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Une solution pour financer sa maison en respectant sa foi musulmane en Alberta

L'imam Mahmoud Omar, debout devant la Mosquée.

L'imam Mahmoud Omar se réjouit de pouvoir enfin offrir aux Albertains musulmans des solutions de financement qui respectent tous les préceptes coraniques.

Photo : Radio-Canada / Patrick Stevens

Pour des centaines de milliers de musulmans qui adhèrent aux principes du Coran qui proscrivent le paiement d’intérêts, acheter une maison est un rêve hors de portée au Canada. Une nouvelle entreprise de finance islamique, créée en partenariat avec la mosquée edmontonienne Al-Rashid, leur offre une solution.

Blanca Lima, Edmontonienne de confession musulmane, a longtemps cru qu’il lui serait impossible de devenir propriétaire sans écorcher ses principes.

Puisqu’on ne peut pas payer d’intérêts, on ne peut pas avoir d’hypothèque avec une banque pour commencer. Il faudrait donc avoir assez d’économie pour payer en argent. [....] Personne n’a autant d’argent comptant, explique-t-elle.

C’est pour cela qu’elle et d’autres membres de la Mosquée Al-Rashid ont travaillé pendant deux ans à élaborer un nouvel organisme de finance islamique en Alberta.

La Canadian Halal Financial Corporation a pris forme vers la fin de 2021. Elle est dirigée par Thomas A. Lukaszuk, qui a entre autres été ministre de l’Emploi et de l’Immigration sous Ed Stelmach, et l’avocat John Stainton.

Toutes les opérations et les contrats de cette nouvelle institution financière sont revus et certifiés par un comité d’experts de la loi coranique de la mosquée Al-Rashid.

Une maison enneigée devant laquelle il y a une pancarte à vendre.

Des frais sont imposés plutôt que des intérêts et des solutions alternatives sont offertes en cas de défaut de paiement. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jordan Mesiatowsky

Pas d’intérêts ni d’institutions tierces dans les contrats

L’imam Mahmoud Omar explique que dans la foi islamique, les contrats doivent se faire entre partenaires, vendeurs et acheteurs, et ne pas impliquer de tierces parties.

On ne peut pas juste dire "je vais te prêter de l’argent et je vais devenir plus riche. Tu fais ce que tu veux avec, mais tu me le redonnes avec des intérêts". L’Islam interdit cela et promeut plutôt un sens de communauté et de partenariat.

Les hypothèques islamiques, offertes couramment au Moyen-Orient, mais par seulement quelques institutions financières au Canada, ne sont pas calculées en fonction d’un taux d’intérêt.

Au lieu de cela, elles contiennent habituellement des frais fixes mensuels, étalés sur des années. Seul le client est propriétaire de la maison et la seule autre partie impliquée dans le contrat de financement est la corporation.

Lorsqu’un client est en défaut de paiement avec une banque traditionnelle, explique Thomas A.Lukaszuk, la banque reprend possession de la maison et la revend. Elle va payer ta dette et, si jamais il reste quelque chose pour vous, tant mieux. Nous ne pouvons pas faire ça.

Ainsi, la Canadian Halal Financing Corporation commence plutôt par organiser une rencontre avec le propriétaire et un imam d’Al-Rashid pour trouver une solution. Ensuite, elle permet au client de vendre sa maison lui-même. Si cela ne marche pas, enfin, elle peut entamer des recours légaux.

Mais il y a plusieurs de ces étapes imbriquées dans le processus pour protéger le client et créer un esprit de partenariat et non une relation de prêteurs et emprunteurs, indique Thomas A. Luszuk.

Le financement halal est un peu plus coûteux qu’une hypothèque traditionnelle, c’est vrai. Cependant dans le contrat, vous avez beaucoup plus d’avantages, juge l’imam Mahmoud Omar.

À titre d’exemple, l'entreprise indique sur son site Internet qu’une maison de 100 000 $ pourrait être financée par des paiements mensuels de 637,43 $ pendant 25 ans.

Depuis décembre, la nouvelle institution financière a reçu plus de 200 demandes de financement de partout au Canada. Pour l’instant, elle n’accepte que les demandes de l’Alberta.

Avec les informations de Katrine Deniset

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