•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec lance les travaux pour décongestionner l’A-30 entre Brossard et Boucherville

Des voitures et des camions circulant sur l'autoroute 30.

L’autoroute 30 entre les autoroutes 10 et 20 voit passer entre 47 000 et 81 000 véhicules par jour.

Photo : Radio-Canada

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a annoncé vendredi que les travaux pour la décongestion de l'autoroute 30 vont débuter dès cette année afin de rendre la circulation plus fluide entre Brossard et Boucherville.

Le nombre de véhicules qui empruntent ce tronçon de l'autoroute 30, long de 17 kilomètres, est grandissant, a affirmé le ministre des Transports en conférence de presse à Longueuil.

Entre 47 000 et 81 000 véhicules circulent chaque jour sur cette portion de l’autoroute 30, située entre les autoroutes 10 et 20.

Les travaux vont commencer cet été pour donner une meilleure fluidité, pour désengorger et s'assurer de répondre aux besoins de sécurité de la population en général, a expliqué François Bonnardel.

Tableau représentant les modifications et les ajouts qui seront faits au tronçon de l'A-30.

Les travaux pour réaménager la portion de l'A-30 entre Boucherville et Brossard seront entamés à l'été 2022 et se poursuivront jusqu'en 2028.

Photo :  Gouvernement du Québec / Ministère des Transports du Québec

Les plans prévoient l'ajout d'une troisième voie, par direction, pour le transport collectif et le covoiturage. Particularité : ces voies réservées seront placées entre les chaussées est et ouest, soit au centre de l'autoroute, et non sur les côtés de la voie comme c'est le cas habituellement.

On construira aussi un accès vers la station Brossard du Réseau express métropolitain (REM).

Pour améliorer les conditions de circulation, la hauteur des bretelles des échangeurs sera modifiée et des voies auxiliaires seront ajoutées à proximité des autoroutes 10 et 20 ainsi que des routes 112 et 116.

Ces 17 km de route seront en béton et la route sera refaite au complet, a précisé le ministre Bonnardel. [...] On refait au complet les fondations de l'A-30 parce que vous comprendrez qu'elle est "plus que due".

Le chantier se fera en deux temps : de 2022 à 2024, des travaux de planification seront effectués et, de 2024 à 2028, ce seront des travaux majeurs.

La 30, c'est aussi une voie de contournement pour les gens qui veulent éviter de passer à Montréal, pour le camionnage, a souligné Ian Lafrenière, ministre des Affaires autochtones et député de Vachon, une circonscription qui comprend l'arrondissement de Saint-Hubert, dans l'agglomération de Longueuil.

La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a rappelé que la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud (CCIRS) avait mobilisé une coalition d'acteurs économiques et politiques pour que le projet touchant à ce tronçon de l'A-30 voie le jour. En 2018, la Coalition A-30 avait réclamé des mesures pour réduire la congestion routière.

La mairesse Fournier a dit qu'à son avis le projet présenté par le ministre Bonnardel allait encore plus loin que ce qui avait été demandé : Ça a été pensé dans une optique de répondre à l'urgence climatique. Il faut que le transport collectif – le covoiturage, l'autobus – puisse devenir attrayant.

Les usagers qui emprunteront les voies d'accès réservées vont gagner de précieuses minutes, a-t-elle prédit, qui plus est avec les stations du REM à Brossard qui vont ouvrir très bientôt.

Sur la Rive-Sud, le REM comptera trois stations à Brossard, et il circulera sur l'autoroute 10. Sa mise en service, initialement prévue l'été prochain, a été reportée à l'automne 2022.

Réduire l'utilisation de la voiture

Pour Catherine Morency, professeur en génie du transport à Polytechnique Montréal, on n’a vraiment pas besoin d’avoir une voie de plus pour mettre en place des réseaux de transport en commun dans ce projet de réaménagement de l'A-30.

Titulaire de deux chaires de recherche en mobilité, Mme Morency affirme ne pas comprendre la justification de la création d'une troisième voie, dans chaque direction, pour le transport collectif et le covoiturage. Elle s'étonne qu'on n’ose pas, aujourd’hui, avec les deux voies qui sont disponibles, décider d’en consacrer une au transport en commun compétitif.

En effet, à son avis, il est illusoire de penser qu'en ajoutant des voies on va réduire la congestion routière. Beaucoup d’études dans le monde, ont montré qu’augmenter la capacité routière n’avait, comme effet, que d’augmenter les temps de déplacement à moyen et à long terme.

Ça ne va pas du tout réduire la demande pour la mobilité en automobile, poursuit-elle. Ça m'inquiète qu’en 2022 on pense encore que c'est la solution pour améliorer les conditions de déplacement.

On n’est pas obligé d’attendre la construction d’une autre voie pour décider d’offrir des services de transport en commun plus attrayants, dit-elle.

Mme Morency rappelle que la tendance est à l'utilisation de véhicules de plus en plus gros, larges et lourds, et de plus en plus vides, parce que les taux d’occupation n’augmentent pas.

L'utilisation judicieuse et plus efficiente des autoroutes passe par l'augmentation de la densité de personnes et ça, ça passe par les transports collectifs, selon elle.

Avec les informations de Jean-François Thériault

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...