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La norme de nickel proposée par la CAQ divise la santé publique

Le port de Québec.

Le secteur du port de Québec est particulièrement affecté par des concentrations plus élevées de nickel dans l'air. (archives)

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Les 18 directions régionales de la province font front commun contre l'assouplissement de la norme et contre l'avis de la direction nationale de la santé publique, a appris Radio-Canada.

Dans un mémoire qui doit être rendu public dans les prochaines heures, les 18 directions régionales de santé publique du Québec (DRSP) demandent au gouvernement Legault de s'en tenir à la norme de nickel journalière actuelle, c'est-à-dire de 14 nanogrammes par mètre cube.

Le ministère de l'Environnement propose plutôt une norme journalière de 70 ng/m3 et ajoute une norme annuelle de 20 ng/m3.

Parmi les signataires, on retrouve entre autres la direction régionale de santé publique de Montréal, de la Capitale-Nationale, de l'Abitibi-Témiscamingue, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord ainsi que le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James.

Le document met en lumière l'absence d'un portrait juste de la qualité de l'air dans la province, du manque d'information des risques du nickel pour la santé, d'un argumentaire économique incomplet et d'un processus d'acceptabilité sociale en cours.

Les directeurs invitent à la prudence devant les incertitudes. Ils demandent donc le statu quo.

Division

La direction nationale de santé publique ne partage pas cet avis. C'est le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) qui le dévoile dans un échange de courriels. Le ministère s'appuie sur la position de son ancien directeur, le Dr Horacio Arruda.

Dans une lettre signée en juillet 2019, Dr Arruda écrivait qu'il nous apparaît que la proposition (...) répond bien à nos attentes envers une règlementation qui favorisera la protection de la population du Québec et contribuera ainsi au mieux-être des Québécois.

Horacio Arruda s'adresse aux journalistes.

Le Dr Horacio Arruda (archives)

Photo : Ivanoh Demers

Le MSSS considère que les travaux effectués jusqu'à ce jour ont été faits avec rigueur et attention, ajoutant qu'aucune information ne permet de croire que ces travaux doivent être repris. Le ministère croit que la nouvelle règlementation mettra de l'avant la protection de la santé (...) tout en favorisant la protection de l'environnement et le développement économique.

Le ministère ajoute par ailleurs que la surveillance des émissions de nickel et de la qualité de l'air ambiant et le suivi des mesures préventives « seront toutefois nécessaires pour s'assurer que ces normes sont respectées. »

Éviter la surprise

Le mémoire des directions régionales de santé publique devait être rendu public en début de semaine, mais les signataires ont préféré attendre quelques jours de plus pour prendre le temps d'avertir les différentes instances du gouvernement de leur prise de position.

L'appui de la santé publique fait partie de l'argumentaire du ministre de l'Environnement, Benoit Charette. Pour répondre aux critiques, il répète que son gouvernement ne serait pas allé de l'avant avec cette norme si la santé publique n'avait pas donné son accord.

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Le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette (archives)

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Volte-face

Le front commun des directions régionales de santé publique n'est pas tout à fait une surprise. En coulisses, la possibilité d'une collaboration était discutée depuis quelques semaines.

Ce qui surprend, c'est plutôt le changement de ton du directeur régional de la santé publique de la Capitale-Nationale. Il y a trois semaines, le Dr André Dontigny a défendu une position contraire devant les élus à l'hôtel de ville de Québec.

Le Dr André Dontigny est directeur de la santé publique pour la Capitale-Nationale.

Le Dr André Dontigny est directeur de la santé publique pour la Capitale-Nationale.

Photo : Radio-Canada

L'effet de l'assouplissement de la norme sera négligeable sur la santé des citoyens du quartier Limoilou, a-t-il affirmé tout en soulignant que la qualité de l'air dans son ensemble était une réelle préoccupation.

Si vous me posez la question est-ce que le nickel est la plus grande préoccupation du directeur de santé publique? Pour les raisons que je vous ai exprimées, jusqu’à maintenant, c’est non, a-t-il dit.

Sa position était celle qu'il avait fournie au gouvernement il y a un an dans le cadre de discussions préliminaires sur le changement de la norme.

Ce n'était pas un avis final, nous confie une de nos sources. La santé publique de la Capitale-Nationale aurait effectué un travail en profondeur pour arriver à cette nouvelle position.

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