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Une pétition demande dix congés payés aux victimes de violence conjugale

Une femme agenouillée sur le sol d'une cuisine, dans la pénombre, se prend la tête à une main et regarde son téléphone cellulaire de l'autre.

Le SPGQ rappelle que le gouvernement fédéral et certaines entreprises offrent déjà 10 jours de congés payés à leur personnel victime de violence conjugale. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) lance une pétition sur le site de l’Assemblée nationale réclamant 10 jours de congés rémunérés pour les victimes de violence conjugale. Une telle mesure, soutient le syndicat, contribuerait à sauver des vies.

L’idée d’offrir dix jours de congés payés aux victimes de violence conjugale vise à leur permettre de s’absenter du travail pour recevoir de l’aide sans avoir à se préoccuper de leur sécurité financière.

Une employée qui subit de la violence à la maison pourrait par exemple utiliser ses journées d’absence rémunérées pour chercher un nouveau logement, obtenir des soins médicaux ou consulter des services juridiques.

Besoins immédiats

La présidente du SPGQ, Line Lamarre, mentionne que les victimes dépendent souvent de leurs revenus d’emploi pour subvenir à leurs besoins immédiats et, le cas échéant, à ceux de leurs enfants.

Line Lamarre accorde une entrevue en vidéoconférence.

Line Lamarre affirme que les victimes de violence conjugale qui souhaitent quitter leur foyer ont souvent des besoins financiers qui ne peuvent pas attendre.

Photo : Radio-Canada

Libérées de l’incertitude financière, elles seront plus enclines à quitter un foyer violent, croit Mme Lamarre.

On est convaincus que ça peut faire la différence entre une femme qui décide de partir et une femme qui décide de ne pas partir. Puis ça, ça veut dire accepter de subir encore de la violence. Alors, donnons-leur les moyens de quitter, de se retirer, de s'éloigner le temps que les autres programmes entrent en place, plaide-t-elle en entrevue à Radio-Canada.

« Si dans la nuit, je me suis enfuie pour aller trouver un refuge quelque part, puis-je être certaine que la semaine prochaine et l'autre d'après, j'aurai encore un revenu pour payer l'épicerie et le loyer? »

— Une citation de  Line Lamarre, présidente du SPGQ

Les dix jours de congés rémunérés réclamés par le SPGQ correspondent à ce qui a été offert aux employés de la fonction publique fédérale.

Le Québec en queue de peloton

Au Québec, les personnes devant s’absenter du travail pour cause de violence conjugale ou sexuelle ont en ce moment droit à deux jours de congés payés par année civile.

Deux femmes transportant une affiche sur laquelle est écrite l'inscription «Non à la violence faite aux femmes» marchent à la tête d'un groupe dans une rue d'Amos, en hiver, sous une faible neige.

De nombreuses manifestations ont été organisées au courant de la dernière année au Québec pour dénoncer la violence faite aux femmes, notamment à Amos (photo) le 6 décembre. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Selon une compilation faite par le syndicat, parmi l’ensemble des provinces et territoires canadiens, seule l’Alberta se montre moins généreuse que le Québec vis-à-vis des travailleuses et travailleurs victimes de violence. La province de l’Ouest ne leur offre aucun congé payé.

Les autres juridictions canadiennes offrent entre trois et dix jours de congés rémunérés.

Mettre fin à l'inacceptable

Dans un contexte où la pandémie a exacerbé la problématique de la violence faite aux femmes, Line Lamarre invite le gouvernement du Québec à agir sans tarder sur le front des journées d’absence rémunérées.

Il faut que le Québec, s'il est aussi distinct qu'il le dit, [cesse] de marquer le pas dans ce dossier parce que ce qu'on vit au Québec, c'est quelque chose qui est inacceptable et quand on dit que quelque chose est inacceptable, il faut poser les gestes pour démontrer que ce qu'on dit, on y croit, insiste la présidente du SPGQ.

La députée solidaire de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a accepté de parrainer la pétition du syndicat, qui est également soutenue par la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, et la députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.

Montage photo sous forme de triptyque montrant Méganne Perry Mélançon, Manon Massé et Isabelle Melançon.

La pétition a été parrainée par Manon Massé (au centre) et est soutenue par les députées Méganne Perry Mélançon (à gauche) et Isabelle Melançon (à droite). (Archives)

Photo : Paul Chiasson/La Presse Canadienne et Sylvain Roussel/Radio-Canada

Les trois élues ont d’ailleurs accepté de porter le dossier de façon transpartisane à l’Assemblée nationale.

Décision facile et simple

Le SPGQ soutient que le gouvernement pourrait intervenir rapidement en modifiant la Loi sur les normes du travail afin d’y inclure l’octroi de dix jours de congés rémunérés pour toute victime de violence conjugale.

Écoutez, ce n'est pas une grosse décision à prendre que de protéger les femmes du Québec, que de protéger les victimes de violence conjugale. C'est une décision qui nous semble facile, simple et qui devrait à tout le moins faire [l'objet] d'un engagement de modifier la Loi sur les normes du travail, insiste Line Lamarre.

La pétition du syndicat a été lancée jeudi sur le site de l’Assemblée nationale (Nouvelle fenêtre).

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