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Carboneutralité d’ici 2040 : beaucoup d’obstacles à surmonter pour l’Î.-P.-É.

Un camion sur la route en hiver.

L'Île-du-Prince-Édouard prévoit réduire les émissions du secteur des transports de 55 % à 65 % d'ici 2040 (archives).

Photo : Autre banques d'images / Guy Leblanc

Le plan du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard qui vise à rendre la province carboneutre d’ici 2040 serait peu réaliste, selon des députés de partis d’opposition. Un expert estime que l’objectif est atteignable, mais il souligne que certains éléments de la transition vers la carboneutralité échapperaient au contrôle du gouvernement.

Le plan a été présenté par le ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Lutte contre le changement climatique de l'île, Steve Myers, jeudi dernier.

La députée verte Hannah Bell se dit inquiète de l’échéancier que s’est donné la province et elle déplore un manque de détails concernant la mise en œuvre du plan.

Nous disposons d’un échéancier très court. Ce n’est pas un travail que nous pouvons nous permettre d’ignorer, explique-t-elle.

Hannah Bell.

La députée verte Hannah Bell juge que l’échéancier provincial pour devenir carboneutre est très court (archives).

Photo : Radio-Canada

Le député libéral Robert Henderson croit que le plan est peu réaliste.

Il s’inquiète aussi des coûts du projet pour les contribuables, car le gouvernement n’a pas précisé les montants qui sont investis.

Il faut que ce soit réaliste et que ce soit abordable! souligne-t-il.

Le député libéral considère le plan provincial comme étant trop optimiste, car le projet nécessiterait une véritable transformation de l’infrastructure et de la logistique.

Même si nous avons tous des véhicules électriques, le système qui permet de les recharger dans un délai raisonnable n’est pas encore prêt, ajoute-t-il.

Robert Henderson.

Le député libéral Robert Henderson croit que le plan de l’île est peu réaliste (archives).

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Pour atteindre son objectif, le gouvernement compte investir dans le transport en commun, créer des infrastructures pour faciliter d'autres moyens de transport, comme le vélo, et accélérer l'achat de véhicules électriques.

Le secteur agricole devrait réduire ses émissions de 35 % à 50 %, d'ici 2040.

La transition vers des bâtiments écoénergétiques se trouve également parmi les principaux objectifs du gouvernement.

Steven Myers.

Le ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Lutte contre le changement climatique, Steve Myers, a présenté son plan Net-Zéro, le 17 février (archives).

Photo : CBC / Ken Linton

Une transformation difficile pour l'industrie des transports

Claude Villeneuve, professeur titulaire à l’Université du Québec à Chicoutimi et directeur de Carbone boréal, explique qu’il est possible que l’île atteigne son objectif, compte tenu de sa taille.

Il souligne néanmoins que le gouvernement ne serait pas en mesure de contrôler tous les facteurs de transition vers la carboneutralité, notamment l’adhésion de la population et de tous les secteurs de l’économie.

Le transport est très difficile à rendre carboneutre, à part faire du vélo et de la marche. Mais on sait que c’est assez difficile de transporter un camion de patates avec des vélos. Ces enjeux ne peuvent pas se corriger uniquement par des actions qui proviennent de l’Île-du-Prince-Édouard, mais doivent se situer à l’intérieur d’un mouvement nord-américain, explique-t-il.

Claude Villeneuve interviewé.

Claude Villeneuve, directeur de Carbone boréal, souligne l'importance d'une chaîne d’approvisionnement avec des sources énergétiques propres.

Photo : Radio-Canada

Claude Villeneuve rappelle que l’offre de véhicules électriques reste encore limitée en raison de la lenteur de la transformation de l’industrie du transport.

L’industrie automobile et [celle] du camionnage sont en train de bouger, mais la vitesse avec laquelle cela se transforme ne serait pas compatible avec l’objectif de 2040 sans la compensation [avec crédits de carbone], ajoute-t-il.

Le directeur de Carbone boréal explique que pour arriver à la carboneutralité, l’île devrait aussi miser sur l’amélioration de sa chaîne d’approvisionnement énergétique.

Le courant qui sera utilisé pour recharger les batteries des véhicules électriques ne devrait pas provenir de centrales thermiques au charbon.

Si on n’a pas un approvisionnement avec des énergies propres, même un véhicule électrique pourrait émettre du CO2 indirectement, précise-t-il.

Avec des renseignements de Tony Davis de CBC

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