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Un Québécois sur quatre appuie le message des manifestants antimesures sanitaires

Une femme tient un pancarte sur laquelle on peut lire « Vacciné et tanné ».

Des manifestants contre les mesures sanitaires à Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Plus de 25 % des Québécois appuient le message véhiculé par les manifestants contre les mesures sanitaires, révèle un sondage de l'Institut national de santé publique du Québec (Nouvelle fenêtre) (INSPQ), dont les résultats ont été publiés mardi.

L'INSPQ mène des sondages toutes les deux semaines pour mesurer notamment l'adhésion de la population aux trois principales règles sanitaires recommandées par les autorités : distanciation physique, lavage fréquent des mains et éviter les rassemblements privés.

Dans la section intitulée Croyances et perceptions des répondants en lien avec la COVID-19 et les mesures recommandées, 26 % des 6600 personnes sondées sur Internet disent être d'accord avec les motifs qui ont mené aux manifestations d'Ottawa et Québec. Environ 70 % affirment être en désaccord, contre 4 % d'indécis.

Des policiers portant des casques font face aux manifestants.

Les policiers et les manifestants se font face dans le centre-ville d'Ottawa la semaine dernière. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Frederic Pepin

Des manifestations au but commun

Cette question a été ajoutée au plus récent sondage, en raison de l'actualité des dernières semaines. Malgré leurs conclusions différentes, les manifestations de Québec et d'Ottawa avaient un but commun : dénoncer les mesures sanitaires et les gouvernements qui les appliquent.

Des manifestants rassemblés devant l'édifice du parlement, à Québec, en hiver.

La manifestation contre les mesures sanitaires qui s'est déroulée à Québec au cours de la fin de semaine avait des allures de fête. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Or, ces manifestants et leurs idéologies ont gagné de nombreux appuis au sein de la population québécoise ces dernières semaines. Ils ne peuvent plus être pris à la légère, croit la Dre Ève Dubé, chercheuse à l'INSPQ.

Il y a quand même le quart des répondants [au sondage] qui appuie les manifestations sanitaires, donc ce n'est plus qu'une minorité dont on n'a pas besoin de se préoccuper, commente la scientifique qui analyse les tendances dans les sondages de l'INSPQ depuis le 1er juillet 2020.

« Il y a de plus en plus de gens qui sont fatigués et même s'il y a des assouplissements, ils ont l'impression que ça ne finit jamais. »

— Une citation de  Dre Ève Dubé, chercheuse à l'INSPQ
Ève Dubé lors d’une entrevue à l’extérieur, de jour, en hiver.

L'anthropologue Ève Dubé (archives).

Photo : Radio-Canada

Une tendance depuis janvier

L'adhésion aux mesures a toujours fluctué au fil des vagues, mentionne Mme Dubé. Mais les Québécois ont dans l'ensemble tendance à moins respecter les règles sanitaires depuis l'avènement de 2022.

Lorsqu'Omicron est devenu omniprésent dans les conversations en décembre dernier, les gens se sont mobilisés et ont changé leur plan pour Noël, raconte-t-elle. Cette mobilisation a toutefois été de courte durée chez certains, explique la professeure en anthropologie à l'Université Laval.

Dans le plus récent sondage de l'INSPQ, 34 % des répondants préfèrent courir le risque de contracter la COVID-19 plutôt que de renoncer à leur vie sociale.

Une affiche qui demande à François Legault de se taire.

Des manifestants réclament la démission de François Legault.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

De plus, 54 % des répondants pensent que le passeport vaccinal devrait être requis pour obtenir davantage de services comme aller au spa. L'appui a fondu par rapport à septembre dernier, par exemple, alors que 77 % des sondés affirmaient être favorables au passeport vaccinal pour avoir accès à certains lieux.

« Ce groupe-là [antimesures sanitaires] semble gagner de plus en plus d'adeptes. Ça semble en augmentation depuis janvier. »

— Une citation de  Dre Ève Dubé, chercheuse à l'INSPQ

Le fossé s'agrandit depuis Omicron

Le fossé se creuse d'ailleurs de plus en plus entre ceux qui suivent rigoureusement les mesures sanitaires et ceux qui les respectent de moins en moins. À ce propos, le nombre élevé de Québécois infectés par Omicron a changé la donne, constate la Dre Dubé.

On observe des différences importantes entre les gens qui ont eu la COVID et ceux qui ne l'ont pas eue. [Ceux qui ont contracté] la COVID peuvent être moins motivés à suivre les mesures, affirme l'anthropologue.

Une polarisation semble s'accentuer entre les gens qui sont toujours préoccupés par la COVID, qui veulent minimiser les risques de l'attraper et l'autre groupe plus réfractaire aux mesures, fatigué de la pandémie, qui trouve qu'on exagère, qui banalise un petit peu le risque de la COVID. Ce clivage s'accentue, ajoute-t-elle.

« L'adhésion diminue avec l'âge, plus on est jeune, moins on adhère. »

— Une citation de  Dre Ève Dubé, chercheuse à l'INSPQ

Une gestion qui va changer

La Dre Ève Dubé estime qu'à l'image des autres sociétés, le Québec s'en va graduellement vers un autre paradigme dans sa gestion de la pandémie. Elle espère néanmoins que certaines mesures perdureront.

Avant la COVID, on avait une tout autre vision des maladies infectieuses. Il y avait cette culture d'aller travailler pareil avec les symptômes de maladies infectieuses. On espère que la COVID, ça va faire en sorte que les gens auront cette responsabilité individuelle. Une fois qu'on aura levé l'obligation de porter le masque.

Jeunes et adultes rédigent des messages au nom de la liberté.

Jeunes et adultes ont rédigé des messages à Québec au nom de la liberté.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Méthodologie

Les résultats des sondages menés aux deux semaines par l'INSPQ depuis le 1er juillet 2020 portent sur les réponses de 6600 participants sur le web. Dans le plus récent sondage, les Québécois ont répondu à une soixantaine de questions entre les 4 et 16 février 2022.

Les résultats présentés doivent être interprétés avec prudence, puisque l’échantillonnage non probabiliste ne présente pas de marge d’erreur, souligne l'INSPQ.

La semaine dernière, un sondage Léger montrait par ailleurs qu'un Canadien sur trois était d'accord avec le message véhiculé par le convoi des camionneurs.

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