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L’invasion de l’Ukraine plombe les marchés, mais Wall Street finit en hausse

Une femme marche devant une affiche lumineuse sur laquelle sont indiquées la valeur du rouble et celle du dollar.

La valeur du rouble est dans un creux historique, à 90 roubles pour 1 $. Le Kremlin affirme avoir « prévu » que les marchés russes allaient souffrir d'une « réaction émotionnelle » et « passagère » à la suite de l'attaque en l'Ukraine.

Photo : afp via getty images / DIMITAR DILKOFF

Agence France-Presse

Les Bourses européennes ont chuté, les matières premières ont flambé, et Wall Street a terminé en hausse, au terme d'une journée folle marquée par l'invasion de l'Ukraine.

En Europe, les places boursières ont connu l'une des plus mauvaises séances depuis mars 2020 et la mise en place des confinements, perdant jusqu'à 5 % au pire de la journée.

Après la clôture, Francfort a perdu 3,96 %, Paris 3,83 %, Milan 4,14 %, Londres 3,88 % (chiffre ajusté peu après la clôture) et l'Eurostoxx 50, indice de référence, 3,63 %. La Bourse de Varsovie, principale place financière de l'Europe centrale et orientale, a chuté de plus de 10 % et celle de Moscou s'est effondrée de plus de 35 %.

Wall Street, en revanche, a fait l'élastique et terminé sur une montée. Le Dow Jones a terminé en hausse de 0,28 %, l'indice NASDAQ, fortement influencé par les valeurs technologiques, a lui gagné 3,34 %, et l'indice élargi S&P 500 a pris 1,50 %.

Le prix du baril de pétrole a dépassé au cours de la journée les 100 $ US, autant pour le baril américain que celui de la mer du Nord, une première depuis 2014. L'aluminium et le blé battaient aussi des records.

Vladimir Poutine a lancé jeudi dans la nuit l'invasion de l'Ukraine, avec frappes aériennes et entrée de forces terrestres depuis plusieurs directions.

L'offensive a suscité un tollé international auquel Moscou reste sourd.

Les marchés mondiaux n'avaient pas prévu un scénario de guerre et s'adaptent maintenant à l'ampleur de cette action militaire, estiment les analystes d'Amundi dans une note.

Valeurs refuges

Les investisseurs se ruent vers les valeurs refuges telles que l'or, qui a frôlé les 2000 $ US l'once, et les obligations d'État. Le rendement de la dette américaine à 10 ans reculait à 1,94 %, contre 1,99 % mercredi, avec un plus bas à 1,84 % en matinée.

Les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions, qui vise notamment les deux premières banques russes et les plus importantes entreprises du pays.

Le marché était descendu trop bas, a commenté Tom Cahill, de Ventura Wealth Management au sujet du mouvement de fin de séance à New York, donc le temps était venu d'un rebond.

Par ailleurs, les investisseurs, qui estimaient avoir intégré une invasion de l'Ukraine, se sont repositionnés une fois l'attaque engagée. Quand il y a un événement géopolitique ou une guerre, vous achetez aux premiers sons des canons, selon Tom Cahill.

La Russie et l'Ukraine sont des pays essentiels pour l'approvisionnement en pétrole, gaz, blé et autres matières premières cruciales.

Les approvisionnements en pétrole et en gaz ne sont pas encore affectés par l'escalade actuelle, mais Michael Hewson, analyste de CMC Markets, craint qu'ils soient coupés en cas de sévères sanctions de la part des Occidentaux.

Le cours du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril, référence de l'or noir en Europe, qui s'envolait de 8,78 % à 105,34 $ US en matinée, a clôturé en hausse de 2,27 % à 99,08 $ US.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en avril, qui plus tôt grimpait de 8,66 % à 100,10 $ US, a terminé en progrès de 0,77 % à 92,81 $ US.

Du côté du gaz naturel, le marché de référence en Europe a explosé de 33 % par rapport à la veille.

La flambée des prix de l'énergie est un gros casse-tête pour l'Europe, puisque 40 % de son gaz naturel et 30 % de son pétrole viennent de Russie, explique une analyste de Swissquote.

Groupes miniers associés à la Russie

Les groupes miniers fortement liés à la Russie se sont effondrés à Londres : Polymetal de près de 40 %, Ferrexpo de plus de 42 %, Evraz de 30 % et Petropavlovsk de 27 %.

Les groupes ayant des activités en Russie étaient particulièrement touchés sur les marchés. À Francfort, Uniper, lié au gazoduc Nord Stream 2, a baissé de 13,95 %.

Les valeurs de la défense étaient les rares à échapper au marasme, comme Thalès (+4,87 %) à Paris, ou BAE Systems (+5,16 %) à Londres ou Leonardo (+4,34 %) à Milan.

Les banques et le secteur financier ont été visés par les premières sanctions prononcées par l'Union européenne et les États-Unis. À Moscou, Sberbank a dégringolé de 36,61 %, VTB Bank de 41,25 %. À Vienne, Raiffeisen a cédé plus de 23 %.

À Paris, Société Générale, présente en Russie par l’entremise de Rosbank, a perdu 12,15 %. À Milan, UniCredit a lâché 13,69 %, sanctionnée pour son exposition à la Russie. À Francfort, Deutsche Bank a chuté de 12,54 % et Commerzbank de 13,11 %.

Le rouble restait proche de son plus bas historique, atteint plus tôt à 90 roubles pour un dollar, mais se stabilisait (84,31 roubles) après l'intervention de la Banque centrale russe pour stabiliser la situation.

L'euro perdait 0,99 % face au dollar américain, à 1,1194 $ US, après être descendu à son plus bas depuis juin 2020.

Le bitcoin se reprenait un peu et gagnait 2,46 % à 38 503 $ US.

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