•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rejet de GNL Québec par Ottawa : Gazoduq dit évaluer les « prochaines étapes »

Carte du trajet du gazoduq entre l'Ontario et le Québec.

L'évaluation d'impact fédérale du projet de conduite de gaz de Gazoduq demeure toujours en cours.

Photo : Radio-Canada

Deux semaines après le refus d’Ottawa à l'endroit du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec à Saguenay, Gazoduq n’a pas signifié si elle comptait mettre fin à l’évaluation d'impact fédérale en cours. L'entreprise affirme attendre une décision de GNL Québec afin d'évaluer les « prochaines étapes ».

L’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) est en attente d’une réponse de Gazoduq sur ses intentions au sujet de son projet de gazoduc de 780 kilomètres qui devait être relié à l’usine d'Énergie Saguenay.

N’ayant pas reçu de mise à jour dans le dossier depuis que le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, a refusé d’accorder au début du mois les autorisations fédérales pour le projet d’Énergie Saguenay en raison de ses effets négatifs sur l’environnement, l’AEIC a communiqué avec Gazoduq lundi.

L'Agence n’a pas demandé la mise à jour dans un délai spécifique, a indiqué mardi Jean-Ridel Basigura, conseiller en communication au sein de l’agence fédérale.

Aucun travail n’est effectué actuellement dans le dossier de l’évaluation d'impact de Gazoduq par l’agence, indique-t-on. Le travail de l'Agence recommencera quand le promoteur aura soumis l'information et les études requises dans les Lignes directrices individualisées relatives à l’étude d’impact, a précisé M. Basigura.

Une commission d’examen indépendante n’a également pas encore été nommée dans le dossier. Si elle voit le jour, ce ne serait que peu de temps avant qu’une étude d’impact soit soumise par Gazoduq.

Deux portions du même projet

Rappelons que Québec avait également fermé la porte au projet, en juillet, en s’appuyant sur les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui estimait que le projet présentait plus de risques que d’avantages.

L’évaluation d’impact du projet de conduite de gaz naturel est toujours en cours, alors que l’AEIC ne peut mettre fin à l’évaluation sans être avisée par écrit par le promoteur.

Le projet de gazoduc qui devait relier le nord-ouest de l’Ontario à l’usine qui était projetée au port de Grande-Anse, à La Baie, est considéré dans son évaluation comme un projet indépendant, malgré le fait que les deux projets sont directement reliés et qu’ils possèdent la même société mère.

Si Gazoduq ne met pas fin à l’évaluation d’impact en cours depuis octobre 2019, le processus suivra son cours et Gazoduq devra soumettre son étude d’impact, ainsi que les études requises, au plus tard le 17 juillet 2023.

Cette date correspond à la période de trois ans octroyée après la dernière étape franchie dans le processus d’évaluation, à l’été 2020, après la version finale des lignes directrices émises par l’AEIC au promoteur en vue de la réalisation de l’étude d’impact.

Une carte indiquant l'emplacement projetée de l'usine Énergie Saguenay.

Le projet d'usine de liquéfaction d'Énergie Saguenay de GNL Québec était situé au port de Grande-Anse, à La Baie.

Photo : Radio-Canada

Gazoduq et GNL Québec ne se prononcent pas

Questionnés sur ses intentions, Gazoduq n’a pas voulu indiquer si elle comptait mettre fin ou non au projet. Gazoduq a pris acte de la décision du gouvernement fédéral concernant le projet Énergie Saguenay. Nous suivrons de près les décisions de GNL Québec afin d’évaluer nos prochaines étapes, a répondu l’entreprise, dans une déclaration transmise mardi en soirée par écrit.

Le son de cloche est le même du côté de GNL Québec, qui s’est limité mardi à fournir la même réponse que le jour du refus du projet par Ottawa. GNL Québec prend note de la décision du gouvernement fédéral et évaluera les impacts d’une telle décision sur le projet Énergie Saguenay, a-t-on répété, en réponse aux questions transmises.

Renouvellement au Registre des lobbyistes du Québec

GNL Québec et Gazoduq ont néanmoins renouvelé leur inscription au Registre des lobbyistes du Québec le 14 février dernier.

Jim Illich, le promoteur américain derrière les deux projets, ainsi que Tony Le Verger, le président de GNL Québec, demeurent les deux lobbyistes inscrits pour GNL Québec.

Jim Illich demeure le seul inscrit pour Gazoduq. L’inscription de Louis Bergeron, qui avait repris la barre de Gazoduq en mai, avait été retirée en septembre dernier. Il avait été retiré au même moment également du registre canadien des lobbyistes, où Jim Illich est également le seul inscrit.

Entente d’évaluation conjointe entre Québec et Ottawa

Si Gazoduq ne met pas fin au processus d’évaluation de l’AEIC, l’agence fédérale indique d’ailleurs qu’elle continuera de collaborer avec Québec pour l’évaluation du gazoduc, en vertu des engagements liés à l’entente conclue au printemps 2020 entre les deux paliers de gouvernement pour procéder à une seule évaluation du projet.

Questionné sur les intentions de Québec face à cette entente, le cabinet du ministre de l’Environnement et de La Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, a remis en question la réalisation du projet.

Il est difficile de croire que le projet de Gazoduq pourrait se concrétiser alors que le projet GNL, pour lequel il se construit, n’existe plus, a-t-on répondu, dans une déclaration transmise mardi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !