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Les premières sanctions contre la Russie, un geste d’unité aux effets limités

Un homme masqué marche sur la place Rouge.

En conférence de presse, mardi en fin d'après-midi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a annoncé l’imposition d’une première série de sanctions économiques à l'encontre de la Russie.

Photo : Getty Images / AFP/DIMITAR DILKOFF

La première série de sanctions annoncées par le Canada, les États-Unis et l’Allemagne contre la Russie a des effets économiques limités, mais envoie un signal clair à Moscou sur l’unité des pays occidentaux alliés, disent des analystes.

En réponse à l’opération politique et militaire du président de la Russie, Vladimir Poutine, qui a reconnu la souveraineté des séparatistes ukrainiens sur l'ensemble des territoires de Louhansk et de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, plusieurs pays membres de l’OTAN ont annoncé des sanctions de nature diplomatique et financière.

Ces sanctions-là ont aussi pour objectif, et peut-être principalement pour objectif, de montrer la résolution, la détermination et l’unité des alliés face à la Russie, explique Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« L'objectif, c’est de montrer que la Russie sera un État paria s’il se comporte de manière agressive. »

— Une citation de  Frédéric Mérand, directeur scientifique du Centre d'études et de recherches internationales

Selon Yann Breault, professeur d’études internationales au Collège militaire royal de Saint-Jean, il ne s’agit pas simplement de donner des leçons de droit international à [Vladimir] Poutine, mais bien de trouver les réels équilibres de force entre les puissances.

Le président des États-Unis, Joe Biden, a été clair, il n’y aura pas de troupes américaines sur le territoire ukrainien. Le seul outil dont [Biden] dispose, c'est des sanctions économiques, explique M. Breault, en spécifiant que ces dernières ne sont pas particulièrement dissuasives à ce stade-ci.

Une première série de sanctions

Parmi ces mesures, le chancelier de l’Allemagne, Olaf Scholz, a suspendu le processus de certification de l'oléoduc Nord Stream 2, une infrastructure gazière de 1230 kilomètres reliant l’Allemagne et la Russie par la mer Baltique.

Cette mesure est modeste, d’autant plus que l’oléoduc Nord Stream 2 n’est pas encore en service, contrairement au Nord Stream 1 qui le jouxte, souligne M. Mérand. Cependant, si la mesure reste en vigueur plus longtemps, elle provoquerait des conséquences économiques à moyen et à long terme, dit le professeur.

De son côté, le président des États-Unis, Joe Biden, a pris pour cible les élites russes, les institutions financières et le financement de la dette de la Russie en limitant les financements occidentaux. Mercredi, les États-Unis ont ajouté des sanctions contre l'entreprise chargée d'exploiter le gazoduc Nord Stream 2, dont la maison mère est le géant russe Gazprom.

À son tour, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a interdit toute transaction financière avec les banques russes soutenues par l’État, en plus d'annoncer des sanctions visant les membres du Parlement russe qui ont voté pour la décision illégale de reconnaître la souveraineté des territoires de Louhansk et Donetsk.

Les premières victimes des sanctions jusqu’à maintenant, c’est essentiellement la nomenklatura, les députés autour de Poutine, l’élite, les oligarques qui ont des actifs à Londres, en Suisse, ce seront les premières cibles de ces sanctions, dit M. Mérand.

L’indécision de l’OTAN donne du temps à Vladimir Poutine

Vladimir Poutine savait que des conséquences l’attendaient en réponse à sa démonstration militaire aux frontières de l'Ukraine, affirme M. Mérand. Le président russe, en prononçant son discours lundi, s’est donc exposé à des sanctions, mais de manière consciente et calculée.

« Vladimir Poutine savait très bien que ces sanctions allaient être adoptées et il a agi en connaissance de cause. »

— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

C’est un calcul que le président Poutine a fait, pensent les analystes, et il est prêt à ce qu’il y ait des coûts associés aux sanctions. En guise de comparaison, les sanctions à l’endroit de la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014 ont eu un impact de 1,5 % sur le PIB du pays, estime M. Breault, qui affirme que les sanctions annoncées jusqu’à présent sont un avant-goût de celles qui viendront durant les prochaines semaines.

M. Mérand soutient que des sanctions, pour qu'elles soient crédibles, il faut qu’elles vous fassent mal à vous aussi. Des sanctions dommageables pour l’économie des deux parties prenantes sont susceptibles d’avoir un poids politique plus grand, conclut-il.

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