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Une survivante raconte son histoire de traite de personnes pour changer les choses

Une femme de dos assise sur un lit.

Selon Statistique Canada, la Nouvelle-Écosse a le taux le plus élevé d'accusations de traite de personnes au pays.

Photo : Shutterstock / Yupa Watchanakit

Radio-Canada

Une jeune femme qui a survécu au trafic de personnes croit que les Néo-Écossais ont besoin de plus de formation pour repérer les signes du crime pour éviter que d'autres ne se retrouvent dans sa situation.

Selon Statistique Canada, la province a le taux le plus élevé d'accusations de traite de personnes au pays. Pour Vanessa Tynes-Jass, c'est en fait une bonne chose.

Ce que cela me dit, c'est que les victimes de cet horrible crime se manifestent, qu'elles n'ont pas peur de dénoncer et que des arrestations sont en cours, explique-t-elle.

Alors c'est excellent.

Vanessa Tynes-Jass a été victime de ce crime à l'adolescence à Halifax dans les années 90.

Elle essayait de subvenir à ses besoins et de terminer ses études secondaires en travaillant à temps partiel.

Lorsqu'elle n'a plus pu payer son loyer, elle a été forcée de se prostituer par le propriétaire de sa maison de chambres.

Elle raconte que plus tard elle a réalisé que lui et les autres filles du bâtiment l'avaient préparée pour ce qu’elle appelle le jeu.

Après un an et demi sous le contrôle de ses trafiquants, le meurtre de sa colocataire, Kelly Whynot, et plusieurs tentatives infructueuses de fuite, Vanessa Tynes-Jass a réussi à s'échapper à Ottawa et elle est rentrée en Nouvelle-Écosse.

Grâce au soutien de sa famille, elle a terminé ses études secondaires, elle a fait des études en droit et elle est devenue une avocate prospère. Elle pratique actuellement dans la région du Grand Toronto.

La prévention passe par l'éducation

À son avis, la formation donnée aux policiers et aux agents de la GRC a contribué à créer une atmosphère plus sûre pour que les victimes se manifestent.

Elle tient à souligner le travail de l’agent David Lane, qui fait partie de l'unité de lutte contre la traite des personnes de la Nouvelle-Écosse, qui est composée d'agents de la GRC et de la police municipale spécialement formés qui utilisent une approche centrée sur la victime pour traiter les cas de traite des personnes multijuridictionnels.

Il a rendu les victimes plus à l'aise, dit-elle. Elles ont le sentiment d’être vues et entendues et non pas jugées. Et c'est très, très important.

C’est pour ça que Vanessa Tynes-Jass voudrait voir plus de gens formés pour aider à déceler ce crime. Des formations pour les premiers répondants, mais aussi le personnel hôtelier, les propriétaires de Airbnb, les enseignants, les travailleurs sociaux et les médecins pour qu’il puisse reconnaître les signes et savoir comment réagir.

Elle dit aussi qu'il est crucial de protéger les jeunes de la pauvreté et de l'insécurité du logement qui les rendent particulièrement vulnérables à l'exploitation.

Miia Suokonautio regarde la caméra.

Miia Suokonautio est directrice du YWCA d’Halifax et fait partie du partenariat du système de services de traite et d'exploitation au centre.

Photo :  (CBC/Radio-Canada)

Miia Suokonautio est directrice du Young Womans Christian Association YWCA d’Halifax et fait partie du partenariat du système de services de traite et d'exploitation au centre. Il est bien d'accord avec l'évaluation de Vanessa Tynes-Jass.

Le logement est essentiel, dit-elle.

Nous savons que les jeunes, par exemple, sont exploités pour des besoins fondamentaux comme la sécurité alimentaire, le logement. Ils échangent du sexe pour se loger.

Elle explique que grâce au partenariat, ils organisent des séances de formation dans toute la province et commencent à voir de réels changements.

Les écoles ont introduit une unité sur la sensibilisation à la traite des personnes dans le programme au secondaire, et de nombreux grands hôtels et associations de camionnage offrent aussi une formation.

Statistique Canada rapporte qu'en 2019, la Nouvelle-Écosse avait le taux de traite de personnes par habitant le plus élevé au pays. Halifax en particulier avait un taux 7,5 fois supérieur à la moyenne nationale.

Pourtant, un récent sondage du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes montre que plus de la moitié des Canadiens en 'Atlantique ne savent pas ou ne croient pas que ça se produit dans leurs communautés.

Trois personnes sur quatre interrogées ont déclaré qu'elles ne pourraient pas reconnaître les signes de la traite de personnes.

Le fait qu'un quart des Néo-Écossais soient au courant est une réalisation importante , pense Miia Suokonautio.

Et Vanessa Tynes-Jass a un message pour tous ceux qui soupçonnent qu'ils sont manipulés ou qui tentent actuellement d'échapper à la traite et à l'exploitation sexuelle : Ce n'est pas la fin de l'histoire.

Elle espère que son histoire d'évasion et de reconquête de sa vie va inspirer d'autres personnes qui pourraient se sentir impuissantes.

Avec les informations de Rose Murphy de CBC

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