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Il y a 10 ans s’amorçait le printemps érable à Sherbrooke

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La manifestation étudiante du 4 avril 2012 à Sherbrooke (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En février 2012, une mobilisation étudiante s'amorçait pour protester contre la hausse des frais de scolarité imposée par le gouvernement Charest. Au fil des semaines, le mouvement a pris de l'ampleur. Il s'est conclu quelques mois plus tard par la défaite du premier ministre lors des élections provinciales et l'annulation de cette augmentation par Pauline Marois. Dix ans plus tard, des acteurs de ce mouvement social estiment qu'ils ont réussi à accomplir leur devoir.

Julien Bilodeau, un ancien président de l'Association des étudiants de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke [UdeS], a participé au printemps érable. Celui qui est aujourd'hui enseignant au Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke et entraîneur adjoint d'une équipe du Vert et or croit que cet épisode a façonné sa trajectoire professionnelle.

Je le vois tous les jours, ce que cela a permis. Quand je vois mes étudiants à l'Université, je me dis qu'ils n'ont pas à payer 1625 $ de plus. C'est de l'accessibilité, et c'était notre grand cheval de bataille, souligne-t-il.

« Pour mon emploi de tous les jours, c'est une lutte qui demeure. Je suis impliqué au niveau syndical. Je travaille très fort au niveau de l'éducation pour qu'on parle [de l'éducation] en bien et qu'on la valorise. Ça m'a ouvert les yeux sur l'importance d'une société éduquée. »

— Une citation de  Julien Bilodeau, ancien président de l'Association des étudiants de la Faculté d'éducation de l'UdeS

Renaud Giraldeau était président de l'Association des étudiants de la Faculté d'éducation de l'UdeS lorsque le mouvement s'est enclenché, en février. Pour sa part, si cela n'a pas changé son parcours, son travail d'enseignant lui rappelle tous les jours que l'argent ne devrait pas être une barrière à l'éducation, particulièrement quand un élève est déjà confronté à de nombreux défis.

On ne va pas lui en rajouter et favoriser une élite qui a déjà à de la nourriture chaque matin! explique-t-il.

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Les étudiants rassemblés à l'Université de Sherbrooke pour la manifestation du 4 avril 2012.

Photo : Radio-Canada

Le souvenir d'un grand mouvement

Les deux anciens présidents se rappellent l'effervescence de cette période, qui a mené à une véritable crise sociale.

Le processus avait [toutefois] commencé bien avant cela, en 2011, indique Renaud Giraldeau. On voyait venir cette hausse-là et on s'était préparé en étudiant les impacts que cela aurait sur les étudiants [...] Cela faisait déjà cinq ans que Jean Charest haussait les frais de scolarité de 100 $ par année et on sentait qu'une hausse plus importante répondait à son agenda néo-libéral.

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Une des nombreuses manifestations étudiantes du printemps 2012

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Fédération étudiante du Québec (FEUQ), explique-t-il, avait ainsi analysé si une augmentation importante nuirait aux projets d'avenir des étudiants, comme l'achat d'une maison, la création d'une entreprise ou le fait de fonder une famille.

« On s'est rendu compte que les impacts étaient majeurs, et c'est ça qui a fait en sorte que cette mobilisation a été aussi forte, c'est qu'elle reposait sur des données probantes.  »

— Une citation de  Renaud Giraldeau, ancien président de l'Association des étudiants de la Faculté d'éducation de l'UdeS

Julien Bilodeau garde en mémoire cette période où tout s'est enclenché. Il y a 10 ans, le 10 février, on allait chercher notre premier mandat de grève qui était en vue de la grande manifestation du 21 mars.

Il ajoute qu'une vaste majorité d'étudiants étaient mobilisés [...] qui venaient aux manifestations, qui venaient aux locaux étudiants, qui venaient aux différentes actions de mobilisation.

« Ce que je me souviens, ce sont des assemblées générales pleines. »

— Une citation de  Julien Bilodeau, ancien président de l'Association des étudiants de la Faculté d'éducation de l'UdeS

Renaud Giraldeau croit que si le mouvement a pris une telle ampleur, c'est aussi parce que le gouvernement s'est attaqué au droit de manifester des étudiants. Le reste de la population a embarqué pour dire que ce n'était pas acceptable, que les étudiants avaient le droit de se faire entendre. C'est ça qui a mené au mouvement des casseroles et à la chute du gouvernement.

Des enjeux de financement qui persistent

Dix ans plus tard, le financement des universités reste toutefois un enjeu majeur, selon le recteur de l'Université de Sherbrooke, Pierre Cossette.

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Pierre Cossette estime que le financement des universités reste problématique. (archives)

Photo : Radio-Canada

Il soutient que l'écart de financement entre les universités québécoises et celles du reste du Canada était évalué à 800 millions $ à cette époque. Le problème s'est empiré, souligne Pierre Cossette. Entre 2012 et 2018, le gouvernement, qui était péquiste initialement, a baissé le financement et il y a eu des coupures très importantes dans les premières années du gouvernement fédéral. On est passé de 800 millions à 1,2 milliard $ d'écart.

Le recteur craint pour la qualité de l'éducation et le maintien de standards compétitifs si des solutions ne sont pas trouvées pour diminuer cet écart. Il faut faire un rattrapage significatif, mentionne-t-il, tout en admettant que la discussion est bien ouverte avec le gouvernement caquiste.

« Personnellement, et les chefs des établissements universitaires, on n'a pas l'intention de rouvrir le débat sur les frais de scolarité [...] L'accessibilité à l'enseignement supérieur, c'est très important [pour moi]. Ceci dit, l'enjeu du financement reste intégral. Il faut quand même qu'il y ait un financement qui arrive. »

— Une citation de  Pierre Cossette, recteur de l'Université de Sherbrooke

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