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Mois de l’histoire des Noirs : trois questions à la chorégraphe Gabrielle Martin

Gabrielle Martin, chorégraphe et directrice de la programmation du festival PuSh de Vancouver.

Gabrielle Martin, chorégraphe, artiste aérienne et directrice de la programmation du festival PuSh de Vancouver

Photo : Jeremiah Hughes

Née à Vancouver d’un père zimbabwéen et d’une mère canadienne, Gabrielle Martin est chorégraphe, artiste aérienne et directrice de la programmation du Festival international des arts de la scène PuSh de Vancouver.

Même si elle ne célèbre pas particulièrement le Mois de l’histoire des Noirs, cette artiste souligne l’importance de mettre en valeur les histoires liées à la culture noire.

Selon elle, il est essentiel d’élargir notre éventail de connaissances au sujet des œuvres non européennes dans un monde où souvent, dit-elle, « l’histoire eurocentrique prévaut ».

Dans le cadre de ce mois qui célèbre les communautés noires du Canada, Gabrielle Martin se livre en trois questions sur les œuvres et les artistes noirs qui l'ont inspirée.

Une personnalité noire que vous admirez?

L'humoriste Trevor Noah.

L'humoriste Trevor Noah

Photo : AP Photo

Il y a plusieurs personnalités noires qui m'inspirent. Plusieurs musiciens et militants noirs, mais je vais parler de l’humoriste Trevor Noah.

Je veux parler de lui parce que je vivais aux États-Unis quand [Donald] Trump était au pouvoir, quand George Floyd a été tué, quand le racisme du président, des institutions et des gens était si évident et effrayant.

Trevor Noah a trouvé le moyen de rire de l'ignorance, même si c’est dangereux. Et quand il le fait, [en tant que] personne noire, j'ai envie de rire au lieu de pleurer.

Une oeuvre créée par un artiste noir qui vous a marquée?

Couverture du livre « The Famished Road » de Ben Okri.

Le livre « The Famished Road » de Ben Okri

Photo : Lyne Barnabé

En fait, il y a plusieurs livres qui m’ont marquée.

Après être allée au Zimbabwe à l’adolescence, j’ai réalisé à quel point c’est une culture complexe et difficile à comprendre si l’on n’y a pas grandi.

Donc, lorsque je suis revenue au Canada, j’ai pris la décision d’arrêter de lire des livres de fiction écrits par des écrivains blancs d’Europe ou d’Amérique du Nord et j’ai commencé à lire des livres d'écrivains d’Afrique et d’Asie.

Il y a deux livres qui m’ont marquée plus que les autres : The Famished Road, de Ben Okri, et Half of a Yellow Sun, de Chimamanda Ngozi Adichie. Ce sont deux auteurs nigérians.

The Famished Road m’a fait découvrir une spiritualité africaine et une compréhension du monde moins polarisée entre le bien et le mal.

L’autre livre [Half of a Yellow Sun] est vraiment puissant. Il parle d’amour, de mort, d’espoir pendant la guerre au Nigéria, dans les années 1960.

C’était la première fois que je vivais l'expérience de la guerre au Nigeria, même si ce n'est pas la vraie expérience. Mais [ce livre m’a permis] de comprendre cette histoire d’une manière vraiment personnelle.

Une artiste noire que vous souhaitez nous faire découvrir?

La danseuse et chorégraphe Nora Chipaumire.

La danseuse et chorégraphe Nora Chipaumire

Photo : Ari MarcopoulosII

La danseuse et chorégraphe zimbabwéenne Nora Chipaumire.

Je l’ai découverte à New York, en 2016, avec sa pièce Portrait of myself as my ̶f̶a̶t̶h̶e̶r̶. Dans cette pièce, elle célèbre et critique la masculinité noire et pose la question : qu’est-ce qui nous fait peur dans le corps masculin noir?

J’espère pouvoir présenter son nouveau projet, Nehanda, au festival PuSh de 2023. C'est un spectacle qui défend les premiers héros de la lutte de libération du Zimbabwe. Je l’ai vu à Munich l’année dernière et j’en ai eu des frissons. Je voulais pleurer, danser, confronter l’histoire de la colonisation.

Et j’ai pensé : c’est ça, l’art! C’est ce qui vous secoue au plus profond de vous-même.


Au sujet de Gabrielle Martin

Gabrielle Martin a participé à plus de 1400 spectacles entre 2011 et 2019 à titre de danseuse et d'artiste aérienne pour Cavalia et le Cirque du Soleil. En plus d'être chorégraphe pour Corporeal Imago, une compagnie de danse aérienne, dont elle est la codirectrice, elle occupe, depuis 2021, le poste de directrice de la programmation au Festival PuSh. Gabrielle travaille présentement sur la création d’une nouvelle pièce pour six interprètes qui sera présentée au Dance Centre l’automne prochain.

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