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Mississauga veut souligner l’histoire d’un village autochtone enterré sous un quartier

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Les fouilles archéologiques du village autochtone d'Antrex, nommé au moment de la fouille, ont eu lieu entre 1992 et 1994.

Photo : ASI Heritage

Radio-Canada

La Ville de Mississauga veut souligner l’histoire d’un village autochtone découvert il y a plusieurs années, puis enterré sous un projet immobilier. Pour y arriver, elle compte collaborer avec les communautés autochtones de la région, qui souhaitent de leur côté partager l’histoire de leurs ancêtres.

Si vous demandez à la plupart des résidents du quartier Britannia de Mississauga depuis combien de temps les gens y vivent, ils vous diront probablement depuis les années 1990.

Mais, en réalité, des familles y ont élu domicile dès le XIVe siècle.

Il y a environ 30 ans, avant l’amorce d’un projet de construction pour ériger un quartier résidentiel, des archéologues ont fouillé le site et découvert les restes d’un village autochtone avec environ 40 000 artéfacts.

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Parmi les artéfacts récupérés sur le site, on retrouve entre autres une collection de projectiles en pierre, à gauche, et une marmite en céramique reconstituée, à droite.

Photo : ASI Heritage

Il y a des gens qui vivent dans ces maisons et qui n'ont aucune idée sur quoi leurs maisons sont construites. J’ai trouvé ça choquant, affirme la conseillère municipale Carolyn Parrish, qui représente le quartier en question.

Le site se trouve juste à côté du terrain de golf Grand Highland, situé entre la rue Hurontario et l'autoroute 403, qui a été acheté par la Ville l'année dernière dans l'espoir de le transformer en parc public.

La conseillère Carolyn Parrish a découvert l’histoire du village à la fin de l’année dernière par l’entremise du directeur du patrimoine de Mississauga.

Cette semaine, elle a présenté une motion au conseil municipal, approuvée à l’unanimité, pour travailler avec les communautés autochtones locales afin de souligner, d’une façon ou d’une autre, l’histoire du village dans le nouveau parc.

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Vue aérienne du terrain de golf Grand Highland, qui a été acheté par la Ville de Mississauga pour en faire un parc public.

Photo : Carolyn Parrish

Collaboration avec les communautés autochtones

Le chef R. Stacey Laforme de la Première Nation des Mississaugas de Credit est favorable à l’initiative. Nous allons examiner cela dans une approche de partenariat, explique le chef, qui souhaite commencer par plonger plus profondément dans l'histoire du site et parler avec d'autres Premières Nations concernées pour obtenir leur avis.

« Si nous pouvons rendre justice à la véritable histoire de ce pays, même si ce n'est qu'à un seul endroit pour l'instant, c'est une bonne chose. »

— Une citation de  R.Stacey Laforme, chef de la Première Nation des Mississaugas de Credit

La superviseure en archéologie pour le conseil élu des Six Nations de la rivière Grand, Tanya Hill-Montour, a également très hâte de s'impliquer.

Nous devons commencer à reconnaître ces zones et raconter leur histoire aux membres de la communauté de la région de Mississauga, dit-elle.

L’histoire du village remonte aux années 1300, selon un rapport présenté au conseil. La communauté abritait plusieurs centaines de personnes qui sont les ancêtres des Hurons-Wendats, du peuple Wyandot et des Haudenosaunee [Iroquois].

Il aurait été occupé pendant au moins une génération, avant que le sol de la région ne perde sa capacité à faire pousser des cultures, selon le rapport.

Une découverte archéologique significative

L'archéologue David Robertson, dont l'entreprise a travaillé sur les fouilles, se rappelle avoir découvert les restes de trois maisons longues complètes et des parties de deux autres, ainsi que des milliers de récipients en céramique, de pipes à fumer, d'outils et d'autres artéfacts.

Ces découvertes ont été assez importantes pour notre compréhension du peuplement précolonial de cette région par les Premières Nations, affirme-t-il.

Les artéfacts sont maintenant hébergés sur le campus de l'Université de Toronto à Mississauga, dit-il, où ils ont fait l'objet de recherches.

L’archéologue estime qu’il est plus que temps de souligner l’histoire du village d’une façon ou d’une autre. D'après lui, d’autres constructions modernes ont été érigées sur des sites semblables, sans qu’aucun exercice archéologique n’ait été fait.

Il faut se rappeler que des personnes habitent dans la région depuis 10 000 ans, c'est beaucoup de temps, donc ça représente beaucoup de sites, conclut-il.

Le gestionnaire du patrimoine de la Ville estime qu'il faudra probablement quelques années avant que le nouveau parc ne soit terminé.

Bien que ce ne soit que le début, Carolyn Parrish et le chef R. Stacey Laforme ont hâte de commencer.

Je vais demander beaucoup d'argent dans le prochain budget. Ce ne sera pas une petite plaque en laiton au sommet de la colline, affirme la conseillère municipale.

Le chef R.  Stacey Laforme espère de son côté que l’approche choisie aura le pouvoir d'enseigner aux gens l’histoire de la terre où ils se trouvent.

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Le chef R. Stacey Laforme de la Première Nation des Mississaugas de Credit souhaite travailler en partenariat avec la Ville pour commémorer l'histoire du village.

Photo : CBC / Talia Ricci

Dans ma communauté, nous vivons dans le moment présent. Mais si nous restons coincés dans celui-ci, nous ne serons jamais meilleurs que nous ne le sommes, juge-t-il.

Avec les informations de Paula Duhatschek, CBC News

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