Une réforme de la gouvernance scolaire fait réagir au Nouveau-Brunswick

Le ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, avait déposé en 2019 son livre vert proposant des changements majeurs.
Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Au Nouveau-Brunswick, les partis d’opposition désapprouvent vivement une réforme de la gouvernance scolaire proposée après deux ans de pandémie. Quant aux enseignants, ils ne voient tout simplement pas le besoin d’une telle réforme.
Les objectifs du ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, sont fortement remis en question par le chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson.
Ce dernier a l’impression que le ministre veut mettre en place une réforme que personne n’a demandée.
Parallèlement, les conseils d’éducation francophone se demandent si le ministre n’est pas en train d’évaluer l’abolition de ces conseils.
Le rôle des conseils d’éducation
Les conseils d’éducation (CED) établissent l'orientation et les priorités de leur district scolaire, prennent des décisions et établissent des politiques qui orientent le travail de la direction générale et le fonctionnement des écoles.
Selon Roger Melanson, si le gouvernement avait à réformer la structure de gouvernance en éducation, il faudrait s’assurer que la communauté occupe un rôle encore plus important dans les écoles, plutôt que de songer à éliminer les CED francophones.
La vérificatrice générale a déjà dit publiquement dans ses rapports qu’il devrait y avoir plus de stabilité dans le secteur de l’éducation
, dit-il. Avec ce que l’on vient de vivre depuis deux ans, avec cette pandémie, je pense que ce n’est pas le moment de bouleverser [et de] de virer à l’envers tout le système d’éducation actuellement.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, en visioconférence le 22 février 2022
Photo : Radio-Canada
Tout comme la Fédération des Conseils d’éducation, Roger Melanson réclame que la province investisse plutôt dans le rattrapage pour les enfants, dans leur santé mentale et dans l’embauche de plus d’enseignants.
Un avis que partage également le député du Parti vert du Nouveau-Brunswick dans Kent-Nord, Kevin Arseneau.
On dirait que c’est une réforme qui se fait à l’envers
, lance pour sa part Kevin Arseneau. Le ministère veut régler des problèmes qu’il perçoit comme des problèmes. Mais est-ce que ce sont ces problèmes-là qu’on perçoit sur le terrain?
lance-t-il.
Les enseignants se questionnent également
La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Nathalie Brideau, déclare que les enseignants ne voient pas l’utilité de cette réforme.
De plus, ils ne l’ont jamais demandée.
Selon Nathalie Brideau, les enseignants — qui sont constamment sur le terrain — ne se sentent pas consultés dans cette idée de réforme du ministre Cardy.
Tout comme les CED francophones, elle s’attend à ce qu’on s’attaque à d’autres priorités, alors que la pandémie n’est pas terminée, et que les élèves écopent encore.

La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, Nathalie Brideau, en visioconférence le 22 février 2022
Photo : Radio-Canada
Nathalie Brideau ajoute que pour les enseignants, éliminer les Conseils d’éducation de district ou réduire leurs effectifs n’est pas une bonne solution pour le système d’éducation francophone.
L’Acadie se doit d’être capable de choisir l’orientation de ses écoles, en cogérant les budgets, en aidant aux prises de décision
, affirme-t-elle. On veut améliorer la vitalité de la communauté linguistique des Acadiens, on ne veut pas enlever de pouvoir aux gens.
Nathalie Brideau se questionne sur les répercussions des choix de la province dans ce dossier.
Le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick n’a pas été en mesure de répondre à une demande d’entrevue lors de la mise en ligne de cet article.
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Avec les informations de Sarah Déry
