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Moscou reconnaît la souveraineté des séparatistes sur Louhansk et Donetsk en entier

Le président Poutine laisse planer le mystère sur le déploiement de l'armée russe en Ukraine. « Je n'ai pas dit que nos soldats vont y aller là, maintenant [...] Cela dépendra [...] de la situation sur le terrain », dit-il.

Vladimir Poutine.

Le président russe, Vladimir Poutine, en conférence de presse, mardi, au Kremlin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Mikhail Klimentyev

Radio-Canada

Moscou reconnaît l'indépendance des séparatistes ukrainiens sur l'ensemble des territoires de Donetsk et Louhansk, soit un territoire plus large que celui qu'ils contrôlent de facto à l'heure actuelle, a annoncé mardi le président russe Vladimir Poutine.

Présentement, la République autoproclamée de Donetsk, dans l'Est ukrainien, ne contrôle qu'une partie de la province du même nom, l'autre partie étant sous contrôle ukrainien. Il en va de même pour la République de Louhansk.

« Nous avons reconnu l'indépendance de ces républiques, c'est-à-dire tous leurs documents fondamentaux, y compris leur Constitution. Et dans la Constitution sont inscrites les frontières des régions de Donetsk et Louhansk telles qu'elles étaient quand elles faisaient partie de l'Ukraine. »

— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Le président russe, qui s'exprimait devant des journalistes, a cependant précisé que les frontières exactes devraient être tracées lors de pourparlers entre le gouvernement ukrainien et les deux républiques séparatistes, qui se trouvent en territoire ukrainien, en vertu du droit international.

M. Poutine a par ailleurs continué de laisser planer le mystère sur le déploiement de l'armée russe en sol ukrainien. Lundi, il avait ordonné à l'armée russe de maintenir la paix dans les deux territoires séparatistes, mais sans donner plus de détails.

Je n'ai pas dit que nos soldats vont y aller là, maintenant [...] Cela dépendra, comme on dit, de la situation sur le terrain, a-t-il déclaré.

À l'heure actuelle, personne ne sait si des soldats russes ont mis les pieds en Ukraine. Selon un témoin cité par l'agence Reuters, un convoi militaire de plus de 100 camions transportant des soldats a été vu en train de se diriger vers la frontière de l'Ukraine dans la région russe de Belgorod, mardi soir (heure locale).

Le maître du Kremlin a aussi réitéré que les accords de Minsk, signés en septembre 2014 par Kiev et Moscou dans le but d’apaiser les tensions dans l'est de l'Ukraine, n'existaient plus. Il a accusé le gouvernement ukrainien de les avoir tués.

M. Poutine a également appelé l'Ukraine à se démilitariser et a dénoncé ce qu'il a qualifié d'ambitions ukrainiennes de se doter de l'arme nucléaire, disant y voir une menace dirigée contre la Russie. Selon lui, Kiev n'aurait qu'à se doter d'équipements pour enrichir de l'uranium pour être en mesure de menacer son pays.

« Si nos prétendus partenaires gorgent les autorités de Kiev d'armes modernes [...] alors le point le plus important est dans une certaine mesure la démilitarisation de l'Ukraine actuelle. »

— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Pour mettre fin à la crise actuelle, a encore dit M. Poutine, il faudrait que les autorités ukrainiennes refusent d'elles-mêmes de rejoindre l'OTAN et s'en tiennent à une neutralité, a déclaré M. Poutine.

Des parlementaires se tiennent debout dans une enceinte.

Les sénateurs russes ont rapidement autorisé le président Vladimir Poutine à envoyer des militaires en Ukraine.

Photo : Reuters / Conseil de la Fédération de Russie

Les parlementaires approuvent la politique de Poutine

Le président Poutine s'exprimait après que le Sénat russe eut formellement approuvé le déploiement de militaires de la Russie sur les territoires ukrainiens sécessionnistes. La requête a été plaidée par le vice-ministre russe de la Défense, Nikolaï Pankov, qui a insisté sur l’importance de protéger l’intégrité territoriale des deux territoires.

Aux frontières des républiques populaires de Donetsk et Louhansk, une armée [ukrainienne] de 60 000 hommes et de blindés lourds a été déployée, a fait valoir M. Pankov aux sénateurs, réunis en session extraordinaire pour l'occasion.

Plus tôt dans la journée, les deux chambres du Parlement russe avaient approuvé à toute vapeur les accords d'entraide avec les territoires séparatistes d'Ukraine signés la veille par Vladimir Poutine.

Selon les textes publiés sur le site de la Douma, ces accords, valables pour une décennie, prévoient notamment que les parties vont assurer leur défense, partager des bases militaires et protéger leurs frontières en commun.

Les accords créent le fondement juridique pour la présence dans ces territoires des unités militaires russes nécessaires au maintien de la paix dans la région et pour assurer une sécurité durable des parties, selon une note explicative accompagnant ces textes.

Ils fixent les obligations des parties pour assurer une assistance mutuelle si l'une des parties est la cible d'une attaque, et prévoient la protection en commun des frontières.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part annoncé l'évacuation dans les plus brefs délais de tout son personnel diplomatique en Ukraine, en accusant Kiev de ne pas faire le nécessaire pour garantir leur sécurité.

Il a aussi confirmé avoir établi des relations diplomatiques avec les deux régions séparatistes de l'Est de l'Ukraine.

L'OTAN s'attend à une attaque de grande envergure de la Russie

L'OTAN s'attend à une attaque de grande envergure de la Russie en Ukraine et a mis sa force de réaction rapide en alerte pour défendre les alliés, a annoncé mardi son secrétaire général.

Tout laisse croire que la Russie prévoit une attaque massive en Ukraine, a déclaré Jens Stoltenberg après une réunion extraordinaire de la commission OTAN-Ukraine au siège de l'Alliance à Bruxelles.

Nous ne savons pas si la Russie a reconnu les oblasts de Donetsk et Louhansk ou simplement les parties occupées par les séparatistes. Ce n'est pas clair, a-t-il ajouté alors qu'il s'exprimait juste avant que Vladimir Poutine ne précise le tout.

La Russie avait promis de retirer ses troupes et, au lieu de cela, elle concentre plus de forces, en formation de combat, prêtes à frapper, a-t-il affirmé.

L'OTAN est prête à défendre les alliés, a aussi annoncé M. Stoltenberg. La Force de réaction rapide est en phase d'alerte, mais elle n'a pas été déployée, a-t-il annoncé.

Cette Force compte 40 000 militaires et est dotée d'une force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) de 8000 soldats, dont 7000 Français, avec une composante aérienne placée actuellement sous commandement français.

Nous avons envoyé des renforts à l'est et nous en avons d'autres en attente. Nous avons plus de 100 avions en alerte et 120 navires en mer, a-t-il détaillé.

Le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a affirmé mardi qu'une guerre massive en Ukraine ne se produira pas, nous ne laisserons pas faire.

Il a soutenu que l'Ukraine d'aujourd'hui n'était pas celle de 2014, et que l'armée ukrainienne avait fait beaucoup de progrès pour se perfectionner.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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