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Biden est persuadé que Poutine a décidé d’envahir l’Ukraine

Une femme dans une maison endommagée par des bombardements.

Une femme du village de Stanitsa Louganska, sous le contrôle de l'Ukraine, dans la région de Lougansk, observe l’intérieur de sa maison après le bombardement des séparatistes prorusses.

Photo : Getty Images / ALEKSEY FILIPPOV

Radio-Canada

Dans une allocution vendredi depuis la Maison-Blanche, le président Joe Biden a déclaré qu’il était « convaincu » que le président russe Vladimir Poutine avait « pris la décision » d’envahir l’Ukraine.

Je suis convaincu qu'il a pris cette décision. Nous avons des raisons de le penser, a-t-il dit. Tant qu'une invasion ne s'est pas produite, la diplomatie est toujours une possibilité, a-t-il ajouté, soulignant que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken devait rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov jeudi en Europe.

M. Biden s'est demandé s'il serait sage pour le président Volodymyr Zelensky de quitter l'Ukraine actuellement pour se rendre à une conférence internationale, tout en estimant que c'était à lui de prendre cette décision.

Dans une quête d'issue diplomatique, cela pourrait ne pas être, cela pourrait être l'option la plus sage, mais la décision lui revient, a déclaré M. Biden sans trancher clairement, alors que se pose la question que M. Zelensky se rende à la Conférence sur la sécurité de Munich, qui rassemble jusqu'à dimanche de nombreux dirigeants internationaux.

Joe Biden.

Le président des États-Unis, Joe Biden

Photo : Getty Images / Anna Moneymaker

M. Biden a accusé Moscou de mener une campagne de désinformation, notamment en accusant Kiev de préparer une attaque contre la Russie, pour trouver un prétexte d'envahir son voisin.

Il n'y a tout simplement pas de preuve pour corroborer ces assertions et cela échappe à toute logique de penser que les Ukrainiens choisiraient le moment où ils ont 150 000 soldats [russes] déployés à leurs frontières pour choisir l'escalade dans ce conflit qui dure depuis des années, a-t-il noté.

Tous ces événements correspondent à un scénario que la Russie a utilisé dans le passé, qui est de créer une fausse justification d'agir contre l'Ukraine, a ajouté le président américain.

« Si la Russie met ses plans à exécution, elle sera responsable d'une guerre catastrophique et inutile, qu'elle aura choisie.  »

— Une citation de  Le président américain Joe Biden

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron va s'entretenir dimanche par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine et samedi avec l'Ukrainien Volodymyr Zelensky pour tenter d'éviter le pire en Ukraine, a déclaré vendredi soir la présidence française.

Notre devoir, c'est encore d'éviter le pire [...] Nous pensons que nous avons toujours la possibilité de dissuader le président Poutine de procéder à l'attaque de l'Ukraine, a indiqué l’Élysée.

Heurts et accusations mutuelles

Les craintes d'une intervention militaire russe en Ukraine se sont encore accentuées vendredi avec la multiplication des heurts entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, décrits par les États-Unis comme une manœuvre cynique en vue d'une attaque de la Russie.

Une portion d'un gazoduc passant près de Louhansk, dans l'une des régions de l'est de l'Ukraine tenues par des séparatistes prorusses, a pris feu vendredi soir à la suite d'une explosion, rapportent les agences de presse russes, citant des correspondants sur place.

Le gazoduc a été victime d'une puissante explosion, a notamment rapporté Interfax, citant un fournisseur local de gaz naturel.

Une quarantaine de minutes plus tard, une deuxième explosion a retenti dans la ville de Louhansk, selon les agences de presse russes, citant les autorités de cette république autoproclamée. Aucune victime n'a été signalée dans l'immédiat.

Plus tôt, les autorités sécessionnistes prorusses dans l'Est ukrainien avaient ordonné l'évacuation des civils vers la Russie.

Il est cynique et cruel d'utiliser des êtres humains comme pions en vue de détourner l'attention du monde du fait que la Russie renforce ses troupes en vue d'une attaque, a déclaré un porte-parole du département d'État américain.

Après deux jours de heurts, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a dénoncé la mise en œuvre d'un scénario de provocation conçu par les Russes en vue de justifier une offensive.

Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont affirmé avoir constaté une augmentation spectaculaire des violations du cessez-le-feu tout le long de la ligne de front, dans l'est de l'Ukraine.

Selon un communiqué de l’organisation, il se produit actuellement autant d'incidents qu'avant un accord signé en juillet 2020 pour renforcer le cessez-le-feu.

Un responsable américain a estimé vendredi que la Russie disposait de 190 000 hommes aux abords de l'Ukraine et sur son territoire, en comptant les forces séparatistes. Jusqu'ici, Washington parlait de plus de 150 000 soldats aux frontières du pays.

C'est la plus grande concentration de troupes militaires depuis la guerre froide, a estimé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, jugeant que Moscou était en mesure, sans autre forme d'avertissement, d'attaquer le pays voisin.

Alexandre Loukachenko et Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko (à gauche) lors d’une conférence de presse vendredi à Moscou.

Photo : Getty Images / SERGEI GUNEYEV

Le président russe Vladimir Poutine a accusé Kiev de nourrir le conflit et constaté une aggravation de la situation dans le Donbass, région où l'armée ukrainienne affronte depuis huit ans les forces prorusses soutenues par Moscou.

Tout ce que Kiev a à faire, c'est de se mettre à la table des négociations avec les représentants [des séparatistes] du Donbass et de s'entendre, a-t-il dit, recevant son homologue du Bélarus et allié, Alexandre Loukachenko.

Toute la journée, les belligérants se sont accusés de violer une trêve et d'user d'armes lourdes.

L'Occident, unanime, a promis à Moscou des sanctions économiques dévastatrices en cas d'invasion de l'Ukraine. Elles feraient de la Russie un paria, a encore martelé vendredi un responsable américain.

Mais Vladimir Poutine a de nouveau balayé la menace : Les sanctions seront introduites quoiqu'il arrive. Qu'il y ait une raison ou pas, ils en trouveront une, car leur but est de freiner le développement de la Russie.

Dans l'après-midi, des bombardements se sont encore fait entendre à Stanitsa Louganska, ville sous contrôle ukrainien, selon des journalistes de l'AFP. Elle avait déjà été visée la veille par des tirs qui ont notamment touché une école maternelle.

Un garage endommagé.

Un garage qui, selon les responsables ukrainiens, a été endommagé par des bombardements dans la région de Lougansk.

Photo : Reuters / NATIONAL POLICE OF UKRAINE

Le dirigeant séparatiste de la région de Donetsk, Denis Pouchiline, a de son côté annoncé une évacuation des civils vers la Russie, en premier lieu les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Son homologue de la république voisine de Lougansk, Léonid Passetchnik, a fait de même avant d'appeler tous les hommes capables de tenir une arme à défendre leur patrie.

Et le président russe a ordonné le versement de 10 000 roubles (environ 165 dollars canadiens) à chaque personne partant de ces zones. Les chaînes de télévision russes montraient des images d'évacuations d'enfants rassemblés dans la cour de leur orphelinat.

Alors que les tensions montent sur le terrain, la Russie a encore affirmé vendredi procéder au retrait d'unités militaires des abords de l'Ukraine, sans toutefois convaincre ses adversaires.

Cela n'a pas lieu, a répliqué le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, devant les députés.

Un cessez-le-feu régulièrement violé

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a même affirmé que l'armée russe envoyait davantage de forces et se préparait à une intervention en se rapprochant de la frontière, en positionnant des troupes, en augmentant ses capacités logistiques.

Selon Washington, la Russie cherche un prétexte pour attaquer l'Ukraine et un regain de violences dans le Donbass pourrait en être un, Moscou se voyant comme le défenseur des populations russophones de la région, d'autant qu'elle y a distribué des passeports russes à la population.

Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont rapporté une hausse significative des tirs, avec 189 violations du cessez-le-feu dans la région de Donetsk jeudi, contre 24 mercredi. Dans la région de Louhansk, 402 violations ont été rapportées, contre 129 mercredi.

Mais aucun camp n'a fait état de morts. Pourtant, ce conflit a fait plus de 14 000 morts depuis 2014.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé l'OSCE de partialité, lui reprochant d'atténuer les points qui montrent la culpabilité des forces armées ukrainiennes.

Les accords de paix signés en 2015 à Minsk avaient permis l'instauration d'un cessez-le-feu et une baisse considérable des affrontements, mais des violences éclatent encore régulièrement.

La Russie nie tout projet d'invasion, mais réclame des garanties pour sa sécurité, comme le retrait de l'OTAN d'Europe de l'Est, autant d'exigences rejetées par l'Occident.

Parallèlement, Washington a accusé Moscou d'être responsable des dernières cyberattaques ayant visé cette semaine des sites Internet officiels ukrainiens, malgré les dénégations du Kremlin.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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