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Les grands transformateurs aux abonnés absents du salon Fourchette bleue

Travailleurs de l'usine de transformation du crabe des neiges.

Le salon vise à développer un marché local pour les produits du Saint-Laurent, qui sont exportés à 80 % (archives).

Photo : Radio-Canada

De grands noms de la transformation de fruits de mer dans l’Est-du-Québec comme Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, E. Gagnon & Fils, Marinard ou Groupe UMEK brillent par leur absence pour le premier salon Fourchette bleue, qui commence mardi à Rivière-du-Loup.

L’événement vise à améliorer l’accès aux poissons et fruits de mer du Saint-Laurent aux restaurateurs et poissonneries des grands centres urbains de la province. Pour le moment, environ 80 % de ce qui est pêché dans le Saint-Laurent est exporté.

Les organisateurs du salon Fourchette bleue espèrent justement participer à inverser cette tendance, mais l’organisation n’a pas réussi à convaincre plusieurs membres de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) de s’y présenter.

Les transformateurs de Sainte-Thérèse-de-Gaspé E. Gagnon & Fils et Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan indiquent tous les deux préférer se concentrer sur le salon de Boston, la principale foire commerciale nord-américaine pour les produits de la mer, qui se déroule à la mi-mars.

On va revoir tous nos partenaires d’affaires, nos clients et nos distributeurs au show de Boston. Pour ce qui est du Québec, il n’y a pas de nouveaux joueurs, ce sont les mêmes distributeurs, les mêmes chaînes alimentaires. Ce sont des contacts qu’on a tous déjà, explique Bill Sheehan, vice-président marketing de E. Gagnon & Fils et président de l’AQIP.

Bill Sheehan de E. Gagnon et Fils

Bill Sheehan de E. Gagnon et Fils

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Le modèle d’affaires de son entreprise n’est pas adapté à un modèle de vente directe et en plus petits volumes.

On n’a pas de réseau de distribution pour aller directement aux restaurateurs. On n’a pas la logistique. On pourrait peut-être développer ce marché, mais ce serait une autre étape, explique-t-il.

« J’aimerais bien vendre directement aux restaurateurs, ce n’est pas de quoi qui est possible pour nous, c’est trop difficile. C’est un autre business. »

— Une citation de  Bill Sheehan, vice-président marketing de E. Gagnon &Fils et président de l’AQIP

La proximité des dates de la tenue du salon de Rivière-du-Loup et de celui de Boston ainsi que l’incertitude liée aux restrictions sanitaires ont aussi poussé Bill Sheehan à faire une croix sur celui de Fourchette bleue.

Il note aussi la demande très vigoureuse à l'étranger pour le crabe des neiges et le homard, que E. Gagnon & Fils transforme puis vend à des distributeurs qui revendent ensuite ces produits à l’année.

Vendre plus au Québec

À Gaspé, l’entreprise Les Pêcheries Marinard invoque le changement de propriétaire - l’entreprise passe aux mains du transformateur terre-neuvien Daley Foods - pour justifier son absence du salon Fourchette bleue.

Du côté de Crustacés de Malbaie, le président, Gaétan Denis, indique qu’il ne souhaite pas participer au salon Fourchette bleue, car son entreprise se concentre sur l’exportation de ses produits et non sur le marché local.

Les entreprises de Gaspé Menu Mer et Les Pêcheries gaspésiennes ont pour leur part décidé de faire la route jusqu’à Rivière-du-Loup, de rencontrer les acteurs de l’industrie et de prendre le pouls de la demande pour les espèces du Saint-Laurent.

C’est une place pour rencontrer des gens, pour vérifier si on ne peut pas trouver de nouvelles relations d’affaires, explique Tony Denis, copropriétaire de Menu Mer, un transformateur qui vend ses produits principalement au Québec.

De son côté, le directeur des opérations des Pêcheries gaspésiennes, Simon Langlois, explique vouloir vendre davantage de produits à l'échelle locale.

On exporte en Asie, on exporte beaucoup quand même. Mais on voudrait que ça reste plus au Québec, explique-t-il.

Quant aux transformateurs de la Côte-Nord, ni I & S Seafoods, de Rivière-Saint-Paul ni Groupe UMEK, de Sept-Îles, ne participent au salon Fourchette bleue. La petite entreprise Les crevettes de Sept-Îles sera par contre présente.

Débouchés pour petits volumes

L'organisatrice du salon et directrice d’Exploramer, Sandra Gauthier, n’est pas préoccupée par l’absence de ces grands transformateurs.

Selon elle, les grosses usines de transformation n’ont aucune difficulté à écouler leurs stocks sur le marché québécois, ce qui n’est pas le cas pour d’autres transformateurs qui veulent écouler de plus petits volumes de produits comme l’oursin, le concombre de mer ou le flétan.

En entrevue dans un studio radio de Radio-Canada, Sandra Gauthier sourit à la caméra.

La directrice d’Exploramer et fondatrice de la certification Fourchette bleue, Sandra Gauthier (archives)

Photo : Radio-Canada / Cécile Gladel

Ce sont des petits volumes qui ne s'embarquent pas dans les grands marchés étrangers nécessairement, ou de façon moins évidente. Ces petits volumes ont un grand intérêt pour le marché du Québec, explique-t-elle.

Des plus petits transformateurs, comme Seabiosis, Corail St-Laurent, Fermes Belles Amours ou Un Océan de Saveurs seront d’ailleurs présents au salon Fourchette bleue.

Invité à réagir, le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, indique soutenir les événements qui ont le potentiel de faire davantage connaître les produits de la mer à l’ensemble des Québécois ainsi qu’à l’extérieur de nos frontières.

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