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L’avancement de la recherche sur la COVID longue à Québec

Un physiothérapeute guide un patient avec ses exercises.

Un patient atteint du syndrome post-COVID reçoit des traitements dans une clinique.

Photo : AP / Kirsty Wigglesworth

Vous êtes essoufflé, fatigué ou vous êtes limité dans vos activités quotidiennes depuis que vous avez contracté la COVID-19? Vous êtes peut-être atteint de la forme longue de la maladie. La Capitale-Nationale ne possède pas de clinique pour vous traiter, mais des recherches sont présentement menées pour documenter vos symptômes.

Le Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) est responsable de l’étude. On ne traite pas les patients. On fait un portrait des déficiences et des limitations physiques des personnes, explique Gilles Drouin, professionnel de recherche au CIRRIS.

Des entrevues individuelles sont effectuées avec chaque patient ainsi que des tests cliniques avec des spécialistes, dont des neuropsychologues, neurologues et pneumologues. L’état du patient est réévalué après trois et six mois.

Avec les résultats obtenus, on oriente les patients vers les bonnes ressources. Par exemple, un ergothérapeute pour la gestion de l’effort ou un physiothérapeute pour ceux qui ont des problèmes d’équilibre, ajoute Gilles Drouin.

Les deux seules cliniques post-COVID-19 au Québec sont situées à Montréal et Sherbrooke. Selon M. Drouin, il manque de services pour les gens chez qui la maladie persiste. On est encore pris dans une croyance que c’est une maladie imaginaire, déplore-t-il.

Selon l’Organisation mondiale, de 10 % à 20 % des patients qui contractent la COVID-19 présentent des symptômes persistants. Pour en être atteints, ces symptômes doivent durer au moins trois mois et ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic.

Portrait de la COVID longue

La COVID longue laisse les patients avec des symptômes différents. On voit surtout des gens avec une fatigue intense, des essoufflements, des troubles cognitifs comme la perte de mémoire ou la difficulté de concentration si bien que les gens qu’on rencontre doivent limiter leur activité quotidienne, affirme Gilles Drouin.

Certaines personnes ont un seul symptôme, d’autres en ont des dizaines. Il n’y a pas de nombre minimal de symptômes requis pour un diagnostic de syndrome post-COVID-19. La sévérité varie grandement d’une personne à l’autre.

Le chercheur souligne que ceux qui développent la maladie ne sont pas nécessairement âgés ou vulnérables.

« Selon notre échantillon, les personnes atteintes ont en moyenne 40 ans. Ce ne sont pas nécessairement des gens qui ont été d’abord hospitalisés. »

— Une citation de  Gilles Drouin, professionnel de recherche au CIRRIS

Environ 80 % des personnes atteintes seraient des femmes. La plupart ont entre 35 et 69 ans. Toutefois, on ne sait pas avec certitude qui est le plus à risque de développer des symptômes post-COVID-19.

« On n’a aucune façon de prédire. C’est un jeu de roulette russe. Est-ce que ça va tomber sur toi? »

— Une citation de  Simon Décary, chercheur au Laboratoire de recherche sur la réadaptation axée sur le patient de l'Université de Sherbrooke

Des améliorations

Il n’existe pour le moment aucun traitement pour guérir cette maladie. La réadaptation reste l’option privilégiée pour soulager certains symptômes. Si Gilles Drouin observe des améliorations chez les patients, les progrès sont lents.

J’ai des patients qui ont ça depuis un an, un an et demi. Il faut user de sa patience. Il est difficile de dire pour le moment si la COVID longue deviendra une nouvelle maladie chronique, dit-il.

Recherche de candidats

Le CIRRIS est actuellement à la recherche de 120 adultes ayant des symptômes persistants de la Covid-19, 120 adultes ayant eu la Covid-19, mais n’ayant pas de symptômes persistants et 120 adultes en bonne santé pour poursuivre ses recherches.

Vous obtiendrez un bilan de vos capacités physiques ainsi que des données normatives qui vous permettront de comparer vos résultats aux différents tests et par rapport aux personnes du même sexe et du même âge que vous, explique M. Drouin.

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