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Les Russes vont « essayer de s’emparer » de Kiev cette nuit, dit Zelensky

Volodymyr Zelensky se tient derrière un lutrin.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'adresse à ses concitoyens depuis Kiev, le 25 février 2022.

Photo : via reuters / Service de presse du gouvernement ukrainien

Radio-Canada

Kiev se préparait au pire dans la nuit de vendredi à samedi, après l'avertissement lancé par le président Volodymyr Zelensky d'une attaque imminente de l'armée russe, 48 heures après son offensive contre l'Ukraine ordonnée par Vladimir Poutine.

S'adressant à ses concitoyens dans une vidéo publiée sur le site de la présidence, Volodymyr Zelensky a annoncé que les Russes allaient tenter de s'emparer de Kiev dès cette nuit. Nous ne pouvons pas perdre la capitale, a soutenu le président.

« Je m'adresse à nos défenseurs, hommes et femmes de tous les fronts : cette nuit, l'ennemi va utiliser toutes ses forces pour briser nos défenses de la façon la plus vile, dure et inhumaine. Cette nuit, ils vont tenter de s'emparer de Kiev. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Aujourd'hui a été un jour difficile, mais vaillant. Nous combattons pour notre État sur tous les fronts, au Sud, à l'Est, au Nord et dans beaucoup des villes de notre beau pays, a-t-il ajouté.

Le dirigeant ukrainien a dit s'être entretenu dans la journée avec plusieurs hauts dirigeants occidentaux, notamment Joe Biden, Emmanuel Macron et Olaf Scholz.

J'ai expliqué quelle réponse encore attendent les Ukrainiens à cette agression. J'ai accepté plus d'aide et de soutien. Une aide significative pour notre État, a poursuivi M. Zelensky.

Notre objectif principal est de mettre fin à ce massacre. Les pertes de l'ennemi sont très sérieuses, a-t-il ajouté.

Notre envoyée spéciale à Kiev, Marie-Eve Bédard, fait état des derniers développements dans la guerre qui se déroiule dans la capitale ukrainienne.

La Russie resserre l'étau autour de Kiev

Plus tôt en soirée, les sirènes d’alertes de missiles ont retenti à Kiev, signe d’une attaque imminente contre la capitale de l’Ukraine par l’armée russe, selon notre envoyée spéciale, Marie-Eve Bédard.

Des soldats russes sont maintenant entrés dans la ville de Kiev et des chars d’assaut ont été aperçus dans le quartier d’Obolon, de même que dans d'autres zones du nord de la ville, rapporte aussi la journaliste de Radio-Canada.

C'est dans ce quartier d'Obolon que l'AFP a vu vendredi un civil tué sur un trottoir et des ambulanciers en secourir un autre, prisonnier de la carcasse d'une voiture écrasée par un blindé.

Une voiture écrasée en bord de route.

Au nord de Kiev, un char d'assaut russe a dévié de sa trajectoire pour rouler sur cette voiture, blessant son conducteur.

Photo : afp via getty images / Daniel Leal

Plus tôt vendredi, les forces ukrainiennes avaient indiqué combattre des unités de blindés russes dans deux localités, Dymer et Ivankiv, respectivement à 45 et 80 km au nord de la capitale.

L'armée ukrainienne prétend que l'avancée de l'armée russe a été arrêtée au bord de la rivière Teterov, le pont qui la traverse ayant été détruit.

L'état-major de l'armée soutient aussi avoir repris le contrôle de l'aéroport militaire d'Antonov à Gostomel, aux portes de la capitale ukrainienne. Il était tombé la veille lors d'un assaut des forces russes.

Une unité tactique des forces de défense tient l'aérodrome de Gostomel, où les troupes aéroportées russes avaient pénétré jeudi, a dit l'état-major sur Facebook.

La capitale est sous un couvre-feu de 22 h à 7 h. Les transports publics ne fonctionnent pas pendant cette période, mais les stations de métro restent ouvertes en permanence pour servir d'abris en cas de frappes.

Des pourparlers... au Bélarus

Le Kremlin avait jusqu'à maintenant systématiquement refusé des pourparlers avec l'Ukraine, malgré des demandes répétées du président Zelensky avant le déclenchement de l'invasion russe jeudi.

Vendredi, toutefois, le porte-parole du gouvernement russe a annoncé que Vladimir Poutine est disposé à envoyer à Minsk une délégation au niveau des ministères de la Défense et des Affaires étrangères et de l'administration présidentielle pour des négociations avec une délégation ukrainienne.

Minsk est la capitale du Bélarus qui a permis à la Russie d'utiliser son territoire pour l'invasion, notamment aux forces se dirigeant actuellement vers Kiev.

Peu de temps après cette annonce, M. Poutine a cependant appelé l'armée ukrainienne à déloger son président et à prendre le pouvoir. Prenez le pouvoir entre vos mains, a-t-il lancé à l'adresse de l'armée ukrainienne. Il me semble qu'il sera plus facile de négocier entre vous et moi, a-t-il ajouté.

Il a aussi, au passage, qualifié l'administration du président ukrainien Volodymyr Zelensky de drogués et de néonazis.

En signe de défi, Volodymyr Zelenski, dont Washington redoute qu'il ne soit victime d'un acte atroce, a diffusé sur les réseaux sociaux, en début de soirée vendredi, une vidéo dans laquelle on le voit dans la rue, affirmant être toujours à Kiev et déterminé à défendre l'Ukraine.

La région de Belgorod en Russie est devenue un point de passages importants pour les troupes russes qui attaquent l'Ukraine. Reportage de Tamara Altéresco, notre correspondante à la frontière russe.

L’invasion dans le reste du pays se poursuit

Selon Emmanuel Grynzpan, journaliste basé à Marioupol, une des deux grandes villes portuaires du pays donnant sur la mer Noire, l’inquiétude s’installe chez les habitants, qui étaient, jusqu’à avant-hier, très détendus. Ils ne croyaient pas du tout à une attaque russe.

Mais les explosions qu’ils entendent depuis jeudi ont eu raison de leur optimisme. Les commerces sont fermés, à part les épiceries et quelques pharmacies.

« Il y a des queues vraiment très importantes pour tous les distributeurs de billets automatiques. Les stations d’essence sont aussi prises d’assaut. »

— Une citation de  Emmanuel Grynzpan, journaliste basé à Marioupol

Selon des sources militaires ukrainiennes d'Emmanuel Grynzpan, les Russes seraient à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Marioupol. Ils risquent de prendre la ville à revers et d’en faire le siège. L'intérêt pour les Russes pourrait être de contrôler une bande de terrain qui relie directement la Russie à la Crimée, sur la côte de la mer d'Azov.

Emmanuel Grynzpan rappelle cependant que Marioupol est bien défendue par les Ukrainiens, notamment à la frontière avec la république séparatiste autoproclamée de Donetsk où il y a cinq lignes de défense qui apparemment tiennent bien.

Sur les 420 000 habitants de Marioupol, le journaliste estime que moins de 5000 auraient quitté la ville jeudi. Mais je n'ai pas les chiffres pour aujourd'hui.

Au total, 50 000 Ukrainiens auraient déjà fui le pays en seulement deux jours, selon le bureau canadien du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Près de 30 000 se seraient réfugiés en Pologne, 17 500 en Moldavie et quelques milliers en Slovaquie.

C'est la pointe de l'iceberg, estime le HCR : plusieurs déplacés à l'intérieur du pays sont incapables de traverser les frontières.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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