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Les 12 à 17 ans admissibles à la 3e dose en Ontario

Plusieurs experts recommandent la dose de rappel, malgré le risque réduit de complications chez les jeunes.

Une Torontoise se fait injecter le vaccin dans l'épaule dans un centre d'immunisation de masse.

Les 12 à 17 ans en Ontario peuvent prendre rendez-vous pour leur dose de rappel.

Photo : CBC/Paul Smith

L'Ontario élargit l'admissibilité à la dose de rappel aux 12 à 17 ans, qui peuvent prendre rendez-vous dès vendredi pour se faire vacciner.

Pour être admissibles, ces jeunes doivent avoir reçu leur deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 il y a au moins 168 jours (environ 6 mois).

Il est possible de prendre rendez-vous dans un centre d'immunisation de masse, grâce au portail de réservation provincial (Nouvelle fenêtre), ou dans certaines pharmacies qui offrent le vaccin de Pfizer.

La région d'Ottawa a déjà commencé, jeudi, à administrer la dose de rappel aux 12 à 17 ans.

Le risque de complications et d'hospitalisations liées à la COVID-19 est limité pour ce groupe d'âge. Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) recommande la troisième dose aux adolescents à haut risque, comme ceux qui sont immunodéprimés.

L'Ontario l'offre toutefois à tous les 12 à 17 ans, citant le fait que le variant Omicron est particulièrement contagieux. Le gouvernement dit suivre les recommandations du médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Kieran Moore. Les bureaux locaux de santé publique abondent dans le même sens.

Les données préliminaires montrent que la dose de rappel aide à élargir et à renforcer la protection contre la COVID-19, y compris contre les variants Omicron, expliquait plus tôt cette semaine la médecin hygiéniste de Toronto, la Dre Eileen de Villa.

Même son de cloche de la part de Santé publique Ottawa.

« Les adolescents canadiens âgés de 12 à 17 ans sont confrontés à des taux d'incidence record de COVID-19 au cours de cette nouvelle vague, due en grande partie à Omicron. Recevoir un vaccin contre la COVID-19, et surtout une dose de rappel, reste un moyen sûr et efficace de prévenir la maladie grave, l’hospitalisation et l’admission à l'unité de soins intensifs. »

— Une citation de  Bureau de santé publique d'Ottawa

L'épidémiologiste David Fisman est d'accord.

« Les avantages sont moins proéminents [pour les jeunes] que pour les gens plus âgés, mais nous savons maintenant que la troisième dose est très importante pour générer suffisamment d'anticorps contre Omicron. »

— Une citation de  David Fisman, professeur à l'Université de Toronto

À l'heure actuelle, 89,5 % des Ontariens de 12 à 17 ans ont reçu deux doses.

La pandémie n'est pas finie

Le Dr Leis en entrevue sur Zoom.

Le Dr Jérôme Leis, spécialiste des maladies infectieuses, recommande la 3e dose aux jeunes, même s'ils sont moins à risque de complications.

Photo : Radio-Canada

Même si l'Ontario a dépassé le pic de la cinquième vague, le déconfinement accéléré amorcé jeudi risque de mener à une hausse des infections, sans parler de l'impact potentiel du nouveau sous-variant BA.2, qui semble encore plus transmissible que la souche originale d'Omicron, note le Dr Jérôme Leis, directeur médical de la prévention et du contrôle de l'infection à l'Hôpital Sunnybrook, à Toronto.

« C'est sûr que le risque de complications est plus bas, mais on a quand même vu des cas sévères et des hospitalisations lors de la dernière vague et même des décès [chez les 12 à 17 ans].  »

— Une citation de  Le Dr Jérôme Leis, spécialiste des maladies infectieuses

La Dre Anna Banerji, pédiatre et professeure à l'École de santé publique Dalla Lana à l'Université de Toronto, abonde dans le même sens.

« J'ai vu plusieurs cas, particulièrement chez des adolescents plus âgés, de symptômes persistants, de COVID de longue durée. Ça peut miner la santé d'un jeune pendant une période prolongée. »

— Une citation de  Anna Banerji, pédiatre

Elle ajoute ceci : Ce n'est pas parce que les restrictions sont levées que la COVID va disparaître.

Le Dr Loemba en entrevue sur Zoom.

Le virologue Hugues Loemba recommande surtout la 3e dose aux 12 à 17 ans qui ont des facteurs de risque personnels ou familiaux.

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, le virologue Hugues Loemba, chercheur-clinicien à l'Hôpital Montfort, à Ottawa, recommande la troisième dose particulièrement pour les 12 à 17 ans qui ont des problèmes de santé ou des facteurs de risque, ainsi qu'à ceux qui vivent avec des personnes immunodéprimées, souffrant de maladies chroniques ou des aînés à qui ils pourraient transmettre le virus.

« [Les jeunes] sont quand même pas mal bien protégés avec deux doses. La 3e dose peut leur donner un avantage, parce qu'elle offre une meilleure protection. Mais la 3e dose, c'est plus pour ceux qui sont à risque ou qui ont des facteurs de risque personnels ou familiaux. »

— Une citation de  Le Dr Hugues Loemba, virologue

Le Dr Loemba souligne lui aussi que la pandémie n'est pas finie. On semble aller un peu plus vite que les exigences de santé publique par rapport aux exigences économiques et de santé mentale, en oubliant que le virus n'est jamais loin et peut nous revenir, lance-t-il.

Risque de myocardite et péricardite

De rares cas d'inflammation cardiaque ont été recensés au pays et ailleurs dans le monde chez des personnes ayant reçu un vaccin à ARNm, particulièrement chez des hommes de moins de 30 ans.

Le nombre de cas de myocardite et de péricardite était légèrement plus élevé pour le vaccin de Moderna comparativement à celui de Pfizer.

C'est pour cette raison que seul le vaccin de Pfizer est offert aux 12 à 17 ans en Ontario.

Cela dit, le risque d'avoir une péricardite après avoir contracté le coronavirus est beaucoup plus élevé que celui lié au vaccin, note la Dre Banerji.

Le Dr Leis et le Dr Loemba se font rassurants eux aussi, tout comme le professeur Fisman. Je n'ai aucune hésitation à recommander la 3e dose à ce groupe d'âge, assure ce dernier.

Pour les adolescents âgés de 12 à 17 ans, les avantages de la vaccination contre la COVID-19 l'emportent largement sur les risques de la vaccination, renchérit Santé publique Ottawa.

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