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La Russie encaisse une salve de sanctions pour son incursion en Ukraine

La président de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, discutant avec le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire.

L'Union européenne met de la pression sur Moscou à grands coups de sanctions économiques.

Photo : Associated Press / Francois Mori

Agence France-Presse

L'invasion de l'Ukraine déclenchée jeudi par le président russe Vladimir Poutine a suscité une vague d'annonces de sanctions internationales contre Moscou, principalement de la part des pays occidentaux.

L'Union européenne (UE) a ajouté le président russe Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la liste des responsables russes visés par des sanctions.

Cette décision a été adoptée vendredi lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, décidée pour entériner le paquet de sanctions adopté jeudi soir par les chefs d'État et de gouvernement des 27.

Josep Borrell sonne une petite clochette.

Le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, sonne la fin de la récréation.

Photo : Reuters / JOHANNA GERON

La liste de ces sanctions – les plus dures jamais prises par l'UE, selon son chef de la diplomatie, Josep Borrell –, prévoit notamment de limiter de façon draconienne l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens. L'UE réduira aussi l'accès de la Russie à des technologies cruciales en la privant de composants électroniques et de logiciels.

Cela inclut notamment l'interdiction d'exporter vers la Russie des avions, pièces et équipements de l'industrie aéronautique et spatiale, ainsi que des technologies de raffinage pour l'industrie pétrolière.

En outre, des dizaines de responsables russes sont désormais persona non grata dans l'UE et leurs avoirs, bloqués.

Le Bélarus, accusé d'être impliqué dans les opérations russes, sera aussi frappé de sanctions supplémentaires.

Trois pays orientaux de l'UE – la Pologne, la République tchèque et la Bulgarie – ont annoncé vendredi la fermeture de leur espace aérien aux entreprises russes.

Une réponse trop lente, selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky juge trop lente la réponse de l'UE, à qui il demande d'alourdir ses sanctions contre la Russie.

Comment allez-vous vous-même vous défendre si vous êtes si lente à aider l'Ukraine? a-t-il lancé vendredi à l'adresse des Européens.

Annulation des visas pour les Russes? Déconnexion [du réseau interbancaire] SWIFT? Isolement total de la Russie? Rappel d'ambassadeurs? Embargo sur le pétrole? Aujourd'hui, tout doit être sur la table, car c'est une menace pour nous tous, toute l'Europe, a-t-il dit.

Le président ukrainien a aussi appelé les Européens aguerris à venir combattre en Ukraine. Si vous avez une expérience du combat [...], vous pouvez venir dans notre pays pour défendre l'Europe, a déclaré M. Zelensky.

Le président américain Joe Biden a durci vendredi les mesures prises à l'encontre de la Russie, ajoutant, comme l'ont fait les 27 et Londres, messieurs Poutine et Lavrov à la liste des responsables russes sanctionnés, qui sont désormais interdits de se rendre sur le sol américain. Il s'agit là d'un acte rarissime et fortement symbolique.

Les États-Unis sanctionneront aussi le Russian Direct Investment Fund, un fonds souverain de la Russie ayant la vocation d'attirer des investissements dans l'économie russe.

La première tranche des sanctions américaines concerne quatre banques russes – dont les deux plus grandes du pays, Sberbank et VTB Bank – et plus de la moitié des importations technologiques de la Russie supprimées.

Le géant de l'énergie Gazprom et d'autres grandes entreprises du pays – 13 au total – ne pourront plus pour leur part lever d'argent sur les marchés financiers occidentaux, une sanction qui avait déjà été prise contre le gouvernement russe lui-même.

Des soldats qui font le salut en uniforme.

Des soldats américains sont arrivés en Lettonie afin de renforcer la présence de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) dans sa zone proche de l'Ukraine, en raison du conflit armé avec la Russie.

Photo : Getty Images / AFP / GINTS IVUSKANS

Les États-Unis ont aussi allongé la liste des oligarques russes pénalisés et restreint les exportations vers la Russie de produits technologiques destinés aux secteurs de la défense et de l'aéronautique.

Washington a également annoncé des sanctions contre 24 personnes et organisations bélarusses, accusées d'avoir soutenu et aidé l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Un avion d'Aeroflot vu de l'intérieur d'un aéroport.

Les avions d'Aeroflot ne sont plus les bienvenus au Royaume-Uni.

Photo : Reuters / MAXIM SHEMETOV

Le Royaume-Uni a lui aussi gelé les avoirs de messieurs Poutine et Lavrov et banni les avions privés des oligarques russes du ciel britannique. Londres avait auparavant interdit à la compagnie aérienne Aeroflot de desservir le Royaume-Uni et avait décidé de sanctions ciblant le secteur bancaire, les exportations de technologies et cinq hommes d'affaires.

En plus de cinq banques déjà sanctionnées mardi, le géant public bancaire russe VTB est visé et voit ses actifs sur le sol britannique gelés, tout comme le fabricant d'armes Rostec.

Ottawa pour l'exclusion des banques russes du système SWIFT

Le premier ministre Justin Trudeau a lui aussi décidé de sanctions contre messieurs Poutine et Lavrov, et il a indiqué être favorable à la suspension de la Russie du système de paiements bancaires international SWIFT. Il a également annoncé des sanctions à l'endroit du Bélarus.

Au total, environ 60 individus et entités appartenant au cercle du pouvoir russe, dont la firme privée de sécurité Wagner, seront sanctionnés.

Le Canada a également suspendu les permis d'exportation pour la Russie, pour une valeur de plus de 700 millions de dollars canadiens et visant notamment des entreprises du secteur aérospatial, minier et des technologies de l'information.

Justin Trudeau en point de presse.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, multiplie les sanctions économiques contre la Russie.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les réactions dans cette partie du monde sont moins unanimes. L'Inde, qui a des relations étroites avec la Russie, s'est jusqu'à présent refusée à prendre des sanctions.

Le premier ministre japonais Fumio Kishida a en revanche imposé des mesures visant les exportations de semi-conducteurs et des institutions financières. M. Kishida a également annoncé d'autres mesures sur les exportations vers les organisations russes liées à l'armée et sur des biens à usage général, comme les semi-conducteurs et les articles figurant sur une liste restreinte basée sur des accords internationaux.

Taïwan a également annoncé son intention de prendre des sanctions, contrairement à la Chine.

L'Australie a accentué samedi ses sanctions en ciblant notamment des oligarques et tous les membres du Parlement russe, ainsi que des figures du gouvernement du Bélarus. Canberra se prépare à sanctionner personnellement messieurs Poutine et Lavrov.

L'Australie avait précédemment annoncé des sanctions à l'encontre de huit des principaux conseillers en sécurité de M. Poutine et de 25 autres personnes, ainsi que de quatre entités fournissant des équipements militaires et de quatre institutions financières.

La Suisse a décidé jeudi de ne pas s'aligner sur les sanctions occidentales envers la Russie, mais prendra les mesures nécessaires pour éviter d'être utilisée comme base de contournement par Moscou, a déclaré le président suisse Ignazio Cassis.

Outre ces sanctions...

  • L'OTAN a annoncé par communiqué qu'elle avait procédé à d’importants déploiements défensifs supplémentaires de forces dans la partie orientale du territoire de l’Alliance et qu'elle se préparait à toute éventualité pour se défendre.
  • La Russie a prévenu la Finlande qu'il y aurait de graves conséquences politiques et militaires si le pays joignait les rangs de l'OTAN, Helsinki ayant participé, sur invitation, à la réunion spéciale de l'Alliance, vendredi.
  • La Russie a été suspendue de toute participation aux instances du Conseil de l'Europe, et l'OCDE a fermé la porte à son adhésion.
  • L'Ukraine a demandé une aide financière d'urgence au Fonds monétaire international (FMI), a déclaré dans un communiqué la directrice générale de l'institution, Kristalina Georgieva.

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