte rendu du journaliste Jacques Bissonnet présenté le 14 février 2012 au Téléjournal Grand Montréal 18 h, une deuxième grève générale étudiante est déclenchée.

Patrice Roy anime l'émission.

Jacques Bissonnet qualifie les débuts de cette grève de lents. La ministre de l’Éducation du Québec Line Beauchamp décrit cette mobilisation comme un « mouvement marginal ».

La suite des événements va prouver que c’est tout le contraire.

Immense mobilisation

Si certains doutaient de la mobilisation des étudiants il y a quelques semaines, voici la réponse.

Une citation de Patrice Roy

Téléjournal Grand Montréal, 22 mars 2012

Le 22 mars 2012, des comptes rendus des journalistes Jacques Bissonnet et Benoît Giasson, présentés au Téléjournal Grand Montréal 18 h, et des commentaires de l’animateur Patrice Roy révèlent l’ampleur de la manifestation étudiante qui a lieu à Montréal ce jour-là.

On retrouve plus de 200 000 personnes sur les pavés de la métropole. Jacques Bissonnet constate que sur la rue Sherbrooke, la foule est présente mur à mur et que c’est même difficile de circuler.

Sur 7 kilomètres de parcours s’entassent cégepiens et universitaires, auxquels se sont joints des parents et d’autres citoyens.

Benoît Giasson, pour sa part, suit le fil des événements durant la manifestation et interviewe des participants à l'événement.

Il est évident lorsque la journée se termine que le Québec vient d’assister à l'une des plus grandes manifestations de son histoire.

Cela n’émeut que très peu le gouvernement de Jean Charest, qui maintient le cap.

Le carré rouge, symbole de lutte sociale

On voit dans le compte rendu du journaliste Benoît Giasson qu’un des chefs de file de la grève étudiante, Léo Bureau-Blouin, porte, épinglé à sa chemise, un petit carré rouge.

Téléjournal Montréal, 25 mars 2012

Ce bout de tissu, comme le confirme le reportage de la journaliste Catherine Lafrance présenté au Téléjournal Montréal du 25 mars 2012, devient rapidement l’emblème de la contestation étudiante.

Le carré rouge, comme le rappelle la journaliste, a déjà été utilisé en 2011 par ceux et celles qui s’opposaient aux diminutions de budget à l’aide sociale imposées par le gouvernement Charest.

Ce sont des étudiants en sociologie qui le remettent au goût du jour.

Bientôt, on le voit apparaître aux manifestations, sur des immeubles et même sur les vêtements de certains députés de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

Au-delà de la seule augmentation des frais de scolarité, la grève étudiante exprime un désaccord profond avec les choix de société adoptés par le gouvernement Charest..

La grève ne fait cependant pas consensus

Certains étudiants cependant appuient la hausse des frais de scolarité et s’opposent à la grève.

24/60, 23 mars 2012

C’est ce que rappelle ce débat à l’émission 24/60,le 23 mars 2012.

Ce soir-là, l’animatrice Anne-Marie Dussault a invité Jean-François Trudelle, porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables, qui est en faveur de la hausse des droits de scolarité, et Gabriel Nadeau-Dubois, de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui s’y oppose.

Les questions fusent.

L’augmentation des frais de scolarité contribue-t-elle à ce que les étudiants paient leur juste part de leur éducation?

Aggravera-t-elle l’abandon scolaire? L’opposition à la grève est-elle téléguidée par le gouvernement?

Le débat entre Jean-François Trudelle et Gabriel Nadeau-Dubois est vif, mais reste poli.

Des étudiants ont par ailleurs recours à des demandes d'injonction devant les tribunaux pour leur permettre d’assister à leurs cours.

Depuis le début du conflit, 25 demandes d’injonction ont été soumises à la justice québécoise.

Émeutes et crise sociale

À la fin avril, les étudiants rejettent une offre globale de modification des modalités de la hausse des frais de scolarité par le gouvernement du Québec.

La grève se métamorphose en crise sociale.

Plus le printemps avance, plus l'affrontement entre les étudiants et le gouvernement devient frontal.

Téléjournal, 5 mai 2012

Ce reportage du journaliste Louis-Philippe Ouimet présenté le 5 mai 2012 au Téléjournal rappelle que le jour précédent, une manifestation à Victoriaville, où se déroule le congrès du Parti libéral du Québec, dégénère en un violent affrontement.

C’est le rassemblement le plus violent depuis 10 ans au Québec.

Par un retour du bâton, le 18 mai 2012, le gouvernement du Québec adopte la loi 78 qui restreint le droit de manifester.

Téléjournal, 21 mai 2012

Mais comme le montre ce reportage de Louis-Philippe Ouimet présenté le 21 mai 2012 au Téléjournal, la loi 78 ne calme pas le jeu.

Claudine Bourbonnais anime le Téléjournal.

La violence étudiante et la répression policière augmentent.

Des manifestants défient ouvertement la loi 78 et un règlement municipal de la Ville de Montréal, numéroté P-6, qui interdit le port du masque lors de rassemblements.

Téléjournal Grand Montréal 18 h, 24 mai 2012

L’aspect répressif et liberticide de la loi 78 fait par ailleurs réagir une partie importante de la société civile québécoise, comme le confirme ce reportage du journaliste Jean-Sébastien Cloutier présenté le 24 mai 2012 au Téléjournal Grand Montréal 18 h.

À plusieurs reprises le soir, on entend dans les villes du Québec un concert de casseroles.

Les manifestations qui deviennent violentes et les tintamarres à répétition indiquent que le Québec est plongé dans une grave crise sociale qui retient l’attention un peu partout sur la planète.

Le 1er août 2012 se déroule la 100e manifestation nocturne dans les rues de Montréal.

Les 17 et 21 août 2012, la grève dans les cégeps et certaines facultés universitaires parmi les plus militantes se termine.

Le 4 septembre 2012, le gouvernement de Jean Charest est battu aux élections générales provinciales par le Parti québécois.

Le lendemain de sa victoire, la première ministre élue, Pauline Marois, annule par décret la hausse des frais de scolarité.

Le gouvernement de Pauline Marois remplace le projet du gouvernement Charest par une indexation annuelle.

Depuis, le débat sur les frais de scolarité universitaires est sur la glace.

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