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C.-B. : vers un service annuel de lutte contre les feux de forêt

Un jeune pompier participe à un camp d'entraînement en forêt.

BC Wildfire est le service de lutte contre les feux de forêt de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Dans le cadre de son budget pour l’année 2022, la Colombie-Britannique affiche sa volonté de transformer le service de lutte contre les incendies, BC Wildfire, en un programme annuel de gestion et de prévention des feux de forêt. Un changement de paradigme guidé par la menace des changements climatiques.

Avec les changements climatiques, nos étés sont plus secs et plus chauds et la saison des feux de forêt est plus étendue. Tout porte à croire que cette tendance va se maintenir, alerte la ministre des Forêts, Katrine Conroy.

Face à ce constat, et à la suite d'une saison des feux de forêt dévastatrice l’an dernier, la province souhaite modifier sa stratégie de lutte contre les incendies, et passer d’une approche réactive à une approche proactive, selon la ministre.

Concrètement, les efforts seront mobilisés toute l’année pour atténuer et réduire au maximum les risques de feux de forêt lors de la saison estivale.

« Nous mettons nos efforts sur l’atténuation des feux de forêt. Nous allons ainsi dans la bonne direction. »

— Une citation de  Katrine Conroy, ministre des Forêts

Pour cela, le gouvernement investit 145 millions de dollars sur trois ans pour renforcer les services de BC Wildfire et en faire un programme opérationnel toute l’année.

Cela permettra à la fois à BC Wildfire Service et aussi aux services d’urgences de la Colombie-Britannique d’avoir plus de main-d’œuvre et plus d'équipement pour fournir des services proactifs axés sur la prévention, la préparation, l'intervention et le rétablissement en cas de feux de forêt et de diverses urgences, précise la province.

Dans le budget 2022 présenté cette semaine, 90 millions de dollars sont également prévus pour rendre les maisons et les communautés plus sûres face aux risques d’incendie.

Une tâche de grande ampleur

La ministre des Forêts reconnaît que ce service annuel de lutte contre les incendies est une demande de longue date des pompiers, les mieux placés pour savoir comment atténuer les risques de feux de forêt.

Bob Gray, écologiste spécialiste des incendies, se réjouit de cette annonce qui est selon lui un pas dans la bonne direction.

Il y a tellement de travail à faire que c'est une décision bienvenue de la part de la province, ajoute-t-il.

Mais selon lui, cette prévention est un travail de longue haleine qui passe notamment par une profonde modification des paysages ou encore des brûlages contrôlés à grande échelle.

Si un feu de forêt s’étend sur 1000 kilomètres carrés, il faut faire un travail de prévention sur une échelle similaire, affirme Bob Gray qui ajoute qu’il ne suffit pas de s'occuper seulement de zones tampons situées à proximité des communautés.

Des membres du 1er Bataillon Princess Patricia's Canadian Light Infantry déterrent des points chauds dans une zone de brûlage contrôlé dans la région d'Oliver, en Colombie-Britannique.

Des pompiers travaillent à un brûlage contrôlé.

Photo : Fournie par Forces armées canadiennes / Matc Dan Bard

Thomas Martin, consultant en feux de forêt chez Cabin Resource Management, estime quant à lui qu’un service de lutte contre les incendies opérationnel toute l’année permettra à BC Wildfire de retenir sa main-d'œuvre.

Avec ce changement, j'espère que cela permettra aux gens de considérer le travail de pompier comme une carrière, affirme-t-il.

Le spécialiste ajoute qu’un service annuel permettra également aux pompiers d’avoir plus de possibilités de formation.

Quel rôle pour les communautés autochtones?

Toutefois, certains restent sceptiques quant à cette nouvelle approche défendue par la province.

Le président du gouvernement de la Nation Tsilhqot'in, Joe Alphonse, regrette que la province soit incapable de reconnaître le savoir ancestral des communautés autochtones pour lutter contre les feux de forêt.

Je pense que ces fonds seraient mieux utilisés et plus utiles pour renforcer les relations avec les peuples des Premières Nations, déplore-t-il.

Joe Alphonse.

Joe Alphonse, chef de la Première nation Tŝilhqot’in.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Le député libéral de Kamloops-North Thompson, Peter Milobar, émet également des réserves vis-à-vis du plan de la province pour lutter contre les incendies.

Il espère que ces nouveaux financements soient consacrés aux efforts de premières lignes, plutôt que d'être utilisés pour financer la bureaucratie loin des feux de forêt à Victoria.

De son côté, la province promet de collaborer étroitement avec les Premières Nations, touchées de manière disproportionnée par les catastrophes, avec notamment un financement supplémentaire de 10 millions de dollars pour participer aux efforts d'atténuation des feux de forêt.

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