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Premières images de la surface de Vénus dans le spectre visible

La sonde Parker a détecté une bordure brillante autour de Vénus lors de son passage près de cette planète en juillet 2020.

La sonde Parker a détecté une bordure brillante autour de Vénus lors de son passage près de cette planète, en juillet 2020.

Photo : NASA/Johns Hopkins APL/Naval Research Laboratory/Guillermo Stenborg and Brendan Gallagher

Les toutes premières images de la surface de Vénus dans le spectre visible, le type de lumière que l'œil humain peut percevoir, ont été obtenues à l'aide de l'imageur à grand champ (WISPR) de la sonde solaire Parker de la NASA.

La surface de la planète Vénus.

Lors du quatrième survol de Vénus par Parker, l'instrument WISPR a capté ces images, assemblées en une vidéo, qui montrent la face nocturne de la planète.

Photo : NASA/APL/NRL

Les images de Vénus ont été captées lors de deux survols de la planète par la sonde qui se sont déroulés en juillet 2020 et en février 2021. Une vidéo de la totalité de la face nocturne de cette voisine de la Terre a été produite à partir des photos.

La principale mission de la sonde Parker est l’étude du Soleil, mais Vénus y tient un rôle secondaire important puisque la gravité de la planète permet à la sonde de modifier son orbite.

Ce coup de pouce gravitationnel de Vénus permet à Parker de se rapprocher de plus en plus du Soleil, ce qui lui donnera la possibilité d’étudier la dynamique du vent solaire à proximité de sa source.

Durant sa mission, la sonde doit se servir de la gravité vénusienne à sept reprises.

Ces survols offrent à la sonde une occasion inespérée de capter des images uniques du système solaire interne. Les images présentées par la NASA ont été captées lors des troisième et quatrième assistances gravitationnelles de Vénus, alors que la sonde Parker se trouvait à une distance de 12 380 kilomètres de sa surface.

Les images révèlent des caractéristiques géologiques distinctes, notamment les régions continentales, des plaines et des plateaux.

Il est également possible d’observer un halo luminescent d'oxygène dans la haute atmosphère de la planète.

Parker continue de dépasser nos attentes et nous sommes enthousiastes à l'idée que ces observations inédites faites lors de notre manœuvre d'assistance gravitationnelle puissent faire progresser la recherche sur Vénus, affirme dans un communiqué Nicola Fox, de la NASA.

Ces nouvelles images de Vénus pourront aider les astronomes non seulement à mieux décrire la géologie de la surface de Vénus mais aussi à connaître les minéraux qui s’y trouvent.

Compte tenu des similitudes entre Vénus et la Terre, ces informations aideront les scientifiques à comprendre pourquoi Vénus est devenue inhospitalière alors que la Terre est devenue une oasis ajoute M. Fox.

Images captées par la caméra WISPR de la surface de Vénus.

Images captées par la caméra WISPR (à gauche) et lors de la mission Magellan (à droite).

Photo : ASA / APL / NRL / Equipe Magellan / JPL / USGS

Repères

  • Vénus a une taille similaire à celle de la Terre, soit 95 % de son diamètre et 80 % de sa masse.
  • C'est la deuxième des huit planètes du système solaire à partir du Soleil. Elle se situe entre Mercure, la plus proche du Soleil, et la Terre.
  • Son sens de rotation est rétrograde, à l'inverse de celui de toutes les autres planètes. Une collision aux premiers stades de son développement pourrait en être la cause.
  • La présence d’étendues d’eau sur Vénus n’a jamais été confirmée hors de tout doute.

L’étoile du Berger

Vénus est le troisième objet céleste le plus brillant dans le ciel, mais jusqu'à récemment, nous n'avions pas beaucoup d'informations sur ce à quoi ressemblait sa surface, car notre vue était bloquée par une atmosphère épaisse, explique Brian Wood, physicien au laboratoire de recherche naval à Washington et auteur principal de l’étude publiée dans les Geophysical Research Letters (Nouvelle fenêtre).

« Maintenant, nous voyons pour la première fois depuis l'espace la surface [de Vénus] dans les longueurs d'onde visibles. »

— Une citation de  Brian Wood, physicien

Les nuages bloquent une grande partie de la lumière visible en provenance de la surface de Vénus, mais les plus grandes longueurs d'onde visibles, qui bordent les longueurs d'onde du proche infrarouge, parviennent à passer.

Durant le jour, cette lumière rouge se perd parmi les rayons du soleil qui se reflètent sur les sommets des nuages de Vénus, mais dans l'obscurité de la nuit, les caméras du WISPR ont pu capter cette faible lueur causée par la chaleur intense qui émane de la surface.

Même du côté nocturne, il fait si chaud que la surface rocheuse de Vénus est visiblement incandescente, comme un morceau de fer sorti d'une forge, explique Brian Wood.

Les principales missions vers Vénus

  • En 1961, Venera 1 devient le premier vaisseau spatial à visiter Vénus. Malheureusement, le contact avec cette sonde soviétique est perdu lorsqu'elle se trouve à 100 000 km de la planète.
  • En 1964, la sonde soviétique Zond 1 passe à 100 000 km de Vénus mais ne transmet aucune donnée.
  • En 1965, Venera 3 réussit la première entrée dans l'atmosphère de la planète, mais, encore une fois, aucune information n'est transmise.
  • En 1967, Venera 4 pénètre dans l'atmosphère de Vénus et envoie des données jusqu'à environ 25 km de sa surface.
  • La même année, la sonde américaine Mariner 5 effectue un vol rapproché jusqu'à 4000 km de la surface.
  • En 1970, la sonde Venera 7 réussit un premier atterrissage.
  • Deux ans plus tard, Venera 8 envoie des renseignements sur la surface de la planète et sur sa composition atmosphérique.
  • En 1975, la sonde Venera 9 retransmet les premières images de la surface.
  • Plusieurs sondes sont par la suite envoyées, dont les américaines Pioneer Venus 1 et 2, et transmettent des données sur son atmosphère.
  • En 1982, la sonde Venera 13 envoie les premières photos en couleurs de la surface et les premières analyses de son site d'atterrissage.
  • Entre 1989 et 1994, la sonde américaine Magellan permet de cartographier 98 % de la surface de Vénus. Elle observe le sol de la planète par radar, car les nuages empêchent de le voir. Les images sont reconstituées à partir des données radar.
  • En 2005, la sonde Venus Express est lancée par l'Agence spatiale européenne. Cette mission, qui s'est achevée en 2014, a permis de récolter de nombreux renseignements sur la planète.
  • En 2010, la sonde spatiale japonaise Akatsuki se place en orbite autour de Vénus, mais cette orbite est beaucoup plus élevée que celle visée, ce qui ne lui permet pas de remplir tous ses objectifs.
  • En 2028-2030, les missions Davinci+ et Veritas de la NASA devront mesurer la composition de son atmosphère et son histoire géologique.

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